Que voir dans la Province de Latina : mer, parcs et villages

🧭 À quoi s’attendre

  • Idéal pour les amoureux de la nature, de la mer et de l’histoire
  • Points forts : Oasis de Ninfa, Circeo, villages authentiques comme Sermoneta
  • Activités : randonnée, snorkeling, visites culturelles
  • Meilleure période : printemps et été
  • Conseil : ne manquez pas le coucher de soleil depuis le Phare du Cap Circeo

Événements aux alentours


La Province de Latina est un concentré de merveilles : de la luxuriante Oasis de Ninfa au Parc National du Circeo, des plages de Sperlonga aux villages médiévaux de Sermoneta et Cori. Vous y trouverez une mer cristalline, des zones protégées idéales pour la randonnée et des sites archéologiques comme Minturnae et la Villa de Tibère. Sans oublier les îles de Ponza et Ventotene, parfaites pour des escapades romantiques. Dans cet article, je vous emmène à la découverte des lieux incontournables de la province, entre nature sauvage, histoire millénaire et paysages de carte postale. Préparez-vous pour un itinéraire mêlant détente et aventure, idéal pour tout type de voyageur.

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Itinéraires aux alentours


Oasis de Ninfa : le plus beau jardin du monde

Oasis de NinfaEn voyageant dans la province de Latina, il existe un lieu qui semble sorti d’un rêve : l’Oasis de Ninfa. Déclaré monument naturel en 2000, ce jardin de plus de 8 hectares est considéré par le New York Times comme le plus beau du monde. Et oui, dès que vous y mettez les pieds, vous comprenez pourquoi. Le parfum des rosiers grimpants se mêle au chant des oiseaux (plus de 100 espèces y nichent), et les ruines de la cité médiévale de Ninfa – détruite en 1382 – émergent parmi les cerisiers, les magnolias et les érables japonais. Ce n’est pas seulement un jardin, c’est une expérience. Il abrite plus de 1300 variétés de plantes, dont beaucoup d’exotiques, comme le noyer d’Amérique et le bambou chinois. L’histoire est celle des Caetani, qui possèdent cette zone depuis 1298 : c’est Gelasio Caetani, dans les années 1920, qui a assaini et transformé les ruines en un romantique jardin à l’anglaise. Aujourd’hui, il est géré par la Fondation Roffredo Caetani, qui en prend soin. Parmi les choses à voir, ne manquez pas le petit lac avec la tour crénelée haute de 32 mètres, les vestiges de cinq églises (avec fresques détachées et conservées au château de Sermoneta) et le célèbre Pont du Macello. Le jardin n’est ouvert qu’à des dates prédéfinies – consultez le site officiel pour les horaires et les réservations – et l’entrée coûte environ 15 euros. Un conseil ? Arrivez tôt : les visites guidées durent une heure et le temps file. Si vous êtes pressé, depuis Rome il faut compter environ une heure et demie en empruntant la Pontina. Une oasis de paix qui en vaut vraiment la peine.

Oasis de Ninfa

Parc Archéologique de l’Antique Norba : un voyage dans le temps entre ruines et panoramas

Parc Archéologique de l'Antique NorbaSi vous pensez que Pompéi est la seule ville romaine ‘figée dans le temps’, préparez-vous à changer d’avis. Le Parc Archéologique de l’Antique Norba, à deux pas de Norma, est un joyau caché qui vous coupera le souffle. Fondée par les Latins au Ve siècle av. J.-C. puis colonie romaine, Norba fut détruite en 81 av. J.-C. pendant la guerre entre Marius et Sylla : les habitants, plutôt que de se rendre, incendièrent la ville et se jetèrent de la falaise. Depuis lors, personne n’y a plus construit, nous offrant un site archéologique incroyablement authentique.

Ce qui frappe immédiatement, ce sont les murs en appareil polygonal, hauts jusqu’à 12 mètres et parfaitement conservés sur plus de 2,5 km. Entrez par la Porta Maggiore, défendue par un bastion semi-circulaire, et parcourez les rues pavées de dalles calcaires. Vous remarquerez les trottoirs, les égouts encore fonctionnels et les vestiges des domus avec leurs impluviums pour la collecte des eaux pluviales. Au centre de la ville se trouvent les thermes monumentaux avec un bassin ovale et un frigidarium voûté. Montez sur l’Acropole Mineure, où se dressent les soubassements de deux temples, et profitez d’une vue imprenable sur la Plaine Pontine jusqu’à la mer.

