Que voir à Lucques : remparts, tour Guinigi et 14 étapes avec carte interactive


🧭 À quoi s’attendre

  • Idéal pour un week-end culturel dans une atmosphère intime, loin de la foule des destinations plus touristiques.
  • Points forts : remparts Renaissance de 4 km praticables à pied ou à vélo, tour Guinigi avec ses chênes verts centenaires au sommet, place de l'Amphithéâtre de forme elliptique sur des ruines romaines.
  • Art et histoire à la cathédrale Saint-Martin avec le Saint-Voile, basilique Saint-Frédien avec sa mosaïque dorée, théâtre du Giglio parmi les plus anciens d'Italie.
  • Expériences uniques : Lucca Comics & Games en automne, jardin baroque du palais Pfanner, Jardin botanique fondé en 1820.

Événements aux alentours


La Ville de Lucques est un joyau de la Toscane qui vous accueille avec ses remparts Renaissance parfaitement conservés, une enceinte de 4 kilomètres que vous pouvez parcourir à pied ou à vélo pour admirer la ville depuis les hauteurs. Une fois franchi l'une des portes historiques, vous vous retrouvez dans un centre historique où le temps semble s'être arrêté : ruelles pavées, places intimes et palais nobles vous accompagnent à la découverte de lieux emblématiques comme la tour Guinigi avec ses chênes verts séculaires au sommet et la place de l'Amphithéâtre, de forme elliptique, née sur les ruines d'un ancien amphithéâtre romain. Ne manquez pas la cathédrale Saint-Martin, qui abrite le Volto Santo, un crucifix en bois vénéré depuis des siècles, et le théâtre du Giglio, l'un des plus anciens théâtres d'Italie. Si vous visitez Lucques en automne, vous pourriez tomber sur le Lucca Comics & Games, l'un des plus grands festivals de bande dessinée d'Europe, qui anime la ville avec une atmosphère unique. Pour une pause, faites un tour sur les remparts : c'est la meilleure façon de comprendre pourquoi Lucques est si spéciale.

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Itinéraires aux alentours


Murailles de Lucques : marcher sur l'histoire

Murailles de LucquesLes Murailles de Lucques ne sont pas seulement une enceinte défensive, elles sont le cœur battant de la ville, un lieu vivant que les Lucquois ont su transformer en un parc urbain unique en Italie. Construites entre le XVIe et le XVIIe siècle, ces murailles bastionnées sont restées intactes sur plus de 4 kilomètres, sans jamais avoir été utilisées à des fins guerrières. Aujourd'hui, marcher dessus est une expérience incontournable. La sensation est étrange et magnifique : vous vous trouvez à environ 12 mètres de hauteur, protégé par d'épais bastions de brique et de terre, tandis qu'en dessous s'étend le tissu médiéval de la ville. La promenade est entièrement plate et arborée, avec des marronniers centenaires qui offrent une ombre fraîche en été. On se déplace entre onze bastions, chacun avec un nom et une histoire – du Bastion San Salvatore à celui de Santa Croce – et six portes monumentales, comme Porta San Pietro, l'entrée principale. La vue s'étend sur les toits des maisons-tours, sur les églises romanes et, par temps clair, sur les Alpes Apuanes. Il n'est pas rare de croiser des joggeurs, des familles à vélo ou simplement des touristes qui s'arrêtent pour regarder le coucher du soleil. Personnellement, j'aime les parcourir tôt le matin, quand l'air est frais et que la lumière rasante caresse les pierres. Parfois, je me demande comment devait être la vie ici il y a des siècles, avec les sentinelles en faction. Aujourd'hui, c'est un lieu de paix et de partage. Un conseil ? Montez sur la Tour Guinigi pour voir les murailles d'en haut : depuis ses 44 mètres, avec les chênes verts au sommet, on comprend vraiment la géométrie parfaite de cet anneau vert qui enlace Lucques.

