Que voir à Savone : entre mer et histoire


🧭 À quoi s’attendre

  • Idéal pour un week-end culturel ou une excursion
  • Points forts : Forteresse du Priamar, musées originaux, centre historique animé
  • Recommandé à familles et passionnés d'histoire
  • Meilleure période : printemps et automne pour un climat doux
  • Si vous planifiez quoi voir à Savone, préparez-vous à une ville qui sait surprendre. Beaucoup ne connaissent Savone que de passage, mais son centre historique mérite une visite approfondie. De la majestueuse Forteresse du Priamar, symbole de la ville, au curieux All About Apple Museum, en passant par le Musée d'art du Palazzo Gavotti et les places élégantes comme la Piazza Sisto Quarto. Savone n'est pas seulement une ville de mer : c'est un concentré d'histoire, d'art et de culture. Dans cet article, je vous guiderai à travers les lieux incontournables de Savone, avec des conseils pratiques pour optimiser votre temps. Vous découvrirez des coins pittoresques comme l'Église du Saint-Esprit et le Teatro Chiabrera. Prêt pour une visite hors des sentiers battus ? Voici ce qu'il ne faut pas manquer à Savone.

    Aperçu



    Itinéraires aux alentours


    Forteresse du Priamar : entre passé et présent

    Forteresse du PriamarEn montant vers la Forteresse du Priamar, on ne peut qu'être frappé par sa masse austère qui domine le port de Savone. Le nom en ligure signifie « pierre sur la mer », et dès le premier regard on comprend pourquoi. Construite entre 1542 et 1544 par la République de Gênes sur les plans de Giovanni Maria Olgiati, cette forteresse ne servait pas à défendre la ville, mais à la contrôler après sa soumission. Pour la construire, les Génois rasèrent tout le centre médiéval : la cathédrale Santa Maria di Castello, le palais épiscopal, dix oratoires et trois hôpitaux. Un coup très dur pour Savone, qui en souffrit pendant des siècles. Aujourd'hui, cependant, c'est un pôle culturel incontournable : à l'intérieur, vous trouverez le Musée Civique Archéologique, avec des vestiges étrusques et grecs, et le Musée Sandro Pertini, avec des œuvres d'art contemporain. Mais le véritable clou est la cellule où Giuseppe Mazzini fut emprisonné en 1830-31 et où, dit-on, il a conçu la Jeune Italie. En montant sur les bastions, la vue s'étend de la mer aux montagnes, et en été, la place du Maschio se transforme en un théâtre en plein air de 600 places. L'entrée est gratuite (les musées sont payants) et les horaires sont pratiques : en hiver jusqu'à 18h30, en été jusqu'à minuit. Un conseil : venez au coucher du soleil, quand la lumière dorée embrase les murs de pierre et que le panorama devient pure poésie.

    Forteresse du Priamar

    Forteresse du Priamar : entre passé et présent

    Forteresse du PriamarEn montant vers la Forteresse du Priamar, on ne peut qu'être frappé par sa masse austère qui domine le port de Savone. Le nom en ligure signifie « pierre sur la mer », et dès le premier regard on comprend pourquoi. Construite entre 1542 et 1544 par la République de Gênes sur les plans de Giovanni Maria Olgiati, cette forteresse ne servait pas à défendre la ville, mais à la contrôler après sa soumission. Pour la construire, les Génois rasèrent tout le centre médiéval : la cathédrale Santa Maria di Castello, le palais épiscopal, dix oratoires et trois hôpitaux. Un coup très dur pour Savone, qui en souffrit pendant des siècles. Aujourd'hui, cependant, c'est un pôle culturel incontournable : à l'intérieur, vous trouverez le Musée Civique Archéologique, avec des vestiges étrusques et grecs, et le Musée Sandro Pertini, avec des œuvres d'art contemporain. Mais le véritable clou est la cellule où Giuseppe Mazzini fut emprisonné en 1830-31 et où, dit-on, il a conçu la Jeune Italie. En montant sur les bastions, la vue s'étend de la mer aux montagnes, et en été, la place du Maschio se transforme en un théâtre en plein air de 600 places. L'entrée est gratuite (les musées sont payants) et les horaires sont pratiques : en hiver jusqu'à 18h30, en été jusqu'à minuit. Un conseil : venez au coucher du soleil, quand la lumière dorée embrase les murs de pierre et que le panorama devient pure poésie.