Le Sanctuaire de Junon Lucine, sur le bord sud-ouest, est l’un des lieux les plus fascinants : dédié à la fertilité et à la naissance, il conserve le temple avec pronaos et cella entre le IVe et le IIIe siècle av. J.-C. D’ici, par temps clair, on voit le Circeo. Et si vous aimez les sensations fortes, sachez que le plateau est l’un des meilleurs spots de parapente d’Europe.

L’entrée est gratuite, sans guides fixes. Pour les visites guidées (groupes de 10 personnes minimum, réservation 48 heures à l’avance), contactez le Musée Civique Archéologique de Norma au 0773.1710161 ou écrivez à cultura@comune.norma.lt.it. Le parc est toujours ouvert, mais le printemps et l’automne offrent les températures les plus agréables.

Parc Archéologique de l’Antique Norba

Château Caetani de Sermoneta : une forteresse dominant la plaine pontine

Château Caetani de SermonetaPerché sur la colline du bourg médiéval de Sermoneta, le Château Caetani est l’une des forteresses les mieux conservées du Latium. Ses origines remontent au XIIIe siècle, lorsque la famille Annibaldi construisit l’imposant Donjon, une tour de 42 mètres de haut, et la contretour appelée Maschietto. En 1297, il passa aux Caetani, qui l’agrandirent et le transformèrent en demeure noble. Aujourd’hui, le château est géré par la Fondation Roffredo Caetani et se visite sur réservation.

En se promenant dans ses salles, on respire une atmosphère unique : les Chambres Peintes décorées de fresques mythologiques, la salle des Barons avec ses arcs brisés, et la Maison du Cardinal, où, selon la tradition, Lucrèce Borgia a séjourné. Dans la tour du Donjon, le lit à baldaquin original du seigneur est encore conservé, et sur un mur, on remarque une portée musicale gravée par le compositeur Roffredo Caetani. Il ne manque pas une touche de mystère : on dit que l’esprit d’un enfant hante le château, son portrait étant exposé dans la salle du Cardinal.

Le château a également servi de décor de cinéma : des scènes du film « Non ci resta che piangere » avec Benigni et Troisi, ainsi que du « Conte des contes » de Matteo Garrone y ont été tournées. Depuis la terrasse, la vue s’étend sur la plaine pontine jusqu’à la mer, offrant un panorama à couper le souffle.

Pour la visite, mieux vaut réserver : le billet plein tarif coûte environ 8 € et les ouvertures sont concentrées le week-end. Portez des chaussures confortables, car le bourg se découvre entièrement à pied.

Château Caetani de Sermoneta

Abbaye de Valvisciolo : entre Templiers et silence

Abbaye cistercienne de ValviscioloL’Abbaye cistercienne de Valvisciolo, dédiée à Saint-Étienne, est un de ces lieux qui vous coupent le souffle. Perchée au pied du Monte Corvino, à environ 100 mètres d’altitude, elle domine la plaine pontine jusqu’à la mer. Son nom, peut-être « Vallée du Rossignol » ou « Vallée des Cerises », évoque d’emblée une atmosphère suspendue dans le temps.

L’histoire ici est un fascinant entrelacs : elle commence avec des moines basilien au VIIIe siècle, puis viennent les Templiers (entre le XIIe et XIVe siècle), et enfin les Cisterciens. Ce sont les Templiers qui ont laissé des traces indélébiles : sur la grande rosace de 5 mètres de diamètre figure une croix templière, et dans le cloître sont gravés des symboles comme la Triple Enceinte et le célèbre « SATOR AREPO TENET OPERA ROTAS », un palindrome disposé en anneaux concentriques – unique en son genre. Selon la légende, une fissure sur le linteau du portail se serait ouverte lors du bûcher de Jacques de Molay en 1314.

Le cloître est le cœur du monastère : un carré avec des colonnettes jumelées et des chapiteaux sculptés, autour d’un jardin avec un puits. Il donne accès à la salle capitulaire et au réfectoire. L’église, à trois nefs, est dépouillée selon le style cistercien, mais dans la chapelle Saint-Laurent se distinguent les fresques du Pomarancio (1586-1589).

La visite est libre et gratuite. L’entrée se fait par la Via Badia, 14 à Sermoneta. En déambulant entre ces murs anciens, écoutant le silence troublé seulement par le vent, vous vous sentez partie d’une histoire millénaire. Incontournable si vous êtes dans la région et aimez les lieux chargés de mystère.