Murailles de Lucques

Tour Guinigi : le jardin suspendu dans le ciel de Lucques

Tour GuinigiSi vous pensez que les tours médiévales ne sont que des structures de pierre grise, la Tour Guinigi vous fera changer d'avis. Cette tour du XIVe siècle, construite par la puissante famille Guinigi, est la seule au monde à abriter un jardin suspendu avec des arbres séculaires à son sommet. Oui, vous avez bien lu : en gravissant ses 230 marches (préparez-vous, elles sont un peu raides !), vous atteignez 44 mètres de hauteur et découvrez sept chênes verts plantés dans de grands bacs de terre. Ce n'est pas un simple détail décoratif : ces arbres, qui selon la tradition symbolisent renaissance et prospérité, ont des racines qui pénètrent la structure depuis des siècles. La vue d'en haut est à couper le souffle : vous voyez Lucques tout entière enfermée dans ses murs, avec ses toits rouges, ses autres tours et les collines toscanes à l'horizon. Contrairement à d'autres tours, ici, il n'y a pas seulement un panorama, mais une expérience presque surréelle : on se sent suspendu entre histoire et nature, avec le vent qui agite les feuilles des chênes verts et l'odeur de terre humide. Personnellement, j'ai été frappé par la façon dont les arbres sont entretenus depuis des siècles – imaginez que les racines sont contrôlées périodiquement pour ne pas endommager la tour. Un conseil ? Allez-y au coucher du soleil : la lumière chaude rend tout magique, et la foule est moins nombreuse que le matin. Attention : la tour est étroite, donc si vous souffrez de claustrophobie, évaluez bien, mais pour moi, cela en vaut la peine. Le billet coûte quelques euros et inclut souvent l'accès au palais Guinigi voisin, où vous pouvez approfondir l'histoire de la famille. Ce n'est pas seulement une tour, c'est un symbole de Lucques qui résiste au temps, littéralement vert et vivant.

Tour Guinigi

Place de l'Amphithéâtre

Place de l'AmphithéâtreEntrer sur la Place de l'Amphithéâtre, c'est comme faire un saut dans le temps, mais sans la sensation de se trouver dans un musée. La forme ovale parfaite trahit immédiatement ses origines romaines : ici se dressait un amphithéâtre du Iᵉʳ siècle apr. J.-C., démantelé au Moyen Âge pour en récupérer des matériaux de construction. Ce que vous voyez aujourd'hui est le résultat de cette réutilisation, avec les maisons qui suivent le périmètre antique, créant un cercle presque magique. J'aime à penser que chaque brique a une histoire à raconter, peut-être celle de gladiateurs ou de spectateurs d'il y a deux mille ans. Aujourd'hui, la place est un salon vivant, pleine de petits cafés, de boutiques d'artisanat et d'étals qui vendent des spécialités locales. Il n'est pas rare de sentir des odeurs de café fraîchement préparé ou de focaccia chaude, surtout le matin. Attention : l'accès principal se fait par quatre portails bas et sombres, qui ressemblent presque à des ruelles. Passer dessous donne l'impression d'entrer dans un lieu secret, protégé du chaos de la ville. À l'intérieur, l'atmosphère est recueillie et intime, malgré la forme spacieuse. Le sol en briques rouges et l'absence de trafic automobile en font une île de paix, parfaite pour une pause. J'aime m'asseoir sur un banc et observer la vie qui s'écoule : des touristes qui prennent des photos, des Lucquois qui bavardent, des enfants qui courent. Il y a quelque chose d'authentique ici, peut-être parce que ce n'est pas seulement une carte postale, mais un endroit que les habitants fréquentent vraiment. Parfois, je me demande si les résidents des maisons donnant sur la place se sont habitués à cette animation ou s'ils s'étonnent encore de sa beauté. Une curiosité : en regardant bien les façades, on remarque des hauteurs et des styles différents, signes des diverses époques de construction. Ce n'est pas tout uniforme, et selon moi, c'est précisément ce qui la rend spéciale.