    Forteresse du Priamar

    All About Apple Museum : un plongeon dans l'histoire de l'ordinateur

    All About Apple MuseumSi vous pensez qu'un musée n'est qu'un endroit où l'on regarde sans toucher, l'All About Apple Museum de Savone vous fera changer d'avis. Ici, plus de 9 000 pièces sont toutes allumées et fonctionnelles, prêtes à être utilisées. Vous pouvez vous asseoir devant un Apple Lisa ou un NeXT Cube, l'ordinateur que Steve Jobs a créé après avoir quitté Apple. Une chose qui a été remarquée à Cupertino, au point d'inviter les fondateurs en Californie en tant que musée officiel.
    Inauguré en 2015 dans le nouveau port, le musée est géré par l'association de bénévoles All About Apple ODV, fondée en 2002. La collection s'étend de 1976 à aujourd'hui : ordinateurs, périphériques, prototypes, et même des ordinateurs d'autres marques comme Commodore et Olivetti, pour comprendre le contexte pionnier des années 70. Parmi les pièces maîtresses, le Macintosh 128K, le PowerBook Duo et le Newton.
    Le musée est ouvert uniquement le samedi après-midi et le dimanche matin (horaires : sam 14h30-17h30, dim 09h30-12h30). Le billet coûte 7€, tarif réduit 5€. Il est recommandé de réserver, car les bénévoles ne sont pas toujours disponibles. Le plus beau, c'est que chaque visite est unique : vous pourrez vous sentir comme en 1984 en bidouillant un vieux Mac, ou vous émerveiller devant le design du Twentieth Anniversary Macintosh. Une expérience qui allie histoire, technologie et une pointe de nostalgie.

    All About Apple Museum

    Musée d'Art du Palazzo Gavotti : un saut entre Renaissance et contemporanéité

    Musée d'art du Palazzo GavottiAu cœur du centre historique de Savone, place Chabrol, se dresse le Palazzo Gavotti, un élégant édifice Renaissance construit entre 1570 et 1580 pour la famille Gavotti. Aujourd'hui, il abrite le Musée d'art du Palazzo Gavotti, un pôle qui réunit la Pinacothèque civique, la Fondation Milena Milani et le Musée de la Céramique (ce dernier dans l'annexe du Monte di Pietà). Unique en son genre, il vous emmène dans un voyage du XIVe siècle à nos jours. Parmi les chefs-d'œuvre, on trouve la Crucifixion de Donato de' Bardi (1426), œuvre unique mêlant art italien et flamand, et le Retable Fornari de Vincenzo Foppa (1489), symbole de l'épanouissement sous les papes della Rovere. À ne pas manquer également les polyptyques du XVe siècle et la galerie de tableaux du XVIIe siècle avec Valerio Castello, Gioacchino Assereto et Domenico Piola. Au deuxième étage, la collection contemporaine offre des œuvres de Picasso, Fontana, De Chirico, Magritte et Miró. Le Musée de la Céramique conserve plus de mille œuvres depuis le XVe siècle, avec un accent sur la majolique savonaise. Infos pratiques : Place Chabrol 1-2 ; fermé le lundi et mardi ; mercredi 10h-13h30 ; jeudi-samedi 10h-18h30 ; dimanche 10h-13h30. Billet plein tarif 4 €, réduit 2 €. Il est conseillé de vérifier les horaires mis à jour sur le site officiel.

