Introduction évocatrice
Située sur le lac de Côme, la Villa Carlotta est un véritable coup de cœur. Ce n’est pas seulement une villa : c’est un musée vivant, un jardin de conte de fées, un plongeon dans le XIXe siècle. 70 000 m² de parc, avec plus de 150 variétés de rhododendrons et d’azalées, encadrent une collection d’art qui comprend des chefs-d’œuvre de Canova, Hayez et Thorvaldsen. Vous vous promenez parmi les statues néoclassiques et les arbres centenaires, et vous avez l’impression d’être dans un tableau. Chaque coin raconte une histoire : le parfum des agrumes, le bruissement des bambous, la vue sur les Grigne. C’est l’endroit idéal pour ceux qui recherchent la beauté sans effort, mais avec beaucoup de substance. Pas besoin d’être expert : il suffit de se laisser charmer.
Aperçu historique
La villa est construite à la fin du XVIIe siècle à la demande du marquis Giorgio Clerici, avec un jardin à l’italienne agrémenté de statues et de fontaines. En 1801, elle passe à Gian Battista Sommariva, qui la transforme en un temple de l’art néoclassique. En 1843, la princesse Marianna de Nassau l’acquiert et en 1850, elle l’offre à sa fille Carlotta à l’occasion de son mariage avec le duc Georges II de Saxe-Meiningen. Ce dernier, passionné de botanique, agrandira le parc avec des espèces exotiques, des rhododendrons, des camélias et des palmiers. Depuis 1927, elle est gérée par un organisme à but non lucratif. Voici les moments clés :
Chronologie- Vers 1690 – Construction pour les Clerici
- 1801 – Achat par Sommariva, arrivée des œuvres de Canova
- 1843-1850 – Passage à la famille royale néerlandaise, don à Carlotta
- Deuxième moitié du XIXe siècle – Agrandissement botanique par Georges II
- 1927 – Confié à l’organisme Villa Carlotta
Art et sculptures : le musée dans la villa
En entrant, on est accueilli par une collection d’art de portée européenne. Le point fort est le groupe sculptural d’Antonio Canova : ‘Amour et Psyché couchés’, ‘Madeleine pénitente’, ‘Palamède’ et la ‘Muse Terpsichore’. Mais cela ne s’arrête pas là. À côté de Canova, se distinguent les œuvres de Bertel Thorvaldsen et le tableau ‘Le dernier baiser donné à Juliette par Roméo’ de Francesco Hayez, une icône du romantisme italien. Les pièces sont enrichies de décorations néo-Renaissance et pompéiennes, voulues par le duc Giorgio II. On respire l’atmosphère des grandes demeures européennes du XIXe siècle, entre collections de camées en plâtre et gravures napoléoniennes. Une visite guidée (disponible également en anglais) dévoile les coulisses du mécénat de Sommariva et la relation entre Canova et ses commanditaires.
Le parc botanique : une explosion de couleurs
Le parc est un véritable joyau. 70 000 m² de verdure qui changent au fil des saisons. Au printemps, les 150 variétés de rhododendrons et d’azalées offrent un spectacle de couleurs allant du rouge au rose, du blanc au violet. Certains spécimens atteignent 22 mètres de hauteur. Mais il y a bien plus : des camélias, des cèdres et des séquoias centenaires, un jardin de rocaille, la vallée des fougères, la bambouseraie et un romantique jardin ancien. Le duc Georges II, grand botaniste, a introduit des espèces exotiques du monde entier. En se promenant le long des allées, on découvre des coins cachés, des statues et des fontaines. Un musée d’outils agricoles est également présent et, depuis 2023, le projet « Un pas dans le parc » avec des interventions PNRR. Un lieu qui sent l’histoire et la nature.
Pourquoi le visiter
Si vous aimez l’art et la nature, vous trouverez tout en un seul endroit. Premièrement : une expérience unique – on ne voit pas tous les jours un Canova original dans une villa au bord du lac. Deuxièmement : le parc est un chef-d’œuvre botanique qui vous fait oublier que vous êtes dans un musée. Troisièmement : la villa est facile d’accès – en bateau ou en bus – et convient à tous, y compris les familles. Les enfants entrent gratuitement jusqu’à 5 ans et le billet famille est avantageux. De plus, chaque année, il y a des expositions temporaires et des concerts (comme le Wandelkonzert dédié à Brahms en 2026). En bref, c’est une de ces visites qui marquent les esprits et dont on se souvient longtemps.
Quand partir
Le moment phare est le printemps, lorsque les rhododendrons et les azalées sont en pleine floraison et que le parc ressemble à une peinture impressionniste. Mais l’automne a aussi son charme, avec les couleurs chaudes des feuilles et la lumière rasante sur le lac. Si vous voulez éviter la foule, choisissez un matin en semaine : la villa ouvre à 10h, et les premières heures sont les plus sereines. En été, les journées sont longues et on peut profiter du coucher du soleil. En hiver, en revanche, la villa n’est ouverte que sur réservation pour les groupes : une occasion pour une visite exclusive. Personnellement, je vous conseille d’y aller à la mi-avril : le climat est doux, le parc est magnifique et le lac est calme.
Aux alentours
Deux destinations incontournables. La première est Bellagio, la « perle du lac », accessible en bateau depuis Cadenabbia (à peu de distance de la Villa Carlotta). Promenez-vous dans les ruelles, admirez la Villa Melzi et profitez de la vue depuis les rives. La seconde est Villa del Balbianello, une autre demeure historique un peu plus au sud, célèbre pour ses jardins en terrasses et pour avoir servi de décor à des films. Si vous avez le temps, une excursion en bateau sur le lac est toujours une bonne idée : les paysages sont dignes d’une carte postale. Et pour manger ? À Tremezzina, vous trouverez d’excellents restaurants proposant une cuisine typique, mais si vous voulez quelque chose de rapide, les bars le long de la route nationale offrent sandwichs et glaces.