Abbaye cistercienne de Valvisciolo

Phare du Cap Circeo : histoire et panoramas à couper le souffle

Phare du Cap CirceoSi vous êtes à San Felice Circeo, ne manquez pas le Phare du Cap Circeo, un joyau de 1866 qui domine la côte depuis près de 38 mètres au-dessus du niveau de la mer. Construit sous le pape Pie IX, ce phare est toujours en activité et offre un panorama de carte postale sur la mer Tyrrhénienne et les îles Pontines. La tour haute de 18 mètres, recouverte de carreaux de faïence blanche pour résister au sel et au vent, est un véritable spectacle. Pour y accéder, on emprunte la via del Faro, une ancienne route romaine – gardez un œil sur le panneau romain gravé dans la roche juste après le premier virage. Au bout, un espace pour se garer, puis un court escalier vous mène à un belvédère sur les rochers. L’endroit est tranquille, fréquenté par les randonneurs et les cyclistes. Si vous voulez vous baigner, il est facile d’accéder à la mer depuis les rochers, mais avec des chaussures de rocher et seulement si la mer est calme. À côté du phare, il y a aussi un restaurant avec une terrasse panoramique à pic, parfait pour un apéritif au coucher du soleil. Bref, un lieu qui allie histoire, nature et détente.

Phare du Cap Circeo

Mausolée de Lucius Munatius Plancus : un géant romain sur Monte Orlando

Mausolée de Lucius Munatius PlancusAu sommet du Monte Orlando, à 166 mètres au-dessus de la mer, se dresse un monument qui vous laissera bouche bée : le Mausolée de Lucius Munatius Plancus. Non seulement par ses dimensions – près de 30 mètres de diamètre et 9 de haut – mais par l’histoire qu’il raconte. Construit vers 22 av. J.-C., c’est le tombeau du général romain qui proposa le titre d’« Auguste » pour Octavien, fonda Lyon et Bâle et se réserva cet emplacement avec une vue spectaculaire. Les Gaetans l’appellent Torre d’Orlando, mais c’est un cylindre parfait en opus quadratum, avec une frise dorique qui s’étend sur 93 mètres. À l’intérieur, quatre cellules disposées en croix abritent un petit antiquarium et une copie de la statue du consul. La vraie surprise ? Après une immense restauration (fonds PNRR et Région Latium), il est aujourd’hui ouvert les week-ends et en été, avec une navette électrique gratuite depuis le parking Spaltoni. On monte, on admire le panorama – du Circeo aux îles Pontines, jusqu’au Vésuve – et on comprend pourquoi Plancus a choisi cet endroit. L’inscription sur la porte énumère ses exploits : consul, censeur, triomphateur sur les Rhètes. Une plongée dans la Rome républicaine, à deux pas de la mer.

Mausolée de Lucius Munatius Plancus

Villa de Tibère : l’héritage impérial dans la grotte de Sperlonga

Villa de TibèreS’il est un lieu qui incarne l’essence de la côte du Latium, c’est la Villa de Tibère à Sperlonga. Découverte par hasard en 1957 lors des travaux de la Via Flacca, cette résidence impériale du Ier siècle apr. J.-C. est un joyau archéologique qui vous laisse bouche bée. L’empereur Tibère, qui fuyait ici la politique de Rome, a transformé une grotte naturelle en un somptueux nymphée, avec des bassins d’eau de mer et des sculptures colossales inspirées de l’Odyssée. Le complexe s’étend sur environ 300 mètres le long de la côte, avec des thermes, des casernes et une pisciculture. Le cœur du site est la grotte, où l’on banquetait autrefois sur une île artificielle entourée d’eau. Ici, en 26 apr. J.-C., un éboulement a failli coûter la vie à l’empereur, sauvé par le préfet Séjan. Aujourd’hui, les fragments de marbre récupérés sont exposés au Musée Archéologique National de Sperlonga, ouvert en 1963. Quatre groupes sculpturaux vous racontent les exploits d’Ulysse : le groupe de Scylla, l’aveuglement de Polyphème, le rapt du Palladium et Ulysse traînant le corps d’Achille. Restaurés avec patience, ces chefs-d’œuvre – œuvre des mêmes sculpteurs que le Laocoon du Vatican – vous font ressentir l’épopée homérique. En vous promenant parmi les ruines, avec le parfum de la mer et la vue sur le golfe de Gaète, vous comprenez pourquoi Tibère aimait cet endroit. La visite dure environ une heure ; portez des chaussures confortables et apportez de l’eau, car en été le soleil tape fort. Le billet coûte 5 euros (tarif réduit 2), et le site est fermé le lundi. Un lieu qui allie histoire et nature, parfait pour ceux qui recherchent l’authenticité.