    Musée d'art du Palazzo Gavotti

    Trésor néoclassique : le Théâtre Chiabrera

    Théâtre communal Gabriello ChiabreraSi vous passez par Savone, le Théâtre communal Gabriello Chiabrera mérite un arrêt. Inauguré en octobre 1853 avec l'Attila de Verdi, il est considéré comme le plus beau théâtre historique encore en activité de Ligurie. La façade néoclassique, avec les statues de Goldoni et Alfieri signées par Santo Varni et celles de Metastasio et Rossini d'Antonio Brilla, vous accueille sur la place Diaz. À l'intérieur, la salle en fer à cheval à quatre rangs et 626 places vous offre une atmosphère d'un autre temps. Le plafond, orné d'une fresque représentant les huit arts classiques, a subi en 1999 un décollement qui l'a brisé en 2000 morceaux : aujourd'hui, il a été minutieusement reconstitué. C'est ici que la toute jeune Renata Scotto fit ses débuts la veille de Noël 1952, et que des monstres sacrés comme Tito Schipa et Eduardo De Filippo se sont produits. En 2024, il a été déclaré Monument national. La billetterie rouvre le 13 octobre 2025 (horaires : lun-sam 10h30-13h et 17h-19h). Si vous avez des problèmes de mobilité, des places réservées et une entrée latérale accessible sont disponibles. Bref, un morceau d'histoire lyrique qui respire encore.

    Théâtre communal Gabriello Chiabrera

    Piazza Sisto Quarto : le salon de Savone

    Place Sixte IVLa Piazza Sisto Quarto, officiellement Piazza Sisto IV, est le véritable cœur piétonnier de Savone. Avec son pavé en dalles, elle invite à la promenade et à la pause. Conçue par l'architecte Luciano Grossi Bianchi en 1997, elle est relativement récente, mais elle est déjà devenue le point de repère de la vie citadine. Donnent sur elle la basilique cathédrale Sainte-Marie-de-l'Assomption, l'Oratoire du Christ Ressuscité et la Commune de Savone. Pendant l'année, la place s'anime avec des événements comme le Nouvel An, avec scène et écrans géants. Mais même les jours ordinaires, il y a toujours un va-et-vient de monde : le kiosque à journaux, le bar, les magasins. Dans les rues voisines, vous trouverez hôtels, restaurants et parkings. La place relie le Corso Italia et la Via Santa Maria Maggiore, c'est donc un passage obligé. Personnellement, j'aime m'asseoir au bar et observer la vie qui s'écoule. Ce n'est pas une place ancienne, mais elle a déjà une âme. L'architecte Bianchi a su créer un espace qui invite à la halte. Le pavé est soigné, les immeubles alentour sont élégants. Si vous visitez Savone, vous ne pouvez pas manquer une promenade ici. Et si vous avez de la chance, vous pourriez vous retrouver au milieu d'un concert ou d'une fête.

    Place Sixte IV

    Place de la Madeleine

    Place de la MadeleineDans le dédale de ruelles du centre historique de Savone, la Place de la Madeleine est le point de rencontre entre passé et présent. Donnant sur la via Pia, la rue principale de la vieille ville, la place est entourée de demeures seigneuriales et d'anciens portails qui racontent des siècles d'histoire. Son nom provient de l'ancienne église Sainte-Marie-Madeleine, aujourd'hui intégrée au palais Renaissance Multedo-Sacco. Devant ce bâtiment, se distingue l'édicule marial du XVIIIe siècle représentant la Madone de Miséricorde, patronne de la ville : il était à l'origine placé aux portes de l'ancien bourg du Môle, puis supprimé pour faire place à la forteresse du Priamar. Aujourd'hui, s'asseoir sur les marches de la place signifie s'immerger dans une atmosphère recueillie, loin de la circulation, où le temps semble s'écouler plus lentement. Les Savonais y passent chaque jour, mais ceux qui visitent pour la première fois sont frappés par cette petite oasis de beauté. N'attendez pas de la grandeur : c'est un lieu intime, authentique, qui invite à lever les yeux pour saisir les détails des façades. Un conseil ? Arrêtez-vous au bar voisin pour un café en observant le va-et-vient de ceux qui vivent le centre historique. La Place de la Madeleine est plus qu'une simple place : c'est le symbole d'une ville qui a su préserver son âme.

