Que voir à Vercelli : art, rizières et histoire


🧭 À quoi s’attendre

  • Idéal pour un week-end culturel et gastronomique
  • Points forts : Basilique Saint-André, musée Borgogna, rizières et gastronomie locale
  • Convient à familles, couples et voyageurs solitaires
  • Meilleure période : printemps et automne pour un climat doux et les couleurs des rizières

Événements aux alentours


Vercelli est bien plus qu'une ville de province : c'est un carrefour d'histoire, d'art et de traditions agricoles. Célèbre pour ses rizières qui s'étendent à perte de vue, la ville possède un patrimoine monumental de premier ordre. La basilique Saint-André, chef-d'œuvre du style roman et gothique, en est le symbole, mais ne manquez pas la cathédrale Saint-Eusèbe, le château des Visconti et la magnifique synagogue, témoin de la communauté juive historique. Les musées, comme le musée Francesco Borgogna et le musée Leone, abritent des collections allant de l'art ancien à l'archéologie. En vous promenant dans le centre, vous découvrirez des places élégantes comme la place Cavour et des recoins cachés comme l'église Saint-Marc. Et puis il y a la nourriture : le riz est à l'honneur, du classique paniscia aux risottos raffinés. Vercelli est aussi un point de départ idéal pour explorer les rizières et les fermes de la plaine vercelloise. Une destination qui surprend par son authenticité et sa richesse.

Aperçu



Itinéraires aux alentours


Basilique Saint-André : joyau du gothique italien

Basilique Saint-AndréS'il est un monument qui résume Vercelli en quelques lignes, c'est la Basilique Saint-André. Je me suis retrouvé devant cette merveille presque par hasard, et j'en ai été ébloui. Elle est considérée comme la première église gothique du Piémont, et à juste titre : construite entre 1219 et 1227 à la demande du cardinal Guala Bicchieri, elle allie l'austérité romane à l'élan vertical du gothique français, grâce à l'influence des chanoines de Saint-Victor de Paris. La façade est un triomphe de bichromie : pierre verte de Pralungo, calcarenite claire, brique rouge. Deux tours jumelles encadrent la rosace, une rareté en Italie. Les tympans des portails sont sculptés de scènes du martyre de saint André et de l'offrande de l'église par le cardinal, œuvres de l'école antelamienne. À l'intérieur, le spectacle continue : des arcs brisés rouges sur des murs blancs créent un contraste qui exalte la verticalité. Ne manquez pas le monument funéraire de l'abbé Tommaso Gallo, du XIVe siècle, avec bas-reliefs et fresques, et le chœur en bois de 1511 de Paolo Sacca, avec des marqueteries incluant une vue de la basilique elle-même. L'atmosphère est recueillie, presque mystique. Depuis le cloître latéral, avec ses arcades en plein cintre, on profite d'une vue inédite sur le flanc de l'église. Le tout se visite aisément à pied depuis le centre. Une étape incontournable pour les amateurs d'art médiéval.

Basilique Saint-André

Cathédrale Saint-Eusèbe : entre histoire et art sacré

Cathédrale Saint-EusèbeLa Cathédrale Saint-Eusèbe est le cœur spirituel de Verceil. Dédiée au patron du Piémont, elle s'élève sur une nécropole romaine où furent enterrés les premiers martyrs. L'édifice actuel, commencé en 1570 sur un projet de Pellegrino Tibaldi, mêle différents styles : la façade baroque de Benedetto Alfieri, la coupole du XIXe siècle et le clocher roman du XIIe siècle, seul vestige de l'ancienne basilique. À l'intérieur, vous serez immédiatement frappé par le crucifix ottonien, chef-d'œuvre en feuille d'argent de plus de trois mètres de haut, daté autour de l'an mil. Il représente le Christ triomphant, avec des scènes de l'Ascension et de la Descente aux Limbes. Il a subi un grave acte de vandalisme en 1983, mais après restauration, il a retrouvé sa splendeur. Ne manquez pas la Madone de la Gifle, une statue en marbre du XIIIe siècle : selon la tradition, une tache sur la joue est la marque d'un miracle. La Chapelle du Bienheureux Amédée IX est un joyau baroque avec les sépultures de la Maison de Savoie, tandis que la lumineuse Chapelle Saint-Eusèbe conserve les reliques du saint. Le sol en mosaïque et l'orgue Mascioni de 1910 complètent la beauté. À côté, le Musée du Trésor de la Cathédrale expose des reliquaires et l'Évangéliaire de Saint-Eusèbe. Visitable tous les jours (horaires variables). Entrez, et vous vous sentirez enveloppé par des siècles de foi et d'art.

