La Foiba de Basovizza est un ancien puits minier de plus de 200 mètres de profondeur, tristement célèbre pour les exécutions de masse de mai 1945 pendant l’occupation yougoslave de Trieste. Déclaré Monument National en 1992, c’est aujourd’hui un sanctuaire dédié aux victimes des foibes. Voici ce qu’il faut savoir pour la visite:
– Histoire : creusé au début du XXe siècle pour le charbon, utilisé pour dissimuler les corps des exécutés ; le nombre exact de victimes est incertain.
– Commémorations : chaque 10 février est célébrée la Journée du Souvenir.
– Horaires : ouvert du mardi au dimanche 10h00-18h00 (fermé le lundi).
– Adresse : Basovizza, Trieste, sur le Karst à 377 m d’altitude.
Introduction
Sur le plateau du Karst, à 377 mètres d’altitude, s’ouvre la Foiba de Basovizza. Un puits minier de plus de 200 mètres de profondeur, creusé pour le charbon et devenu le symbole de l’une des pages les plus sombres de l’histoire italienne. Aujourd’hui, c’est un monument national, un sanctuaire qui vous oblige à vous arrêter. L’air est silencieux, le paysage aride. Ce n’est pas un endroit facile, mais il est nécessaire. Ici, la mémoire est une blessure ouverte, et le visiter signifie en comprendre davantage sur la frontière orientale.
Aperçu historique
Creusé au début du XXe siècle pour extraire du charbon, le puits fut rapidement abandonné. En septembre 1930, quatre antifascistes slovènes, symboles de la résistance, y furent exécutés. Mais c’est mai 1945 qui le marque à jamais : pendant l’occupation yougoslave de Trieste, le puits devint une foiba où étaient jetés les corps de milliers de victimes. Le nombre exact est incertain – les estimations parlent de jusqu’à 1500 – mais la profondeur du puits diminua de 30 mètres après ces jours. En 1992, il a été déclaré Monument National, et depuis 2007, il abrite un Sanctuaire avec un centre de documentation. Chaque 10 février, on célèbre le Jour du Souvenir.
Le puits et le sanctuaire
En marchant vers le puits, vous voyez une structure en pierre qui le protège. Le bord est scellé par une grille, mais on perçoit le vide en dessous. Autour, le Sanctuaire a été conçu pour recueillir le silence : une place pavée, une stèle, et un centre de documentation qui raconte l’histoire avec des panneaux et des artefacts. Le puits a une profondeur de 228 mètres, mais après 1945, il a été comblé de débris sur des dizaines de mètres. C’est un lieu qui vous parle sans avoir besoin de mots.
Les commémorations et leur signification
Chaque 10 février, pour le Jour du Souvenir, les autorités et les citoyens se rassemblent ici. La cérémonie est sobre, avec des couronnes de lauriers et des discours. Mais même les jours ordinaires, on trouve toujours quelqu’un : une personne âgée apportant une fleur, un groupe d’élèves en visite. En 2025, le monument a été vandalisé avec des inscriptions provocatrices, mais la peinture a été rapidement enlevée. Ce lieu n’est pas qu’un souvenir : c’est un avertissement. Le visiter, c’est se confronter aux blessures de la frontière orientale.
Pourquoi le visiter
1. Comprendre l’histoire des foibe : il n’y a pas de lieu plus emblématique pour comprendre la tragédie de la frontière orientale. 2. Une expérience de recueillement : loin de l’agitation de la ville, ici le silence vous aide à réfléchir. 3. Le centre de documentation : bien fait, avec des cartes et des témoignages qui clarifient les événements. C’est un lieu que je recommande à ceux qui cherchent vraiment à comprendre, pas seulement à voir.
Quand aller
Si vous souhaitez participer aux célébrations, le 10 février est la date la plus significative, avec des cérémonies officielles. Mais si vous préférez un moment plus intime, je vous suggère un après-midi en semaine en automne. Le ciel gris du Karst amplifie la mélancolie du lieu. Ou bien un matin de printemps, quand l’air est frais et la lumière basse éclaire la stèle. Évitez les week-ends si vous cherchez la solitude.
Aux alentours
À quelques kilomètres se trouve la Risiera di San Sabba, un autre lieu de mémoire : ce fut un camp de concentration nazi transformé en musée. Toujours à Trieste, le Musée Civique d’Histoire Patriotique consacre des sections à l’exode julien-dalmate. Si vous avez le temps, montez au Château de Miramare : le contraste entre la beauté du château et la dureté du mémorial est fort, mais il aide à comprendre les multiples âmes de ce territoire.