    Place de la Madeleine

    Fort de la Madonna degli Angeli : entre histoire et mémoire

    Fort de la Madonna degli AngeliEn montant par les sentiers derrière Savone, on tombe sur un morceau d'histoire un peu oublié : le Fort de la Madonna degli Angeli. Construit par les Savoie en 1881 à 232 mètres d'altitude, il faisait partie du système défensif côtier avec le Fort Ciuto et la Madonna del Monte. La structure est imposante : sur deux étages, le premier abritait des écuries et des entrepôts, le second les positions pour obusiers de 280 mm (puis canons 149/23) et des stations télémétriques. Devant le fort, deux plates-formes supplémentaires étaient reliées par un pont-levis sur un fossé aujourd'hui presque disparu. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il servit de garnison allemande et de batterie antiaérienne avec des canons Flak 88. Malheureusement, le fort est aussi le théâtre d'une plaie ouverte : le 27 décembre 1943, sept antifascistes y furent fusillés par les nazifascistes. Une plaque dans la cour commémore le massacre, et sur le mur sont encore visibles les traces de balles. Aujourd'hui, le fort est à l'abandon et n'est pas accessible au public, mais on peut y accéder à pied en suivant le sentier de l'Anneau des Forts (environ 18 km). Cela vaut le coup d'y aller pour la vue imprenable sur la ville et pour réfléchir sur ce qui reste de la mémoire. Portez des chaussures confortables et du respect : c'est un lieu à vivre avec prudence, mais qui offre une émotion authentique.

    Fort de la Madonna degli Angeli

    Fort de la Madonna degli Angeli : entre histoire et mémoire

    Fort de la Madonna degli AngeliEn montant par les sentiers derrière Savone, on tombe sur un morceau d'histoire un peu oublié : le Fort de la Madonna degli Angeli. Construit par les Savoie en 1881 à 232 mètres d'altitude, il faisait partie du système défensif côtier avec le Fort Ciuto et la Madonna del Monte. La structure est imposante : sur deux étages, le premier abritait des écuries et des entrepôts, le second les positions pour obusiers de 280 mm (puis canons 149/23) et des stations télémétriques. Devant le fort, deux plates-formes supplémentaires étaient reliées par un pont-levis sur un fossé aujourd'hui presque disparu. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il servit de garnison allemande et de batterie antiaérienne avec des canons Flak 88. Malheureusement, le fort est aussi le théâtre d'une plaie ouverte : le 27 décembre 1943, sept antifascistes y furent fusillés par les nazifascistes. Une plaque dans la cour commémore le massacre, et sur le mur sont encore visibles les traces de balles. Aujourd'hui, le fort est à l'abandon et n'est pas accessible au public, mais on peut y accéder à pied en suivant le sentier de l'Anneau des Forts (environ 18 km). Cela vaut le coup d'y aller pour la vue imprenable sur la ville et pour réfléchir sur ce qui reste de la mémoire. Portez des chaussures confortables et du respect : c'est un lieu à vivre avec prudence, mais qui offre une émotion authentique.