Cathédrale Saint-Eusèbe

Cathédrale Saint-Eusèbe : entre histoire et art sacré

Cathédrale Saint-EusèbeLa Cathédrale Saint-Eusèbe est le cœur spirituel de Verceil. Dédiée au patron du Piémont, elle s'élève sur une nécropole romaine où furent enterrés les premiers martyrs. L'édifice actuel, commencé en 1570 sur un projet de Pellegrino Tibaldi, mêle différents styles : la façade baroque de Benedetto Alfieri, la coupole du XIXe siècle et le clocher roman du XIIe siècle, seul vestige de l'ancienne basilique. À l'intérieur, vous serez immédiatement frappé par le crucifix ottonien, chef-d'œuvre en feuille d'argent de plus de trois mètres de haut, daté autour de l'an mil. Il représente le Christ triomphant, avec des scènes de l'Ascension et de la Descente aux Limbes. Il a subi un grave acte de vandalisme en 1983, mais après restauration, il a retrouvé sa splendeur. Ne manquez pas la Madone de la Gifle, une statue en marbre du XIIIe siècle : selon la tradition, une tache sur la joue est la marque d'un miracle. La Chapelle du Bienheureux Amédée IX est un joyau baroque avec les sépultures de la Maison de Savoie, tandis que la lumineuse Chapelle Saint-Eusèbe conserve les reliques du saint. Le sol en mosaïque et l'orgue Mascioni de 1910 complètent la beauté. À côté, le Musée du Trésor de la Cathédrale expose des reliquaires et l'Évangéliaire de Saint-Eusèbe. Visitable tous les jours (horaires variables). Entrez, et vous vous sentirez enveloppé par des siècles de foi et d'art.

Cathédrale Saint-Eusèbe

Château Visconti : un plongeon dans l'histoire entre tours et tribunaux

Château ViscontiSi vous pensez qu'un château n'est qu'une forteresse médiévale, préparez-vous à changer d'avis : le Château Visconti de Verceil est aujourd'hui rien de moins que le tribunal de la ville. Pourtant, il suffit de regarder sa masse carrée avec ses tours d'angle pour comprendre que l'histoire est ici chez elle. Construit vers 1290 sur ordre de Matteo Visconti, il s'élevait probablement sur des édifices plus anciens, dans une zone située alors entre le ghetto juif et la cathédrale. Pendant plus d'un siècle, il fut la résidence des podestats viscontins, jusqu'à ce qu'en 1427 Verceil passe aux Savoie et que le château devienne une demeure savoyarde. C'est ici que mourut le Bienheureux Amédée en 1472. En 1638, il subit de graves dommages lors du siège espagnol, et avec le temps il se transforma : caserne sous Napoléon, prison au XIXe siècle, et enfin, depuis 1926, tribunal. La structure originale reste encore bien reconnaissable : plan carré, tours d'angle, et des traces des douves qui l'entouraient sur trois côtés. Des trois entrées avec pont-levis, une est encore utilisée sur le côté sud. En vous promenant autour, vous pouvez remarquer la tour nord-est qui autrefois s'alignait avec les murs de la ville, tandis que celle du sud-est était plus extérieure. À l'intérieur, la cour ancienne a été en grande partie occupée par des constructions plus récentes, mais les restaurations ont conservé l'agencement. Malheureusement, l'accès est limité car c'est un bureau judiciaire, mais la vue extérieure vaut le détour. Si l'occasion se présente, essayez de jeter un coup d'œil par les fenêtres : vous pourriez presque entendre l'écho des procès qui se déroulent entre ces mêmes murs où autrefois les podestats rendaient la justice.