Place de l'Amphithéâtre

Cathédrale Saint-Martin

Cathédrale Saint-MartinSi vous cherchez le cœur spirituel de Lucques, ne manquez pas la Cathédrale Saint-Martin. Elle se dresse sur une place spacieuse, un peu cachée entre les ruelles, et sa façade romane vous frappe immédiatement : asymétrique et riche en détails, avec ces loggias superposées et bas-reliefs qui racontent des histoires médiévales. En entrant, l'atmosphère est solennelle mais accueillante, la lumière filtrant des fenêtres pour illuminer les nefs. Le clou est le Tempietto del Volto Santo, une chapelle Renaissance qui abrite le crucifix en bois vénéré depuis des siècles – une relique très chère aux Lucquois. En vous promenant, vous découvrirez des œuvres surprenantes : la Cène du Tintoret, avec ses couleurs intenses, et le tombeau d'Ilaria del Carretto par Jacopo della Quercia, un chef-d'œuvre de marbre qui semble presque respirer. Ce qui m'a frappé, c'est comment chaque coin raconte une histoire différente, de la chaire romane aux chapelles latérales remplies de peintures. Un conseil ? Prenez le temps d'observer les détails, comme les chapiteaux sculptés ou les mosaïques au sol – ce sont de petites merveilles qui passent souvent inaperçues. Et si vous le pouvez, montez au clocher : la vue sur les remparts et les toits de Lucques est inestimable, même si l'escalier est un peu étroit (ça vaut le coup, croyez-moi).

Cathédrale Saint-Martin

Théâtre du Giglio

Théâtre du GiglioQuand on pense à Lucques, les murailles, les tours, les églises romanes viennent à l'esprit. Mais il y a un lieu qui passe souvent au second plan, et qui pourtant mérite toute l'attention : le Théâtre du Giglio. Ce n'est pas seulement un théâtre, c'est un morceau d'histoire vivante de la ville, qui depuis 1675 continue d'émouvoir. Vous le trouvez sur la Piazza del Giglio, juste derrière le Palazzo Ducale, dans une position qui, à elle seule, raconte son lien avec le pouvoir et la culture lucquoise. La façade néoclassique, sobre et élégante, ne vous prépare pas entièrement à ce que vous découvrez à l'intérieur : un auditorium en fer à cheval avec trois étages de loges en bois doré, un plafond peint en fresque, une atmosphère qui vous ramène dans le temps. C'est l'un des plus anciens théâtres d'Italie encore en activité, et cela se ressent : chaque fois que vous entrez, vous respirez des siècles de spectacles, de premières, d'applaudissements. Aujourd'hui, le Giglio est le principal théâtre de Lucques, avec une saison riche en opéra lyrique, théâtre, concerts et ballet. Si vous avez de la chance, vous pourriez assister à une production de la Fondazione Teatro del Giglio, qui y a son siège. Mais même si vous ne pouvez pas voir un spectacle, cela vaut la peine de faire une visite lors des visites guidées (généralement disponibles à certaines heures, mieux vaut se renseigner à l'avance). On vous racontera des anecdotes curieuses, comme le fait que le théâtre a été reconstruit après un incendie au XIXe siècle, ou que des compositeurs comme Puccini, qui est chez lui à Lucques, s'y sont produits. Personnellement, j'aime penser que dans ces fauteuils de velours rouge se sont assis des personnages illustres, des nobles lucquois, des artistes de passage. C'est un lieu qui n'a pas perdu son âme, qui n'est pas devenu un musée statique. Au contraire, parfois je me demande si les fantômes des acteurs d'autrefois ne rôdent pas encore dans les coulisses, satisfaits de voir que le rideau continue de se lever. Un conseil ? Jetez un œil au programme avant de partir : assister à un spectacle ici est une expérience qui complète parfaitement la visite de Lucques, ajoutant une pièce de culture vivante à son patrimoine historique.