    Fort de la Madonna degli Angeli

    Église du Saint-Esprit : histoire et dévotion à Savone

    Église du Saint-EspritSi vous pensez qu'à Savone il n'y a qu'une seule église du Saint-Esprit, vous vous trompez. Il y en a deux, et elles racontent des histoires très différentes. La plus ancienne, datant d'environ 1300, se dressait dans le quartier de Zinola, voulue par les moines bénédictins de Saint-Eugène sur l'île de Bergeggi. Pendant des siècles, elle a connu des moments de gloire et d'abandon : lors des épidémies de peste, elle fut transformée en lazaret, et elle n'a jamais obtenu le titre de paroisse. Aujourd'hui, malheureusement, elle est en ruine : le toit s'est effondré, les murs sont nus, et seule la façade avec ses arcatures et son portail en arc brisé rappelle l'ancienne splendeur. Les bombardements de la Seconde Guerre mondiale ont aggravé la dégradation, et le clocher d'origine a disparu, remplacé par un simple clocher-mur.

    Mais la communauté n'a jamais cessé de vénérer le Saint-Esprit. À la fin du XIXe siècle, précisément à partir de 1878, une nouvelle église paroissiale fut construite via Nizza, conçue par Cortese A. C'est cette église qui accueille aujourd'hui les fidèles avec des messes quotidiennes (lundi-vendredi à 18h30, samedi à la même heure, dimanche à 8h00 et 10h30) et la récitation du rosaire. L'édifice est sobre mais fonctionnel, et représente le cœur spirituel du quartier. Si vous aimez l'art sacré, vous trouverez quelques pistes intéressantes, mais la véritable richesse est la dévotion vivante. Et si vous êtes passionnés d'archéologie, ne manquez pas une promenade jusqu'à Zinola pour voir les ruines médiévales : un contraste qui parle de résilience et de foi.

    Église du Saint-Esprit

    Musée Historique Archéologique : un plongeon dans le passé de Savone

    Musée Historique Archéologique de SavoneEntrer au Musée Historique Archéologique (ou Màr, comme l'appellent les Savonais) est comme un saut dans le temps. Inauguré en 1990 dans la Loggia du Château Neuf du XVe siècle, sur la Forteresse du Priamàr, ce musée n'est pas qu'une simple collection d'artefacts : c'est un véritable site archéologique vivant. Le parcours s'étend sur deux étages, intégrant les zones de fouilles laissées visibles. Au rez-de-chaussée, on est immédiatement frappé par la nécropole byzantine (IVe-VIIe siècle apr. J.-C.), avec les traces du village des Ligures Sabazi. Un peu plus loin, les vestiges de l'ancienne cathédrale (VIIe-XVIe siècle) racontent des siècles de foi et de transformations. En montant au premier étage, on entre dans le cœur de l'histoire de la ville : des céramiques médiévales et modernes, avec une section dédiée au quartier de San Domenico et au quartier des Cassari. 92 % des artefacts proviennent des fouilles menées par l'Institut International d'Études Ligures, qui, depuis plus de soixante ans, met au jour l'histoire de la colline. Le musée a reçu le Prix Francovich (2016-2017) comme meilleure pratique nationale pour l'agencement et la pédagogie. Les services modernes ne manquent pas : audioguide en 8 langues, parcours tactiles pour non-voyants, QR codes pour approfondir avec son smartphone. Si vous visitez Savone, ne manquez pas ce joyau. Horaires : fermé le lundi ; mardi-vendredi 10h-16h ; samedi et dimanche 10h30-15h30. Plein tarif 5 €, tarif réduit 3 €, gratuit pour les moins de 18 ans. Renseignements : 019 2211770, info@museoarcheosavona.it.