Château Visconti

Synagogue de Vercelli : monument de l'émancipation

Synagogue de VercelliEn vous promenant dans les rues de l'ancien ghetto de Vercelli, via Foa, vous tomberez sur une façade à couper le souffle : des bandes bicolores blanches et bleues, des créneaux et des coupoles en bulbe. C'est la Synagogue de Vercelli, un chef-d'œuvre du XIXe siècle construit entre 1874 et 1878 pour célébrer l'émancipation de la communauté juive. Le projet initial de Marco Treves (le même architecte que la synagogue de Florence) était trop coûteux, la réalisation fut donc confiée à Giuseppe Locarni, qui dirigea les travaux. L'intérieur est à trois nefs, avec une abondance de décorations géométriques et de vitraux polychromes réalisés par Michele Fornari. L'arche et la tevah se trouvent dans l'abside, éclairée par cinq fenêtres. Montez à la tribune des femmes pour admirer la vue d'ensemble. Sur la contre-façade, un orgue à tuyaux de 1878, malheureusement aujourd'hui à l'abandon. Après la Seconde Guerre mondiale, la communauté juive a considérablement diminué et la synagogue est tombée en décrépitude. Ce n'est qu'à partir de 2003, grâce à des restaurations, qu'elle a retrouvé sa splendeur. Aujourd'hui, elle est visitable sur réservation (tél. 339 2579283) et abrite le Musée juif dans la tribune des femmes, installé en 2017. Elle n'est plus utilisée pour le culte quotidien par manque de minyan, mais reste un symbole puissant d'une histoire longue de plusieurs siècles. Préparez-vous à être enchantés par ce joyau mauresque, une étape incontournable pour qui veut comprendre l'âme de Vercelli.

Synagogue de Vercelli

Musée Francesco Borgogna : un joyau au milieu des rizières

Musée Francesco BorgognaSi vous passez par Vercelli, ne manquez pas le Musée Francesco Borgogna, la deuxième pinacothèque du Piémont par son importance après la Galerie Sabauda de Turin. Né de la passion de collectionneur d'Antonio Borgogna – avocat, voyageur et philanthrope – le musée a ouvert ses portes en 1908 et occupe aujourd'hui trois étages d'un élégant palais néoclassique. Plus de 800 œuvres racontent des siècles d'art : des polyptyques de la Renaissance piémontaise (Gaudenzio Ferrari, Defendente Ferrari) aux peintures flamandes et hollandaises du XVIIe siècle, en passant par le Baroque italien. L'une des pièces maîtresses est « Pour quatre-vingts centimes ! » d'Angelo Morbelli (1895-1897), qui représente les rizicultrices penchées sur les rizières – un chef-d'œuvre divisionniste qui prend ici tout son sens. Mais le charme du Borgogna réside aussi dans son atmosphère : de nombreuses salles conservent la disposition originale de maison-musée, avec meubles, porcelaines et la Salle Arabe, un cadre exotique évoquant les voyages au Moyen-Orient du fondateur. Le parcours est chronologique et par écoles, on respire un amour de l'art qui semble presque palpable. Horaires réduits (jeudi et vendredi après-midi, samedi et dimanche), billet 10 euros. Un endroit qui vaut le déplacement, ne serait-ce que pour ce plongeon dans la Vercelli d'antan.