Théâtre du Giglio

Basilique San Frediano

Basilique San FredianoSi vous pensez que Lucques n'est que murs et tours, préparez-vous à changer d'avis. La Basilique San Frediano est l'un de ces lieux qui vous frappe dès que vous tournez le coin : la façade romane, simple et solide, cache un trésor inattendu. Ce qui saute aux yeux immédiatement est la grande mosaïque dorée au-dessus de l'entrée, un Christ ascensionnel entouré d'anges qui semble capturer la lumière de l'après-midi. Il est rare de trouver des mosaïques du XIIe siècle aussi bien conservées sur les façades des églises en Toscane, et cela rend San Frediano unique. En entrant, l'atmosphère change : l'intérieur est sombre, frais, presque humide, avec des colonnes de récupération romaines qui soutiennent les nefs. Il y a un silence palpable, rompu seulement par les pas des visiteurs sur le sol de pierre. Ne manquez pas la Fonte Lustrale, une ancienne cuve baptismale du XIIe siècle décorée de scènes de la vie de Moïse – les détails sont si minutieux que vous vous y perdez pendant des minutes. Puis il y a la chapelle de Sainte Zita, la sainte patronne des domestiques : sa châsse contient le corps momifié, et voir les fleurs fraîches laissées par les dévots ajoute une touche de dévotion quotidienne qui émeut. Personnellement, j'ai été frappé par le contraste entre la majesté de la mosaïque extérieure et l'intimité des espaces intérieurs. Attention aux horaires : la basilique ferme parfois pour les offices, donc vérifiez avant. Et si vous le pouvez, visitez la crypte où sont conservées les reliques de San Frediano – un coin recueilli que peu remarquent, mais qui renferme des siècles d'histoire lucquoise.

Basilique San Frediano

San Michele in Foro : l'église qui ressemble à un château

San Michele in ForoArriver sur la place San Michele est un coup d'œil que vous n'oublierez pas facilement. La basilique San Michele in Foro domine l'espace avec une façade à rayures blanches et vertes qui ressemble presque à une dentelle de marbre. Ce qui frappe immédiatement, c'est l'architecture : elle semble être une église, mais elle a quelque chose de féerique, comme si elle était sortie d'un livre de contes. La place elle-même était autrefois le forum romain, et s'y promener vous fait sentir le poids de l'histoire sous vos pieds. À l'intérieur, l'espace est plus sobre que l'explosion extérieure, mais pas moins intéressant pour autant. Cherchez la Vierge à l'Enfant de Filippino Lippi dans la sacristie – un petit chef-d'œuvre souvent négligé par les flux touristiques les plus pressés. Personnellement, je me suis perdu à observer les détails des chapiteaux des colonnes, chacun avec des décorations différentes, comme s'ils étaient les signatures des artisans médiévaux. Une curiosité ? La statue de l'archange Michel au sommet de la façade brille au soleil car elle est recouverte de cuivre doré, et lorsque la lumière la frappe, elle semble presque vivante. Si vous passez ici au coucher du soleil, le jeu de lumière sur la pierre est magique – même si je dois admettre que parfois les photos ne rendent pas justice à cette atmosphère. Un conseil pratique : vérifiez les horaires d'ouverture, car elle n'est pas toujours accessible toute la journée, et si vous voulez éviter la foule, essayez les premières heures du matin. Pour moi, San Michele est l'un de ces lieux qui raconte à lui seul l'histoire de Lucques, sans avoir besoin de trop de mots.

San Michele in Foro

Musée National de la Villa Guinigi

Musée National de la Villa GuinigiSi vous pensez que Lucques se résume à ses murailles et ses tours, le Musée National de la Villa Guinigi vous fera changer d'avis. Cet endroit est un véritable écrin de trésors, installé dans une villa du XVe siècle qui, à elle seule, mérite la visite. La villa fut construite par Paolo Guinigi, seigneur de Lucques au XVe siècle, et se promener dans ses salles donne l'impression de pénétrer dans une demeure historique encore vivante. Ce n'est pas un musée poussiéreux comme les autres : ici, l'atmosphère est intime, presque domestique, et les collections sont agencées de manière à raconter l'histoire de la ville de façon captivante. Le parcours muséographique couvre une période allant de l'époque étrusque et romaine jusqu'au XVIIIe siècle, avec une section consacrée au Moyen Âge que je trouve personnellement fascinante. Parmi les pièces maîtresses figurent les découvertes archéologiques faites dans la région, comme des urnes cinéraires et des mosaïques, mais aussi des peintures et des sculptures d'artistes lucquois. La salle des fresques détachées m'a particulièrement impressionné, où l'on peut admirer des œuvres provenant d'églises et de palais de la ville, sauvées de la dégradation. La collection d'art sacré est riche et variée, avec des crucifix en bois, des retables et des objets liturgiques qui témoignent de la dévotion locale. Il y a également une section consacrée aux arts appliqués, avec des céramiques, des textiles et des meubles d'époque qui donnent une idée de la vie quotidienne dans le passé. La villa est entourée d'un jardin paisible, parfait pour une pause après la visite. Attention : le musée n'est pas immense, mais il est dense en contenu, prenez donc votre temps pour savourer les détails. Certains pourraient le trouver un peu daté dans sa muséographie, mais selon moi, cela ajoute du charme, rendant l'expérience plus authentique. Je vous conseille de le visiter pour avoir une vision complète de l'histoire artistique de Lucques, au-delà des attractions plus célèbres.