Villa de Tibère

Minturnae : un plongeon dans la Rome antique, entre théâtre et aqueduc

MinturnaeSi vous passez par Minturno, ne manquez pas le Parc Archéologique de Minturnae. C’est un endroit qui vous fait faire un bond en arrière de 2300 ans, là même où se dressait une ancienne ville portuaire. Fondée par les Romains en 296 av. J.-C. après avoir détruit le peuplement aurunco, Minturnae contrôlait le passage du Garigliano sur la Via Appia. Aujourd’hui, vous marchez sur les mêmes routes en blocs de lave basaltique du Decumanus Maximus. Le théâtre est la pièce maîtresse : construit au Ier siècle apr. J.-C., il pouvait accueillir plus de 4 000 spectateurs et est encore utilisé pour des spectacles estivaux. Sous la cavea se trouve le musée avec des statues acéphales et des objets du fleuve. Non loin, les imposantes arcades de l’aqueduc romain (long de 11 km) croisent l’Appia moderne. Ne manquez pas le Ponte Borbonico (Ponte Real Ferdinando), un joyau d’ingénierie de 1832 avec des chaînes en fer, le premier du genre en Italie. Et si vous voulez, visitez les ruines du Temple de la nymphe Marica près de l’embouchure. Le site est ouvert toute l’année (8h30-19h00 en été, 8h-16h en hiver), billet 5€, accessible à tous. Apportez des chaussures confortables et beaucoup de curiosité – ici chaque pierre raconte une histoire.

Minturnae

Château Baronnal de Fondi : plongée dans l’histoire entre murs médiévaux et panoramas époustouflants

Château Baronnal de FondiSi vous passez par Fondi, le Château Baronnal (ou Caetani) est une étape obligatoire. Il se dresse en plein sur la place, imposant et silencieux, avec ses murs qui racontent des siècles d’histoire. La construction commença en 1319 sous l’impulsion de Roffredo Caetani, arrière-petit-fils du pape Boniface VIII, et fut agrandie au cours des siècles suivants. Le résultat ? Un mélange de styles qui saute aux yeux : un donjon carré du XIIIe siècle supportant une tour cylindrique du XVe, le tout couronné de créneaux et de corbeaux. Le château repose sur des murs romains du Ier siècle avant J.-C., une stratification émouvante. À l’intérieur, le Musée Civique expose des vestiges lapidaires et céramiques romains, mais la véritable curiosité sont les graffitis des prisonniers dans les locaux qui servirent de prison jusqu’en 1931. Montez sur la terrasse : la vue sur la plaine de Fondi, entre montagnes et mer, est à ne pas manquer. Et puis, sachez qu’ici fut élu l’antipape Clément VII en 1378, événement qui valut à Fondi le surnom de ‘cité de Satan’. Aujourd’hui, heureusement, le château est un lieu de paix, parfait pour une visite culturelle. Les horaires suivent ceux du musée : en hiver du lundi au vendredi 9h-13h et 16h-20h, samedi et dimanche 9h30-12h30 et 16h-20h30. Vérifiez avant d’y aller, car ils peuvent changer. Bref, une plongée dans le Moyen Âge que je recommande à tous.