Musée Francesco Borgogna

Théâtre Civique de Verceil

Théâtre CiviqueSi vous passez par Verceil, le Théâtre Civique mérite une visite. Situé via Monte di Pietà, à deux pas de la piazza Cavour, il est le cœur battant de la vie culturelle de la ville. Inauguré en 1815 sur les plans de Nicola Nervi, le bâtiment d'origine fut détruit par un incendie en 1923. Il fut reconstruit entre 1929 et 1931 par les architectes Giuseppe Rosso, Guido Allorio et Paolo Verzone, et rouvert avec l'Aïda de Verdi. Aujourd'hui, il présente une classique salle à l'italienne avec un seul rang de loges et une galerie, pouvant accueillir 746 spectateurs. Au premier étage, à côté du foyer, se trouve le Musée du Théâtre Civique, inauguré en 2014 et dédié à l'histoire du théâtre. Depuis 1950, il abrite le prestigieux Concours International de Musique Giovan Battista Viotti et le Festival Viotti. La programmation va de la prose à la danse, des concerts aux comédies musicales : pour la saison 2024-2025, des noms comme Luca Bizzarri, Alessandro Preziosi, Ambra Angiolini et l'Harlem Gospel Choir se démarquent. La billetterie n'ouvre que le mercredi et le samedi de 17h à 19h, mais pour des infos à jour, il vaut mieux appeler le 0161 255544. Un conseil ? Si vous le pouvez, réservez pour un spectacle : l'acoustique est excellente et l'atmosphère intime vous fera sentir partie de l'histoire.

Théâtre Civique

Place Cavour : le salon de Verceil entre histoire et arcades

Place Camillo Benso Comte de CavourLa place Cavour est le cœur de Verceil, un salon à ciel ouvert qui, depuis plus de huit siècles, accueille les habitants et les visiteurs. Autrefois appelée Place Maggiore, elle fut dédiée au Comte de Cavour en 1864, homme d'État qui a tant contribué à la culture du riz dans la région. La place a une forme trapézoïdale et est entourée d'arcades médiévales, chacune avec son propre nom : les Arcades des Brentatori avec des arcs brisés, les Arcades de l'Ange avec des décorations en terre cuite, les Arcades de l'Étoile et les Arcades de Saint-Thomas. Sous ces arcades se cachent des pâtisseries historiques comme Taverna & Tarnuzzer, où déguster les bicciolani. Au centre, le monument à Cavour avec des statues allégoriques. Mais le véritable symbole est la Tour de l'Ange, octogonale et crénelée, avec la légende d'un homme sauvé par un ange. À côté, la Tour Civique, haute de 38 mètres, ancienne tour de l'horloge. La place est piétonne, parfaite pour une promenade. Si vous y passez le mardi ou le vendredi matin, vous trouverez le marché de la ville. Bref, un lieu qui renferme l'histoire de Verceil et invite à s'arrêter pour un café sous les arcades.

Place Camillo Benso Comte de Cavour

L'Arca à Verceil : un joyau gothique renaît entre art et verre

L'Arca - Ancienne église San MarcoSi tu penses que Verceil n'est que rizières et brouillard, prépare-toi à changer d'avis. Au cœur du centre historique, place San Marco, il y a un lieu qui mêle Moyen Âge et contemporanéité de manière surprenante : l'ancienne église San Marco, aujourd'hui Pôle Expositif Arca. Son histoire est longue et mouvementée : les travaux commencèrent en 1246 et ne s'achevèrent qu'en 1479, entre difficultés économiques et indulgences papales. Puis, en 1799, le culte cessa : la cavalerie française la transforma en écurie, et pendant près de deux siècles, ce fut un marché de fruits et légumes. Ce n'est qu'en 2007, après de profondes restaurations, qu'elle renaquit en tant qu'espace d'exposition. Le coup d'œil est incroyable : dans la nef centrale, suspendue comme un vaisseau spatial, se trouve un parallélépipède de verre et d'acier, l'Arca, conçu par Ferdinando Fagnola. Il ne touche ni colonnes ni murs : ses voûtes transparentes laissent entrevoir les structures gothiques et les fresques du Quattrocento restaurées par le Centre de Venaria Reale. Sur la nef droite, on remarque un cycle sur la Vie de Marie (vers 1480, atelier novarais) et l'Arbre de Jessé tronqué ; sur la gauche, un rare Saint Antoine abbé au manteau ouvert (iconographie de la Vierge de Miséricorde, apparue en 2017). Et puis il y a la Chapelle Pettenati, rouverte en 2022, avec des fresques qui semblent fraîchement peintes. Aujourd'hui, l'Arca accueille des expositions temporaires de qualité – de Peggy Guggenheim à Gaudenzio Ferrari – mais la visite vaut le coup même seule, pour l'atmosphère unique. La billetterie ferme une demi-heure avant l'horaire, donc attention à l'heure. Et oui, c'est un lieu qui reste en vous.