    Musée Historique Archéologique de Savone

    Monument aux Morts : les coups de la mémoire

    Monument aux MortsEn vous promenant à Savone, sur la Place Goffredo Mameli, vous vous trouvez devant un monument qui n'est pas seulement une sculpture : c'est un rendez-vous quotidien avec l'histoire. Le Monument aux Morts, inauguré le 18 septembre 1927 en présence du roi Victor-Emmanuel III, est une œuvre en bronze du sculpteur génois Luigi Venzano. Le bronze ? Il provient de la fusion de canons de la Première Guerre mondiale. Sur les côtés, deux groupes de figures racontent le début et la fin du conflit : d'un côté un vétéran pensif et un soldat partant ; de l'autre une mère âgée pleurant son fils tombé, avec à côté sa belle-fille et son petit-fils. Au centre, quatre figures titanesques soutiennent une cloche, copie de la célèbre Campanassa de Savone. Mais la vraie magie opère chaque jour à 18h00. Depuis près d'un siècle, la cloche sonne 21 coups (un pour chaque lettre de l'alphabet) en mémoire de toutes les victimes des guerres. Pendant une minute, la circulation piétonne et routière de la place s'arrête. Un silence chargé de respect qui vous fait oublier que vous êtes dans une ville moderne. C'est un rituel unique en Italie, né pour commémorer l'armistice et le sacrifice de ceux qui ne sont pas revenus. Le soubassement est en syénite de la Balma, et la première pierre a été posée le 4 novembre 1923. Si vous êtes à Savone, notez l'heure : à 18h, la place devient un monument vivant. Montrez du respect, arrêtez-vous un instant et écoutez. C'est une expérience qui vous lie à l'histoire plus qu'aucune visite guidée.

    Monument aux Morts

    Château Migliardi : un joyau Art nouveau entre histoire et abris

    Château MigliardiSi vous vous promenez à Savone, à Lavagnola, vous tombez sur une demeure qui vous laisse bouche bée : Château Migliardi. Construit entre 1910 et 1911 dans le pur style Liberty, c'est un exemple rare d'architecture bourgeoise avec une façade curviligne qui semble embrasser la rue. Les balcons à balustrade suivent cette même courbe, et les façades sont ornées de motifs floraux qui courent parallèlement aux deuxième et quatrième étages. Un détail qui saute aux yeux ? Les petits balcons latéraux en saillie, raffinés et un peu espiègles.

    Mais la véritable surprise est à l'intérieur : à l'intérieur se cache un cycle pictural du peintre Raffaello Resio, le même qui a peint les fresques du Duomo d'Albenga et de l'église San Francesco à Gênes. Dommage qu'il ne soit pas toujours accessible au public, mais cela vaut le coup d'y jeter un coup d'œil même de l'extérieur.

    Et ce n'est pas tout : le propriétaire, le commandeur Cesare Bertani, pendant la Seconde Guerre mondiale, a fait creuser une galerie de 400 mètres (aujourd'hui inaccessible et à l'abandon) qui servait d'abri anti-aérien pour la population locale. Un morceau d'histoire qui mériterait d'être restauré. Bref, le Château Migliardi n'est pas seulement une beauté Liberty, mais aussi une mémoire vivante.

    Château Migliardi

    La Torretta, symbole de Savone

    TorrettaSi vous vous promenez sur le port de Savone, à l'entrée de la Via Paleocapa, vous vous trouvez devant le symbole de la ville : la Torretta, officiellement la Tour Leon Pancaldo. Haute de 23 mètres avec une base carrée de 6 mètres de côté, cette tour médiévale date du XIVe siècle (mentionnée pour la première fois en 1392) et faisait partie des murailles défensives. Après la conquête génoise de 1527, elle fut abaissée mais épargnée pour la surveillance des pirates. Au XIXe siècle, elle a failli être démolie pour laisser place à une nouvelle route, mais les citoyens l'ont sauvée. Aujourd'hui, elle est dédiée au navigateur savonais Leon Pancaldo, qui participa au premier tour du monde avec Magellan.

    Architecturalement, c'est un joyau : au sommet se dresse la statue de la Vierge de la Miséricorde (1662) de Filippo Parodi, élève du Bernin, accompagnée du distique de Gabriello Chiabrera : « In mare irato, in subita procella, invoco te, nostra benigna stella ». Cette phrase fonctionne à la fois en italien et en latin. Sur la façade côté mer, on trouve la fresque des armoiries de la République de Gênes.

