Rocca des Sanvitale à Noceto : le Château de la Musique

La Rocca des Sanvitale se trouve sur la place Garibaldi à Noceto, dans la province de Parme, et depuis 2005, elle est connue sous le nom de Château de la Musique. Elle conserve une structure médiévale avec donjon, quatre tours d’angle, des murs en brique et une cour abritant un marronnier centenaire. Aujourd’hui, elle abrite le Musée de la Lutherie, le Musée du Disque et l’École internationale de lutherie Renato Scrollavezza.
– La Salle Milli au rez-de-chaussée pour expositions, colloques et mariages.
– Le Musée du Disque B. Slawitz avec 1 268 disques 78 tours antérieurs à 1952.
– La Chambre optique du XIXe siècle, la seule encore en fonctionnement en Italie.
– L’atelier au sommet de la tour avec une vue à 360° sur la plaine.


Événements aux alentours


Copertina itinerario Rocca des Sanvitale à Noceto : le Château de la Musique
Au cœur de Noceto, la Rocca des Sanvitale est le Château de la Musique : donjon, tours d’angle, Musée de la Lutherie, Musée du Disque et l’École internationale de lutherie.

À savoir


Introduction – Rocca dei Sanvitale à Noceto : Château de la Musique

Au cœur de Noceto, à deux pas de la Piazza Garibaldi, la Rocca dei Sanvitale n’est pas le château de carte postale habituel : elle est petite, compacte, et vous captive par une atmosphère suspendue entre pierre ancienne et musique. On l’appelle Château de la Musique depuis le 23 décembre 2005, date à laquelle elle a été inaugurée comme lieu culturel. Ici cohabitent le Musée de la Lutherie, le Musée du Disque et diverses associations musicales. Le donjon, les tours d’angle et la cour avec son marronnier centenaire créent un coin intime, presque surprenant pour un centre historique de plaine. Ne vous attendez pas à un palais : c’est une forteresse qui a vécu, transformée à plusieurs reprises, que l’on visite aujourd’hui avec curiosité. L’entrée par le parc intérieur et les salles restaurées racontent une longue histoire, faite de sièges, de restaurations et de renaissances musicales. Pour qui passe par Parme, c’est un détour intelligent.

Repères historiques

Les premières attestations d’un fort remontent à 1226, lorsque la faction guelfe de Parme s’installa ici. La fortification d’origine fut probablement édifiée au début du XIIIe siècle par les Pallavicino ; au XVe siècle, la structure actuelle fut reconstruite par Pier Maria de’ Rossi pour les Sanvitale. En 1402, les Sanvitale s’établirent à Noceto, mais le château subit des sièges et des changements de propriété. En 1551, pendant la guerre de Parme, il fut occupé par les milices impériales. En 1612, après la conjuration contre Ranuccio Ier Farnèse, il passa aux marquis Dalla Rosa, avant de revenir ensuite aux Sanvitale. Avec les édits napoléoniens de 1805, il fut confisqué ; en 1938, il devint propriété de la commune de Noceto. Après la Seconde Guerre mondiale, il servit aussi de salle de bal. Depuis 1998, les restaurations ont mis au jour les anciennes structures ; en 2005 est né le Castello della Musica.

  • 1226 : premières attestations du fort
  • XVe siècle : reconstruction pour les Sanvitale
  • 1612 : conjuration et passage aux Dalla Rosa
  • 1805 : confiscation napoléonienne
  • 1938 : acquisition par la commune de Noceto
  • 2005 : inauguration du Castello della Musica

Le donjon, les tours et la cour

La forteresse se développe autour de l’ancien donjon, la partie la plus ancienne et la plus reconnaissable. Le périmètre extérieur des murs est de forme légèrement trapézoïdale, avec quatre tours circulaires aux angles ; le corps de bâtiment à gauche du noyau central s’élève sur trois étages plus le sous-sol. Les façades en brique portent les traces des destructions subies, mais conservent des corbeaux avec mâchicoulis et des merlons gibelins partiellement visibles. À droite du donjon, un escalier extérieur mène à l’ancienne entrée, autrefois équipée d’un pont-levis. Aujourd’hui, les douves n’existent plus : à leur place se trouve un parc intérieur avec des végétaux centenaires et un grand marronnier qui domine la cour. Au rez-de-chaussée, la salle principale du donjon accueille des expositions temporaires ; au premier étage se trouvent les musées. Depuis le dernier niveau du donjon, on découvre une vue sur la plaine environnante. L’atelier au sommet de la tour, utilisé par l’École de lutherie, offre un panorama à 360°.