Château Baronnal de Fondi

Cori : un balcon sur les Monts Lépins entre temples et murs polygonaux

CoriPerché sur les Monts Lépins à près de 400 mètres d’altitude, Cori fait partie de ces villages qui vous séduisent d’emblée. Ses origines ? Antique Cora, cité latine de l’Âge du Bronze, puis municipe romain. En vous promenant dans le centre, vous tombez sur des murs polygonaux longs de près de 2 km : un anneau parfait avec des portes comme Porta Romana et Porta Ninfina, datant du VIe-Ve siècle av. J.-C. En montant jusqu’à l’acropole, le Temple d’Hercule vous laisse bouche bée : huit colonnes doriques hautes de 7 mètres, qui se découpent sur la mer de la Plaine Pontine. Il date du Ier siècle av. J.-C. et la vue est époustouflante. Un peu plus loin, les ruines du Temple de Castor et Pollux avec ses colonnes corinthiennes. Les cultes païens côtoient ici les cultes chrétiens : l’Église Santa Maria della Pietà, romane du XIIe siècle, s’élève sur un temple romain, tandis que le Sanctuaire de la Madonna del Soccorso (XVIe siècle) possède un intérieur baroque et une coupole du XVIIe siècle. Si vous aimez les fresques, ne manquez pas la Chapelle dell’Annunziata, monument national avec des peintures des XIVe-XVe siècles. Pour respirer l’atmosphère du village, empruntez la Via del Porticato, une ancienne rue couverte de maisons et de tours, et arrêtez-vous sur la Piazza Pozzodorico, qui cache un édifice romain du IIe siècle av. J.-C. En contrebas, le Pont romain de la Catena, arc haut de 20 mètres du Ier siècle av. J.-C. Les palais nobiliaires comme le Palazzo Landi-Vittori et le Palazzo del Comune (XIIe siècle) complètent le tableau. Pour une pause verdure, le Parc de l’Empire relie la partie haute et basse du village. Et n’oubliez pas de goûter le jambon cuit au vin et les ‘Mbriachelle al mosto, pâtisseries typiques. Bref, Cori est un joyau qui mérite une journée (ou plus).

Cori

Tombeau de Cicéron : le mausolée sur l’Appienne

Tombeau de CicéronSi vous passez par Formia le long de la Voie Appienne, juste après le km 139, vous tombez sur une masse imposante : c’est le Tombeau de Cicéron. Un mausolée haut de 24 mètres, avec une base carrée de 18 mètres et une tour cylindrique faite d’anneaux de pierre, autrefois revêtue de marbre. Au sommet, une cellule funéraire circulaire avec six niches et un pilier central.

L’attribution à Cicéron est incertaine – aucune épigraphe ne le confirme – mais les indices sont forts : il y avait l’une de ses villas, et le 7 décembre 43 av. J.-C., il fut tué par les sicaires de Marc Antoine. Les dimensions du sépulcre laissent penser à un personnage illustre. La tradition locale est si ancrée qu’à l’arrière-plan on voit les ruines du Tombeau de Tulliola, sa fille morte en couches.

Jusqu’en 1938, le tombeau était privé et – incroyable mais vrai – un âne y habitait ! Un article du Giornale d’Italia de 1934 fit scandale, et grâce à l’archéologue Amedeo Maiuri et au podestat Felice Tonetti, on procéda à l’expropriation pour 20 000 lires. Aujourd’hui, le site est public, mais pour le visiter, il faut réserver au Musée Archéologique National de Formia (tél. 349.5328280).

Attention : l’accès peut être limité, mais cela vaut le coup. En arrivant par l’Appienne, outre la chaussée pavée en basalte, vous verrez deux belles portes latérales, dont une de style grec. C’est l’un des endroits les plus évocateurs du Latium, où l’histoire ancienne se mêle à une pointe de légende.

Tombeau de Cicéron

Château Frangipane : la Rocca Traversa de Terracina

Château FrangipaneAu sommet de la ville haute de Terracina, le Château Frangipane (ou Rocca Traversa) est un joyau médiéval qui a résisté aux siècles et aux bombardements. Construit à partir du Xe siècle sur une base romaine, il fut agrandi par les Frangipane au XIIe siècle – qui le reçurent en fief du pape Célestin II – puis encore au XVe siècle. Aujourd’hui, après avoir été gravement endommagé pendant la Seconde Guerre mondiale et une restauration qui a duré de 1998 à 2005, il est enfin ouvert au public depuis le 1er mai 2019.

En entrant, on remarque immédiatement l’imposant donjon central et ce qui reste de l’aile sud. Sur le mur est, deux inscriptions rappellent les travaux voulus par le pape Eugène III (1145-1153). L’atmosphère est celle d’un lieu qui a vécu tant de choses : des luttes entre familles nobles à l’abandon, jusqu’à la renaissance. Pour le visiter, il suffit d’une contribution minimale de 3 euros (gratuit pour les membres de la Fondation et les enfants) et l’accès est de 9h00 à 12h30 et de 15h30 à 18h30. Un plongeon dans l’histoire qui semble presque palpable.