Musée National de la Villa Guinigi
Palais DucalQuand on pense à Lucques, on imagine les remparts, les tours, les églises romanes. Mais il existe un lieu qui raconte une autre histoire, celle du pouvoir et de la politique : le Palais Ducal. Ce n'est pas le palais le plus spectaculaire de la ville, au premier abord il pourrait presque passer inaperçu à côté de la Tour Guinigi voisine ou de San Michele in Foro. Pourtant, franchir son portail signifie entrer au cœur de la Lucques qui fut capitale d'un petit État indépendant pendant des siècles. Le bâtiment que nous voyons aujourd'hui est un ensemble de structures différentes, fruit d'ajouts et de remaniements successifs du Moyen Âge au XIXe siècle. La façade principale sur la Piazza Napoleone est imposante, néoclassique, voulue par Elisa Baciocchi, sœur de Napoléon, lorsqu'elle gouvernait la ville. Mais le côté le plus intéressant, selon moi, est celui qui donne sur la Via Vittorio Veneto, plus ancien et irrégulier. À l'intérieur, ne vous attendez pas à un musée traditionnel. Le Palais Ducal abrite aujourd'hui des bureaux provinciaux et préfectoraux, mais certaines parties sont visitables. Le plus beau ? Les fresques. Des salles comme la Sala degli Staffieri ou la Sala del Trono conservent des cycles picturaux des XVIIe et XVIIIe siècles qui vous font comprendre l'opulence de la cour. Les hauts plafonds, les cheminées monumentales, les sols en terrazzo vénitien : chaque détail évoque la représentation. Une autre perle sont les jardins intérieurs, une oasis de silence peu connue même des Lucquois. Enfermés entre les ailes du palais, avec des arbres centenaires et des parterres géométriques, c'est un endroit parfait pour une pause loin de la foule. Parfois je me demande s'il vaut la peine de visiter un palais qui est encore en partie un bâtiment institutionnel. La réponse est oui, surtout si l'on s'intéresse à l'histoire plus qu'aux monuments-icônes. Ici, on respire l'atmosphère de l'époque où Lucques était une république, puis un duché, et où ses dirigeants décidaient du destin de la ville entre ces murs. Ce n'est pas une étape à négliger.

Palais Ducal

Musée National du Palais Mansi

Musée National du Palais MansiSi vous pensez que Lucques n'est que murs et tours, le Palais Mansi va vous faire changer d'avis. Ce musée national, installé dans un palais du XVIIe siècle de la via Galli Tassi, est un concentré de faste qui raconte comment vivait l'aristocratie lucquoise entre le XVIIIe et le XIXe siècle. En entrant, la première chose qui frappe est l'escalier monumental avec ses fresques allégoriques – on se sent immédiatement catapulté dans une autre époque. Les salles sont meublées avec des meubles d'origine, des lustres en cristal et surtout des tapisseries flamandes du XVIe siècle qui laissent bouche bée par leurs détails. La chambre nuptiale, avec son lit à baldaquin et ses murs recouverts de soie, est peut-être l'ambiance la plus emblématique : on dirait que les propriétaires viennent de sortir un instant. La pinacothèque au premier étage est une autre surprise, avec des œuvres d'artistes toscans comme Pontormo et Bronzino, mais aussi de Tintoret. Personnellement, je trouve que la vraie magie réside dans les petits détails : les miroirs vénitiens, les cheminées en marbre, les plafonds peints de scènes mythologiques. C'est un musée qui se visite en une heure environ, assez pour ne pas se fatiguer mais suffisant pour s'immerger complètement. Attention : les horaires peuvent varier, mieux vaut vérifier avant. Si vous aimez l'art et l'histoire, c'est un incontournable à Lucques, souvent moins fréquenté que d'autres sites mais tout aussi riche en charme.