Musée de la Lutherie et Musée du Disque

En montant à l’étage noble, on pénètre au cœur du Château de la Musique. Le Musée de la Lutherie rassemble des instruments à archet et à cordes pincées construits par le maître Renato Scrollavezza et par les membres de la Lutherie Parmesane. Dans le même bâtiment se trouve l’École Internationale de Lutherie Renato Scrollavezza, fondée en 1975 au sein du Conservatoire Arrigo Boito de Parme. Le Musée du Disque conserve la collection donnée en 1972 par le journaliste sportif Bruno Slawitz : 1268 disques 78 tours antérieurs à 1952, 400 opéras complets et 450 titres symphoniques. Il y a également des postes informatiques d’écoute. Au rez-de-chaussée, la Salle Milli, utilisée pour des expositions, des congrès et des mariages, et la salle Gildo Mellin. La Salle Rossellini est équipée pour les visioconférences et les projections, avec des films didactiques sur la fabrication des instruments à archet. Depuis la Piazza Garibaldi, on accède aux locaux de la Proloco.

Légendes, bassin votif et Camera Ottica

La Rocca n’est pas seulement un ensemble de musées. Ici, des histoires curieuses et des légendes se mêlent. En 2004, un bassin votif des Terramare a été découvert, profond d’environ deux mètres et remontant à l’âge du bronze, avec des vestiges à l’intérieur ; sa fonction reste incertaine, peut-être liée à un rite funéraire. Il y a ensuite la légende des « muroni » : des esprits agités de soldats en armure et armés de haches qui erreraient entre le château et les ruines d’une ancienne demeure. On raconte qu’avant la bataille de Legnano de 1176, les seigneurs du château ont emmuré vivants les soldats qui gardaient un trésor jamais retrouvé. Mais pour moi, la pièce maîtresse est la Camera Ottica : la seule encore en fonctionnement en Italie, remontant aux années 1800. Grâce à deux miroirs concaves, elle reflète une image renversée de la place située devant, permettant d’observer sans être vu.

Pourquoi le visiter

Trois raisons concrètes. D’abord : c’est un château-forteresse abritant des musées, pas une simple façade ; la visite mêle architecture, lutherie et discographie historique. Ensuite : la Chambre optique est un petit prodige, la seule en fonctionnement en Italie, et vaut à elle seule le détour. Enfin : le Musée du Disque de Bruno Slawitz est une machine à remonter le temps pour les passionnés de lyrique et de symphonique, avec 1 268 disques 78 tours antérieurs à 1952. Et puis il y a l’atmosphère : la cour avec son marronnier d’Inde, les briques marquées par le temps, la vue depuis le sommet du donjon. La Rocca fait partie du circuit de l’Association des Châteaux du Duché de Parme, Plaisance et Pontremoli, et s’intègre donc parfaitement à un itinéraire entre forteresses. Ce n’est pas un lieu immense ; c’est justement pour cela qu’on le visite tranquillement, sans se presser. Pour qui aime la musique, c’est une étape presque incontournable.

Quand y aller

Le meilleur moment ? Un matin limpide, lorsque la lumière entre dans la cour et embrase les briques ; ou bien en fin d’après-midi, avec le soleil bas qui réchauffe les façades. Au printemps ou au début de l’automne, le marronnier et le parc intérieur sont à leur meilleur, sans la chaleur écrasante de l’été. Si tu le peux, choisis une journée pas trop fréquentée : la forteresse est petite et le silence entre ses murs fait partie du charme. En hiver, l’atmosphère est plus intime, presque médiévale, et les salles du musée invitent à s’attarder. Évite les heures les plus chaudes des journées torrides, quand la cour peut devenir une fournaise. La vue depuis le sommet est plus saisissante quand l’air est limpide, peut-être après une pluie qui nettoie l’horizon. Une journée entière n’est pas nécessaire : deux heures suffisent pour les musées, la cour et une halte sur la piazza Garibaldi.

Aux alentours

Si vous avez déjà inscrit la Rocca dei Sanvitale à votre programme, vous pouvez élargir la boucle en restant dans la province de Parme. À Fontanellato se trouve la Rocca Sanvitale, une autre forteresse de la même famille : ici, la visite s’enrichit de fresques et d’une histoire différente, mais complémentaire. C’est une comparaison intéressante entre deux rocche Sanvitale. Ou bien misez sur Parme : son centre historique avec le Duomo, le Baptistère et les musées est un aimant pour les amoureux d’art et de bonne cuisine. Les deux destinations s’intègrent bien au thème des Châteaux du Duché, le circuit dont fait aussi partie Noceto. Ne vous attendez pas à des distances énormes : ce sont des étapes faciles à combiner. Et s’il vous reste du temps, la campagne parmesane alentour offre des villages et des produits typiques à découvrir tranquillement.

Itinéraires aux alentours


💡 Peut-être que vous ne saviez pas que…

Entre ses murs se raconte la légende des muroni : des esprits de soldats en armure qui, selon la tradition, furent emmurés vivants avant la bataille de Legnano (1176) pour garder un trésor jamais retrouvé. En 2004, près de la Rocca, a été mise au jour une vasque votive de l’âge du bronze profonde de deux mètres, avec des vestiges peut-être liés à un rite funéraire. Un détail qui rend Noceto unique.