L'Arca - Ancienne église San Marco

Musée Camillo Leone : le collectionneur qui a offert un musée à Vercelli

Musée Camillo LeoneVercelli abrite un joyau méconnu : le Musée Camillo Leone, né de la passion de collectionneur du notaire Camillo Leone (1830-1907). En 1910, après sa mort, sa maison et ses collections devinrent propriété de la ville. Le musée occupe deux édifices historiques reliés : la Casa Alciati du XVIe siècle et le baroque Palazzo Langosco, unis par une aile de liaison de 1939, exemple de muséographie rationaliste. Le parcours est une plongée dans l'histoire, de la Préhistoire au XIXe siècle. Au rez-de-chaussée de la Casa Alciati, treize salles abritent les vestiges archéologiques : on y remarque la très rare stèle bilingue latino-gauloise, une inscription sur pierre du Ier siècle av. J.-C. trouvée près de la rivière Sesia. Dans les salles en forme d’ aula basilicale, sont exposés des objets romains comme des épigraphes, des sarcophages et des verres. En montant au premier étage du Palazzo Langosco, on entre dans le monde des arts décoratifs : faïences, porcelaines, verres vénitiens et le précieux coffret du cardinal Guala Bicchieri, avec des émaux de Limoges du XIIIe siècle. Ne manquent pas les armes anciennes et une bibliothèque comprenant plus de 1 200 incunables. Le musée est aussi familial : depuis 2017, il est reconnu 'Family and Kids Friendly' et organise l’activité 'Archéologues d’un Jour', où les enfants participent à une fouille simulée. Les horaires varient entre l’hiver et l’été, mais il est toujours préférable de consulter le site officiel. Si vous passez par Vercelli, arrêtez-vous : ici, l’histoire se touche du doigt.

Musée Camillo Leone

Église Saint-Christophe : la Chapelle Sixtine de Verceil

Église Paroissiale Saint-ChristopheAu cœur de Verceil, l'église Saint-Christophe est bien plus qu'un lieu de culte : c'est un véritable écrin d'art Renaissance. Surnommée la Chapelle Sixtine de Verceil, elle abrite les chefs-d'œuvre de Gaudenzio Ferrari, réalisés entre 1529 et 1534. À peine entré, j'ai été frappé par la lumière filtrant à travers les fenêtres baroques, mais le regard se porte aussitôt sur le retable de la Vierge aux Oranges (en réalité un pommier, mais laissons-les l'appeler ainsi). La Vierge à l'Enfant est entourée de saints et d'anges musiciens : parmi eux, un violon représente l'une des premières représentations artistiques de l'instrument. En vous déplaçant dans le transept, la Chapelle de la Madeleine raconte les histoires de la sainte avec des fresques vivaces, malgré les traces des dommages subis lors du siège de 1704. En face, la Chapelle de la Vierge montre l'Assomption et d'autres épisodes mariaux. Mais la surprise vient en levant les yeux : la voûte du XVIIIe siècle, fresquée par Bianchi et les frères Giovannini, est un festival de perspectives illusionnistes et de médaillons avec les histoires de saint Christophe. Parmi les détails, j'ai remarqué le bâton du saint avec deux serpents entrelacés, symbole de protection contre la peste. La balustrade en marbre polychrome, conçue par Filippo Juvarra, sépare élégamment la nef du chœur. Bref, une halte ici est obligatoire : l'entrée est gratuite, et l'église est ouverte tous les jours (en semaine 8h45–12h30 et 16h00–18h30, dimanche 8h45–18h00). Ne laissez pas échapper ce joyau caché.

Église Paroissiale Saint-Christophe

Musée Archéologique Civique Luigi Bruzza : une plongée dans la Vercelli antique

Musée Archéologique Civique Luigi BruzzaSi vous passez par Vercelli, ne manquez pas le Musée Archéologique Civique Luigi Bruzza. Inauguré en 2014, il est installé dans l'aile médiévale de l'ancien monastère de Sainte-Claire – un lieu qui, à lui seul, raconte des siècles d'histoire. Vous y trouverez plus de 600 pièces provenant des fouilles urbaines des trente dernières années, qui éclairent la vie de l'antique Vercellae et du village préromain des Libui (peuple celte).