    De nos jours, l'intérieur n'est pas visitable, mais depuis 1990, le rez-de-chaussée abrite le siège du groupe ANMI avec des reliques de la Marine militaire. C'est l'un des endroits les plus photographiés de la ville, surtout au coucher du soleil. Une anecdote : depuis 1989, à 13 mètres de profondeur et à 500 mètres du rivage, se trouve une petite reproduction en céramique de la tour, destination pour les plongeurs. À proximité, sur la jetée, le Monument au Marin de Renata Cuneo rappelle les victimes de la mer. Un lieu qui allie histoire, art et tradition maritime.

    Torretta

    Tempietto Boselli : un joyau de céramique dans les jardins de Savone

    Tempietto BoselliEn vous promenant dans les Jardins Dante Alighieri de Savone, vous tombez sur une petite merveille : le Tempietto Boselli. Ce temple néoclassique, achevé en 1785 par le céramiste savonais Giacomo Boselli, est un véritable joyau de faïence. À l'origine, il se trouvait dans le jardin privé de sa maison via Torino, mais en 1930, il a été démonté et replacé ici pour le sauver de la démolition. L'édifice a un plan hexagonal, avec un dôme et six colonnes ioniques recouvertes de carreaux polychromes. Les médaillons qui le décorent – avec des figures mythologiques et allégoriques – sont inspirés des antiquités d'Herculanum et des céramiques Wedgwood, signe de la culture européenne de Boselli. Parmi les sujets : Apollon à la lyre, Vénus Callipyge, Bellérophon et Pégase. Autrefois, il y avait aussi les bustes en biscuit des parents de Boselli, aujourd'hui au Musée de la Céramique. Le Tempietto est un exemple unique d'architecture néoclassique en Ligurie et en 2018, il a été inscrit par le FAI parmi les « Lieux du Cœur ». Il se trouve à l'intérieur d'une grille de protection, mais on peut l'admirer de l'extérieur. Les jardins sont ouverts tous les jours de l'aube au crépuscule, et l'entrée est gratuite. Apportez un livre et arrêtez-vous sur un banc : l'atmosphère est tranquille, presque hors du temps. Dommage de ne pas pouvoir entrer dans le temple, mais la clôture sert à préserver sa délicate céramique. Pour les amateurs d'art et d'histoire, c'est une étape incontournable.

    Tempietto Boselli

    Le monument à Garibaldi : un regard vers Nice

    Giuseppe GaribaldiSi vous flânez le long de la Promenade en bord de mer de Savone, vous ne pouvez pas manquer la statue équestre de Giuseppe Garibaldi qui domine la Place Héros des Deux Mondes. Réalisée en 1928 par le sculpteur Leonardo Bistolfi, elle mesure environ trois mètres et demi et a été fondue avec du bronze provenant de canons ennemis – un détail qui sent l'histoire. La particularité ? Garibaldi regarde vers Nice, sa ville natale, au lieu de Rome comme la plupart de ses statues. Un choix délibéré qui rend ce monument unique. Sa réalisation fut longue : un comité populaire collecta des fonds dès 1882, mais entre les obstacles politiques et la Première Guerre mondiale, l'inauguration n'eut lieu qu'en 1928, en présence de son petit-fils Ezio Garibaldi. Aujourd'hui, le monument est entouré de jardins et de bancs, parfait pour une pause et un peu de paix. Mais Savone ne se résume pas à cela : Garibaldi visita la ville deux fois. La première en 1859, de passage en diligence vers Nice, accueilli par une foule enthousiaste malgré la pluie. La seconde en 1880, déjà malade, sur une civière : vingt mille personnes l'attendaient à la gare, mais il ne descendit pas du train. Une plaque sur la Place del Brandale rappelle son passage au palais de l'Anziania. Bref, entre mer et histoire, le monument à Garibaldi est un plongeon dans le Risorgimento, mais aussi un lieu où respirer l'air de la mer ligurienne.

    Giuseppe Garibaldi