Santa Maria del Rosario à Venise : Tiepolo et Massari

Santa Maria del Rosario, connue sous le nom d’église des Gesuati, donne sur la vivante Fondamenta delle Zattere, au cœur du Dorsoduro. Ici, l’architecture de Giorgio Massari et le cycle pictural de Giambattista Tiepolo se fondent dans un ensemble d’une rare cohérence du XVIIIe siècle, complété par des sculptures et reliefs de Giammaria Morleiter. La visite est rapide, adaptée aussi à une halte lors d’une promenade, et se combine bien avec le trajet sur les lignes 1 ou 2 jusqu’à l’Accademia. À ne pas manquer :
– Le plafond avec les trois scènes de Saint Dominique de Tiepolo.
– Le retable de Piazzetta avec les saints Vincent Ferrier, Hyacinthe et Louis Bertrand.
– Le Christ en croix de Jacopo Tintoretto et la Madone de Tiepolo.
– L’entrée avec le Chorus Pass : plein tarif 3 €, tarif réduit 1,50 €, ouvert en continu du lundi au samedi.


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Copertina itinerario Santa Maria del Rosario à Venise : Tiepolo et Massari
Sur la Fondamenta delle Zattere, l’église des Gesuati rassemble le meilleur du XVIIIe siècle vénitien : architecture de Massari, plafonds de Tiepolo, sculptures de Morleiter. Horaires, tarifs et comment y arriver.

À savoir


Introduction évocatrice

Il y a un coin de Venise où le XVIIIe siècle n’est pas un souvenir, mais une présence vivante. Je parle de l’église Santa Maria del Rosario, que tout le monde appelle encore « dei Gesuati », donnant sur la Fondamenta delle Zattere. Le marbre blanc de la façade de Giorgio Massari se reflète dans l’eau, et dès que vous franchissez la porte, vous accueille l’un des intérieurs les plus harmonieux de la ville. Une seule main a pensé l’espace, les autels et les décorations, tandis que Tiepolo a peint le plafond comme un ciel ouvert. Ce n’est pas seulement une église : c’est un chef-d’œuvre total du XVIIIe siècle vénitien.

Aperçu historique

L’histoire commence en 1392, lorsque les Jésuates, l’ordre fondé par le bienheureux Jean Colombini, s’installent ici. Ils construisent d’abord un oratoire, puis une église dédiée à la Visitation, consacrée en 1524. En 1668, l’ordre est supprimé et le complexe passe aux Dominicains, qui le rénovent radicalement. L’église actuelle, conçue par Giorgio Massari, est édifiée entre 1724 et 1736 et dédiée à Marie Très Sainte du Rosaire ; la consécration a lieu en 1743. Le meilleur du XVIIIe siècle vénitien a travaillé ici : Tiepolo, Piazzetta, Morleiter. Après les suppressions napoléoniennes, l’église devient paroissiale et une partie du couvent abrite un orphelinat à partir de 1823. Parmi les curiosités, on trouve le tombeau d’Apostolo Zeno, qui a donné sa bibliothèque au monastère.

  • 1392 : arrivée des Jésuates
  • 1423 : agrandissement avec l’oratoire de Saint Jérôme
  • 1524 : consécration de la première église
  • 1668 : suppression des Jésuates
  • 1724-1736 : construction de l’église de Massari
  • 1743 : consécration

Un chef-d’œuvre de Giorgio Massari

La deuxième église des Gesuati est l’un des exemples les plus réussis du XVIIIe siècle vénitien. Massari ne se limite pas à la façade : il dessine tout, des autels aux sacristies, créant un ensemble harmonieux. Le plan comporte une nef unique avec des chapelles latérales, et la lumière est savamment distribuée. La façade en marbre est compacte, élégante, avec un mouvement de colonnes et de statues qui la rend vivante. À l’intérieur, les sculptures et les bas-reliefs de Giammaria Morleiter racontent des scènes évangéliques et des figures comme Abraham, Moïse, saint Pierre et saint Paul. La sobriété des marbres s’allie à la richesse des retables, et chaque élément semble à sa place. Ce n’est pas l’église la plus célèbre de Venise, mais c’est peut-être l’une des plus parfaites.

Le plafond de Tiepolo

Le véritable coup d’œil, c’est en levant les yeux. Le plafond de la nef est un triomphe de Giambattista Tiepolo, divisé en trois grandes toiles : saint Dominique en gloire, saint Dominique terrassant l’hérésie albigeoise et distribuant les rosaires, et saint Dominique bénissant un laïc de l’ordre. Peints entre 1737 et 1739, ils semblent effacer la frontière entre l’architecture et le ciel. Quelques années plus tard, en 1748, Tiepolo signe également le retable de la Madone avec sainte Rose de Lima, sainte Catherine de Sienne et sainte Agnès de Montepulciano. À ne pas manquer : le David jouant de la harpe dans la chapelle principale, et les retables de Piazzetta, Tintoret et Sébastien Ricci. Un dialogue extraordinaire entre couleurs et lumière, tout à admirer avec calme.

Pourquoi le visiter

Ce n’est pas seulement l’église des Gesuati qui m’attire : c’est la sensation d’entrer dans une œuvre d’art totale. Si vous êtes déjà dans le quartier des Zattere, c’est un plongeon dans le XVIIIe siècle à deux pas de l’eau. Le billet est modéré : 3 euros plein tarif, 1,50 réduit, et si vous avez le Chorus Pass, vous pouvez également visiter d’autres églises du réseau. La position est pratique : on y arrive avec le vaporetto ligne 1, 2 ou N, arrêt Accademia. Et puis c’est un lieu moins fréquenté que Saint-Marc, où vous pouvez profiter de Tiepolo dans une relative tranquillité. Si vous aimez l’art baroque et rococo, c’est une étape obligée.

Quand y aller

Je vous conseille un après-midi en semaine, peut-être en automne, quand la lumière rasante des Zattere embrase les marbres de la façade. Dès que vous entrez, si le temps est beau, les rayons filtrent à travers les fenêtres et le plafond de Tiepolo semble respirer. Le matin tôt est plus silencieux, mais le coucher de soleil sur la fondamenta est unique. Planifiez votre visite pendant les mois les moins fréquentés pour profiter du dialogue entre Massari et Tiepolo dans le recueillement approprié. Apportez avec vous un regard curieux, puis accordez-vous une promenade lente le long de l’eau.

Aux environs

Après la visite, restez sur les Zattere et profitez de la vue sur le canal de la Giudecca. À deux pas se trouve le squero de San Trovaso, l’un des derniers chantiers de gondoles à Venise, où vous pouvez voir de vos propres yeux comment naissent ces barques. Si vous avez le temps, continuez vers la Punta della Dogana ou vers Ca’ Rezzonico, le musée du XVIIIe siècle vénitien : un parfait complément au voyage dans le siècle que vous venez d’admirer à l’intérieur de l’église. En somme, transformez la visite en une mini-exploration du Dorsoduro.

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💡 Peut-être que vous ne saviez pas que…

Curiosité à raconter : l’église est dédiée à Santa Maria del Rosario mais tout le monde l’appelle ‘des Gesuati’ du nom des anciens occupants, un ordre siennois supprimé en 1668. À l’intérieur, on vénère une Épine du Rédempteur et le corps de Saint Mariano martyr, tandis que dans son tombeau repose Apostolo Zeno, l’homme de lettres qui enrichit la bibliothèque du couvent. Si l’on s’avance sur la fondamenta, on remarque le dialogue à distance avec le Rédempteur de Palladio sur l’autre rive : Massari l’a pris comme modèle précisément pour cette église.