Le parcours est chronologique et interactif : sept salles avec projecteurs et écrans tactiles vous guident de la préromanité jusqu'au IIIe siècle après J.-C. Parmi les points forts, une statue d'Apollon haute de deux mètres du Ier siècle avant J.-C., découverte en 1573 en centre-ville. J'ai été frappé par la reconstitution virtuelle du port-canal romain de la via Pastrengo et la possibilité de « toucher » du doigt la vie quotidienne : amphores, monnaies, bijoux, urnes cinéraires. Le musée est dédié au père Luigi Bruzza, qui publia en 1874 les « Inscriptions antiques vercelloises », jetant les bases de l'archéologie locale.

Infos pratiques : Corso Libertà 300, ouvert du mar au ven 15h-17h30, sam-dim 10h-12h et 14h-18h (en été, horaires légèrement différents). Plein tarif 9 €, tarif réduit 7 €. Je vous conseille de vous arrêter une bonne heure : entre les vidéos, les vitrines et les animations, le temps passe vite. Un joyau pour les passionnés d'histoire, mais aussi pour les familles : les enfants adorent les écrans tactiles et les reconstitutions.

Musée Archéologique Civique Luigi Bruzza

Église Saint-Julien

Église Saint-JulienParmi les églises de Verceil, Saint-Julien a un charme bien à elle. Déjà mentionnée en 1147 comme paroisse, elle est la seule le long du Cours Liberté à avoir conservé l'ancienne orientation est-ouest et les dimensions modestes de l'époque romane. En entrant, l'atmosphère est recueillie et silencieuse. La tradition populaire veut que Saint Eusèbe s'y soit réfugié lors de la persécution arienne : un écho d'histoire qui se respire entre les nefs.

L'intérieur à trois nefs est un festival de fresques du XVIe siècle. Se distinguent celles attribuées à Girolamo Giovenone : sur la nef droite, le Rédempteur et Saint François recevant les stigmates, et sur un pilier, un Saint évêque. Sur le maître-autel trône la Déposition de Bernardino Lanino de 1547, un tableau d'une grande intensité. Une autre merveille est la Résurrection sur l'autel gauche. Et ne manquez pas le pavement de carreaux hexagonaux, un détail qui raconte les nombreuses restaurations subies, la dernière en 2014.

Aujourd'hui rectorale, l'église est ouverte tous les jours de 8h30 à 19h00, avec entrée gratuite. Si vous passez le lundi soir, à 21h il y a l'adoration eucharistique. Un conseil : asseyez-vous un instant dans l'une des nefs latérales et laissez le silence vous parler de siècles de foi et d'art. C'est un petit écrin qui mérite une halte, peut-être avant une promenade dans les rizières.

Église Saint-Julien

Tour des Avogadro : symbole de pouvoir et d'histoire

Tour des AvogadroSi vous passez par Vercelli, ne manquez pas la Tour des Avogadro, l'une des mieux conservées de la ville. Elle se trouve via Verdi 31, au cœur du quartier Monrosa, et sa construction débuta le 19 août 1266, date gravée dans la pierre de l'église voisine San Marco dont elle devint le clocher. C'est une tour octogonale, entièrement en brique rouge-brun, avec une caractéristique corniche marcapiano aux trois quarts de la hauteur qui la distingue des autres tours vercelloses. Les angles sont adoucis par des pilastres saillants, et elle manque de mâchicoulis, signe qu'elle est plus ancienne que les tours seigneuriales ultérieures.

La tour était le symbole du pouvoir de la famille Avogadro, anciens avocats et vicomtes du diocèse, de lignée manfredingienne. Ici, lors de restaurations du XIXe siècle, on découvrit intacte la sépulture verticale de Simone Avogadro da Collobiano, condottiero et seigneur de Vercelli : son armure et son épée sont aujourd'hui conservées à l'Armeria Reale de Turin. Parmi les membres les plus célèbres de la maison figure Amedeo Avogadro, le célèbre scientifique de la loi d'Avogadro.

