Introduction
Entrer dans la Bibliothèque nationale Marciana, c’est comme plonger dans la Renaissance vénitienne. Face à la Piazzetta San Marco, avec sa façade élégante dessinée par Sansovino, elle conserve un patrimoine de manuscrits et d’estampes à couper le souffle. Mais ce n’est pas seulement une archive : les Salles Monumentales sont un chef-d’œuvre d’art, avec des plafonds fresqués par Titien, Véronèse et Tintoret. L’atmosphère est solennelle mais accueillante : on y respire l’histoire qui sent le papier ancien.
Aperçu historique
La bibliothèque est née en 1468, lorsque le cardinal Bessarion a fait don à la Sérénissime de sa précieuse collection de manuscrits grecs et latins (environ 1000 volumes). Le bâtiment conçu par Jacopo Sansovino a commencé en 1537 et a été achevé après sa mort. En 1545, le plafond s’est effondré et Sansovino a été emprisonné, mais il a ensuite été libéré. À partir de 1603, les imprimeurs devaient déposer un exemplaire de chaque livre (première loi du genre en Italie). Aujourd’hui, elle conserve plus de 13 000 manuscrits, dont l’Homère vénitien A du Xe siècle et le planisphère de Fra’ Mauro.
Les Salles Monumentales
Le parcours muséal commence par l’escalier monumental et mène au Vestibule et au Salon Sansovinien, où le plafond est décoré d’allégories de sept peintres, dont Paolo Véronèse (récompensé comme le meilleur pour sa Musique). On y admire également les Ridotti dei Procuratori, avec des trésors cartographiques comme le planisphère de Fra Mauro (XVe siècle). L’entrée est gratuite le premier dimanche du mois. Pour visiter les salles, on accède par le Musée Correr.
Les trésors cachés
Outre les célèbres manuscrits homériques, la Marciana conserve l’Hypnerotomachia Poliphili d’Alde Manuce (1499) et une riche collection d’incunables (2 800) et de livres du XVIe siècle (24 000). Parmi les pièces maîtresses, le planisphère de Fra Mauro, un chef-d’œuvre de la cartographie médiévale, et la copie de l’Iliade du Xe siècle. La bibliothèque possède également des manuscrits enluminés comme le codex français Z 6, avec la Chanson d’Aspremont.
Pourquoi le visiter
Trois raisons : premièrement, c’est l’une des bibliothèques publiques les plus anciennes d’Italie, avec une atmosphère unique. Deuxièmement, les Salles Monumentales sont une œuvre d’art totale, avec des fresques de Titien et Véronèse. Troisièmement, le planisphère de Fra Mauro est un document extraordinaire. De plus, les expositions temporaires (comme « Audacieuses et sportives » jusqu’au 28 février 2025) enrichissent la visite.
Quand y aller
Le meilleur moment ? Tôt le matin, dès l’ouverture (à 8h30), quand la lumière éclaire les plafonds dorés et qu’il y a peu de monde. Évitez le week-end si possible. En automne, il y a des événements intéressants, comme la présentation du livre le 9 octobre 2025. L’hiver est suggestif par son calme, tandis qu’en été, la bibliothèque est une oasis de fraîcheur.
Dans les environs
À quelques pas, le Musée Correr offre un panorama sur l’histoire de Venise. Incontournable, la Basilique Saint-Marc avec ses mosaïques byzantines. Si vous avez le temps, faites un tour sur le Grand Canal ou visitez le proche Palais des Doges.