Musée National du Palais Mansi

Place Napoléon

Place NapoléonPlace Napoléon est le cœur battant de Lucques, un vaste espace ouvert qui vous frappe immédiatement par son ampleur inhabituelle par rapport aux autres recoins de la ville. Appelée aussi Piazza Grande par les Lucquois, elle naît de la volonté d'Elisa Baciocchi, sœur de Napoléon, qui au début du XIXe siècle fit raser tout un quartier médiéval pour créer une place digne du pouvoir. Aujourd'hui, c'est un lieu de rencontre, où les gens s'assoient sur les bancs à l'ombre des platanes centenaires, les enfants courent et l'été, elle accueille souvent des concerts ou des événements. Le Palais Ducal domine un côté avec sa façade néoclassique : autrefois résidence d'Elisa, il abrite aujourd'hui des bureaux provinciaux et n'est pas toujours visitable à l'intérieur, mais il vaut la peine d'admirer son extérieur imposant. Au centre, la statue de Maria Luisa de Bourbon rappelle une autre souveraine qui a laissé sa marque. Ce qui rend cette place spéciale, c'est le contraste : d'un côté la majesté historique, de l'autre l'atmosphère détendue et quotidienne. Ce n'est pas un musée à ciel ouvert, mais un endroit vivant. Personnellement, j'aime observer comment les Lucquois l'utilisent : il y a ceux qui lisent le journal, ceux qui font une pause café au bar voisin, ceux qui se promènent simplement. Attention : les jours de marché (le mercredi et le samedi matin), elle se remplit d'étals, se transformant en un fourmillement de couleurs et de voix. Si vous cherchez un coin tranquille, il vaut mieux venir l'après-midi ou en semaine. La vue sur les Remparts d'ici est limitée, mais la sensation d'espace est libératrice après les ruelles étroites du centre. Un détail curieux : les platanes ont été plantés au XIXe siècle et forment aujourd'hui une voûte verte qui offre une ombre précieuse en été. Ce n'est pas la place la plus photographiée de Lucques, mais selon moi, elle capture l'âme moderne de la ville, suspendue entre passé et présent.

Place Napoléon

Palazzo Pfanner : une oasis baroque au cœur de Lucques

Palazzo PfannerSi vous pensez que Lucques n'est que murailles et tours, le Palazzo Pfanner vous fera changer d'avis. Ce palais noble du XVIIe siècle, caché dans les ruelles du centre historique, est une véritable surprise. La première chose qui frappe est le jardin à l'italienne, un rectangle parfait de verdure délimité par des haies de buis et orné de statues mythologiques en pierre. C'est un coin de paix où le temps semble s'arrêter, loin de l'agitation touristique. En entrant dans le palais, on respire encore l'atmosphère d'une demeure seigneuriale : les plafonds peints à fresque, les meubles d'époque, les escaliers monumentaux. Mais la particularité du Palazzo Pfanner est son histoire liée à la bière. Oui, vous avez bien compris : au XVIIIe siècle, la famille Pfanner, originaire d'Autriche, y a installé une brasserie, l'une des premières en Italie. Aujourd'hui, au rez-de-chaussée, on peut encore voir les anciens locaux de la distillerie, avec les fûts et les outils de l'époque. Personnellement, j'ai été frappé par le contraste entre l'élégance baroque des salles et cette empreinte « industrielle » un peu insolite. Le palais est en grande partie visitable, y compris les appartements privés au premier étage, où l'on admire des portraits de famille et des meubles d'origine. Une curiosité : la façade extérieure, sobre et linéaire, ne laisse pas deviner la splendeur qui se cache à l'intérieur. Je conseille de consacrer au moins une heure à la visite, sans se presser, pour saisir les détails et profiter du jardin. Attention : les horaires d'ouverture peuvent varier selon la saison, mieux vaut vérifier avant de s'y rendre.

