Rocchetta Mattei : le château éclectique entre l’Alhambra et l’Art nouveau

Rocchetta Mattei est un château éclectique construit à partir de 1850 sur les ruines d’une forteresse médiévale. Le comte Cesare Mattei, médecin autodidacte et fondateur de l’électrohoméopathie, le voulut comme demeure et centre de soins alternatifs. Aujourd’hui, il se visite avec un guide le week-end, réservation obligatoire.
Architecture unique : fusion de styles mauresque, médiéval et Art nouveau, avec des cours inspirées de l’Alhambra de Grenade.
Histoire fascinante : il accueillit le tsar Alexandre II et le roi Louis III de Bavière, cité par Dostoïevski.
Visite guidée d’une heure : inclut une chapelle semblable à la Mezquita, la Sala dei Novanta et des terrasses panoramiques.
Comment y arriver : en voiture depuis Bologne (SS64) ou en train jusqu’à Riola (1 km à pied).


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Copertina itinerario Rocchetta Mattei : le château éclectique entre l'Alhambra et l'Art nouveau
Un château féerique sur l’Apennin bolonais mêlant styles médiéval, mauresque et Art nouveau, voulu par le comte Cesare Mattei, fondateur de l’électrohoméopathie.

À savoir


Un château de conte de fées sur l’Apennin

Imaginez un château qui mêle tours médiévales et arcs arabesques, volutes Art nouveau et une touche d’Alhambra. Voici la Rocchetta Mattei. Perchée à 407 mètres à Grizzana Morandi, ce joyau excentrique du comte Cesare Mattei semble tout droit sorti d’un livre de contes de fées. La première fois que vous l’apercevez depuis la route, c’est une esquisse de tourelles et de coupoles sur fond de collines verdoyantes, presque irréelle. Y entrer, c’est comme découvrir un labyrinthe de pièces, chacune avec sa propre personnalité. Ce n’est pas seulement un édifice : c’est le manifeste des rêves d’un homme.

De la pose de la première pierre à la restauration

L’histoire commence le 5 novembre 1850, lorsque le comte Cesare Mattei pose la première pierre sur les ruines d’une forteresse médiévale. En 1859, le château devient habitable, et Mattei s’y installe, créant une cour privée avec un bouffon. Homme politique, écrivain et médecin autodidacte, il invente l’électroméopathie, une médecine alternative qui attire des nobles comme le tsar Alexandre II et Louis III de Bavière. Après sa mort, le château change de mains, est endommagé pendant la guerre, devient un hôtel puis est finalement abandonné. En 2005, la Fondazione Carisbo l’acquiert et, après des restaurations, le rouvre au public le 9 août 2015.

  • 1850 : Première pierre
  • 1859 : Habitable
  • 1896 : Mort du comte
  • 1959 : Devient hôtel
  • 2005 : Acquis par la Fondazione Carisbo
  • 2015 : Réouverture au public

Patios andalous et trompe-l’œil

En franchissant l’entrée, on est accueilli par un hippogriffe, puis par une cour creusée dans la roche. Le clou du spectacle est la Cour des Lions, une reproduction fidèle du Patio de Los Leones de l’Alhambra, avec des azulejos de Séville. Partout des illusions : des colonnes en plâtre peint, des plafonds en papier pressé, une chapelle qui imite la Mezquita de Cordoue. L’Escalier des visions représente une allégorie de l’électroméopathie triomphant de la médecine traditionnelle. À ne pas manquer la Salle de la Musique de style Liberty, où Mattei divertissait des invités comme Rossini. C’est un mélange vertigineux, mais ça fonctionne.

Où la médecine rencontre la fantaisie

Cesare Mattei n’était pas seulement un bâtisseur : c’était un guérisseur. Son électrohoméopathie combinait des extraits de plantes avec « l’électricité végétale ». Dans son cabinet, la Salle Rouge, on voit des objets personnels et un rare Orchestrion, ancêtre du jukebox. La Salle de la Paix possède un lustre en albâtre de plus de 100 kg et une vue sur trois sommets. La tombe du comte se trouve dans la chapelle, sans nom, seulement une inscription. Pendant la guerre, des soldats allemands l’ont profanée. On dit que Mattei n’est jamais allé en Espagne : il a copié l’Alhambra à partir de photos de l’Exposition universelle de Londres de 1851. Quelle audace !

Trois bonnes raisons de ne pas le manquer

1. Unique en son genre : En Italie, vous ne trouverez pas une autre combinaison de styles mauresque, médiéval et Art nouveau. 2. Histoire fascinante : L’histoire du comte Mattei et de son électroméopathie est à la fois étrange et captivante. 3. Expérience exclusive : Les visites sont guidées, avec un maximum de 20 personnes par créneau, ce qui permet une visite personnalisée. De plus, on peut combiner avec la visite du Bourg La Scola voisin et du Musée Cesare Mattei pour une immersion totale.

Le bon moment pour visiter

Le meilleur moment pour apprécier le jeu de lumières et d’ombres dans les cours est en fin d’après-midi, lorsque le soleil filtre à travers les arcs arabesques. L’automne est magique : les bois environnants se teintent d’or et la foule est moins nombreuse. Les visites hivernales ont une atmosphère intime, mais rappelez-vous que le château n’est ouvert que le week-end. Si vous le pouvez, essayez un matin en semaine (sur rendez-vous) pour une expérience presque privée. Évitez les week-ends d’été si vous n’aimez pas les files d’attente, mais le jardin est magnifique au printemps.

Borgo La Scola et le Musée de Grizzana

Après la visite, une courte promenade mène au Borgo La Scola, un village médiéval de maisons en grès construites par les Maîtres Comacins. Un lieu tranquille avec une petite église et des vues panoramiques. Pour en savoir plus, dirigez-vous vers le Musée Cesare Mattei à Grizzana Morandi (700 mètres du château), où vous trouverez des documents, des objets personnels et le piano original. Une autre option est le Musée de l’Électroméopathie au Moulin Cati de Camugnano, avec les instruments médicaux du comte et la célèbre cafetière turque de la tentative d’empoisonnement.

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💡 Peut-être que vous ne saviez pas que…

On raconte que le comte Mattei reçut la visite du tsar Alexandre II et que Dostoïevski lui-même mentionna ses soins dans ‘Les Frères Karamazov’. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la tombe du comte fut profanée par des soldats allemands, et aujourd’hui l’une des salles abrite un rare Orchestrion, ancêtre du jukebox, qui résonne encore de musiques d’époque.