Aujourd'hui, la tour est propriété municipale, en attendant d'être rouverte au public. En attendant, vous pouvez l'admirer de l'extérieur. Ses façades montrent encore les doubles rangées de trous d'échafaudage et les grandes fenêtres ogivales murées. C'est un morceau de Moyen Âge qui résiste, racontant des histoires de luttes entre guelfes et gibelins et d'une ville qui fut un carrefour de pouvoir.

Tour des Avogadro

Le Cloître de Saint-André

Cloître de Saint-AndréÀ deux pas de la basilique Saint-André, le cloître éponyme est un de ces lieux qui vous prennent au dépourvu. Vous entrez et soudain le bruit de la ville s'éteint. Construit au XVIe siècle – entre 1511 et 1519 pour être précis – par les chanoines du Latran, il réutilise élégamment des matériaux du vieux cloître du XIIIe siècle. Les colonnettes par groupes de quatre sur une base unique soutiennent des arcs en plein cintre, tandis que les chapiteaux à crochets rappellent le style de la basilique. Sous les arcs, des traces de fresques géométriques et à grotesques du Cinquecento. Au centre de la cour, un puits témoin silencieux. Depuis le cloître, on jouit d'une vue spectaculaire sur le flanc gauche de la basilique, avec ses oculi, arcs-boutants et tiburio. Dans le portail restauré reliant au temple, une lunette du XIIIe siècle avec l'Agneau de Dieu et les saints Jean. Pendant des années, il y a eu ici un musée lapidaire – aujourd'hui les pierres tombales sont au Museo Leone. Eh oui, le cloître abrite aussi l'Université du Piémont Oriental : des étudiants en Lettres et Philosophie le fréquentent chaque jour. Un conseil ? Venez en fin d'après-midi, quand la lumière est basse et que les colonnes dessinent des ombres nettes. Ouvert tous les jours jusqu'à 19h00, l'entrée est gratuite mais fait partie du parcours de la basilique. Apportez votre appareil photo : les détails architecturaux méritent une photo.

Cloître de Saint-André

Monument à la Mondine : un symbole contesté et fier

Monument à la MondineSi vous passez par Vercelli, ne manquez pas le Monument à la Mondine, une statue qui fait débat. Réalisée par Agenore Fabbri en 1984 et inaugurée le 11 avril en présence du Président Sandro Pertini (malgré la pluie), elle se trouve dans les jardins de la gare de Vercelli (ou au Parc Kennedy, selon comment on l'appelle). La sculpture représente une mondine debout, fière, le regard à l'horizon, une main serrant des tiges de riz et l'autre tendue en avant en un geste accusateur. Une expression de protestation, plus que de soumission : un choix stylistique voulu par l'artiste, qui n'a pas plu à toutes les vraies mondines, habituées à travailler penchées sur la rizière. Le style est expressionniste, moderne, avec un corps éprouvé par la fatigue mais digne. La base était conçue comme une fontaine, pour symboliser l'eau des rizières, mais pour des problèmes techniques elle est restée longtemps sèche (et quand elle a été réparée, ce fut un événement). Au fil des ans, la statue a subi des actes de vandalisme et des signes de dégradation : le socle est cassé, la statue inclinée, et le manque d'entretien ordinaire est évident. Dommage, car c'est un symbole pour la ville, qui rappelle le dur travail des mondines et l'importance du riz pour Vercelli. La réalisation a aussi été controversée : le sculpteur a proposé une figure aux seins nus, déclenchant un débat parmi les citoyens. Finalement, la statue est restée ainsi, nue et provocante, pour représenter non seulement la fatigue mais aussi la force des femmes. La voir aujourd'hui fait un certain effet : elle est là, devant la gare, pour rappeler à tous d'où nous venons. Un monument qui mérite d'être mis en valeur, mais qui reste un point de repère pour les visites guidées et les promenades urbaines. Bref, un lieu qui raconte des histoires de rizières, de travail, de polémiques et de fierté.

Monument à la Mondine