Palazzo Pfanner

Jardin botanique de Lucques

Jardin botaniqueSi vous pensez que Lucques n'est que murs et tours, préparez-vous à une agréable surprise. Le Jardin botanique, fondé en 1820 par la duchesse Maria Luisa de Bourbon, est un coin de tranquillité qui vous fait oublier que vous êtes au cœur de la ville. En entrant, la première chose qui frappe est le silence, rompu seulement par le bruissement des feuilles et le gazouillis des oiseaux. Ce n'est pas un simple jardin : c'est un laboratoire vivant qui abrite plus de 200 espèces de plantes, certaines rares ou exotiques, organisées avec un soin presque maniaque. En vous promenant le long des allées, vous tombez sur une collection de fougères qui semble sortie d'un livre de contes, et sur un étang avec des nénuphars qui fleurissent de façon spectaculaire en été. Personnellement, j'adore la serre du XIXe siècle, un joyau de fer et de verre qui abrite des plantes tropicales et succulentes – en hiver, y entrer, c'est comme faire un voyage sous d'autres latitudes. On oublie souvent que cet endroit a une double âme : en plus d'être un lieu de beauté, c'est un centre de recherche botanique encore actif. Peut-être que tout le monde ne sait pas qu'on y étudie des plantes médicinales et qu'on y conserve des graines anciennes, un détail qui ajoute de la profondeur à la visite. Si vous cherchez un moment de pause du chaos touristique, c'est l'endroit idéal : apportez un livre, asseyez-vous sur un banc et laissez le parfum des herbes aromatiques vous envelopper. Attention, cependant : le jardin est petit et intime, ne vous attendez pas à de grands spectacles comme dans un parc monumental. Sa magie réside justement dans la délicatesse, dans les détails que l'on découvre petit à petit – comme le parterre des plantes tinctoriales, qui raconte un morceau de l'histoire artisanale de Lucques. Un conseil ? Venez tôt le matin, quand la lumière est douce et que vous avez l'impression d'avoir tout pour vous.

Jardin botanique

Aqueduc du Nottolini

Aqueduc du NottoliniSi vous pensez que Lucques se résume à ses murailles et ses tours, préparez-vous à une agréable surprise. Un peu en dehors du centre historique, le long de la route vers Pise, se dresse l'Aqueduc du Nottolini, une œuvre extraordinaire qui semble tout droit sortie d'une peinture romantique. Construit entre 1823 et 1851 sur ordre de Marie-Louise de Bourbon, d'après les plans de l'architecte Lorenzo Nottolini, il servait à acheminer l'eau des sources de Guamo jusqu'à la ville. Ce qui frappe immédiatement, c'est son architecture néoclassique majestueuse et pourtant légère : une succession de plus de 400 arcades en brique et pierre qui serpentent sur environ 3 kilomètres dans la campagne. Marcher le long du sentier qui le borde est une expérience apaisante, loin de la foule touristique. On y respire un air différent, presque hors du temps. Les arcades, hautes d'une vingtaine de mètres, créent des jeux de lumière et d'ombre qui évoluent avec l'heure de la journée – au coucher du soleil surtout, le panorama devient magique. Vous remarquerez que certaines arcades ont été restaurées, tandis que d'autres portent les marques du temps, mais c'est justement ce mélange qui donne son caractère au lieu. L'aqueduc s'intègre encore parfaitement au paysage, entouré d'oliveraies et de champs cultivés. Un détail curieux : si vous observez de près les piliers, vous verrez les « gueules de loup », de petites ouvertures qui servaient à l'évacuation des eaux pluviales. Personnellement, je trouve que c'est l'un de ces endroits où l'on s'arrête presque sans le vouloir, peut-être en s'asseyant sur un banc pour regarder les hirondelles qui nichent entre les briques. Ce n'est pas un monument que l'on visite à la hâte ; il invite plutôt à une promenade tranquille, peut-être à vélo, en suivant le tracé jusqu'aux suggestifs Temples de Guamo, les deux constructions circulaires qui servaient de réservoirs. Si vous passez par Lucques, accordez-lui une heure : il vous offrira une perspective inédite sur la ville, faite d'ingéniosité, d'eau et de silence.

Aqueduc du Nottolini