Château Frangipane

Prison de Santo Stefano : la ‘tombe des vivants’

Prison de Santo StefanoÀ un mille de Ventotene, l’île de Santo Stefano abrite l’une des prisons les plus fascinantes et dramatiques d’Italie. Construite entre 1795 et 1797 sous l’ordre de Ferdinand IV de Bourbon, la prison fut conçue par l’architecte Francesco Carpi s’inspirant du Panoptique de Jeremy Bentham : une structure en fer à cheval avec 99 cellules réparties sur trois niveaux – appelés « enfer », « purgatoire » et « paradis » – de sorte qu’un seul gardien pouvait surveiller tous les détenus sans être vu. Les conditions étaient très dures : cellules exigües, hygiène insuffisante et abus fréquents, si bien que la prison était surnommée la « tombe des vivants ». Y ont purgé leur peine des personnages comme l’écrivain Luigi Settembrini, l’anarchiste Gaetano Bresci (assassin du roi Umberto Ier) et, pendant le fascisme, le futur président Sandro Pertini ainsi que les fédéralistes Altiero Spinelli et Ernesto Rossi, qui rédigèrent dans ces mêmes cellules le Manifeste de Ventotene, considéré comme un acte fondateur de l’Union européenne. La prison ferma définitivement le 2 septembre 1965. Après des décennies d’abandon, en 2016 un important projet de restauration a été lancé, financé à hauteur de 70 millions d’euros, visant à transformer l’île en un pôle culturel et de haute formation. Les travaux de sécurisation sont déjà en cours, et le site est visitable après vérification auprès de la municipalité de Ventotene. Une étape incontournable pour les amateurs d’histoire et le sens profond des lieux.

Prison de Santo Stefano

Phare de Punta della Guardia : le phare qui veille sur Ponza

Phare de Punta della GuardiaLe Phare de Punta della Guardia est l’un des symboles les plus fascinants de Ponza. Construit en 1886, il se dresse sur un îlot rocheux haut de 112 mètres à l’extrémité sud de l’île, dominant la mer Tyrrhénienne. Sa tour blanche (haute d’environ 17 à 20 mètres) émet des éclairs visibles jusqu’à 24 milles nautiques, un phare puissant qui a guidé les navigateurs pendant plus d’un siècle. Initialement gardé par trois gardiens, il a été automatisé en 1975, mais son histoire est encore vivante dans les récits des anciens Ponzains. Aujourd’hui, le phare est au centre d’un projet de réhabilitation : une société de Cagliari a obtenu la concession pour transformer les bâtiments annexes en un hôtel de luxe, tout en maintenant la tour active. L’accès est une aventure : on part de la Piazza Vitiello, on suit un sentier creusé dans la roche appelé « la Scarrupata », qui offre des vues à couper le souffle mais est partiellement impraticable depuis 2017 (mieux vaut se renseigner avant). Ceux qui arrivent sont récompensés par un panorama unique sur les côtes de Ponza, Palmarola et Zannone, et par une mer intacte idéale pour le snorkeling. Si vous aimez les lieux authentiques, mettez le phare en tête de liste – peut-être au coucher du soleil, quand la lumière teinte la tour de rouge et que le parfum du maquis méditerranéen vous accompagne.

Phare de Punta della Guardia

Parc Urbain Monte Orlando : une plongée entre nature et histoire

Parc Urbain Monte OrlandoS’il y a une chose qui m’a frappé au Parc Urbain Monte Orlando, c’est sa capacité à mêler nature et histoire sur un coin de terre à pic sur la mer. Étendu sur 58 hectares (dont 7 marins), ce promontoire haut de 171 mètres a été créé en 1986 et fait aujourd’hui partie du Parc régional Riviera d’Ulysse. C’est le prolongement des Monts Aurunces vers la Tyrrhénienne, et dès que vous mettez le pied sur les sentiers, vous comprenez pourquoi : la vue s’étend du Golfe de Gaète jusqu’aux îles Pontines et au Vésuve par temps clair.

La pièce maîtresse est le Mausolée de Lucius Munatius Plancus, un imposant tombeau romain de 22 av. J.-C. qui domine le sommet avec ses 29,5 mètres de diamètre. De là partent des itinéraires comme le Sentier du Loir (moins d’un kilomètre) qui s’enfonce dans le maquis méditerranéen jusqu’à la Batterie Annulaire, une fortification souterraine bourbonienne avec des rails pour le transport des munitions. Mais le parcours le plus suggestif est celui qui mène à la Montagne Fendue, une gorge profonde de 92 mètres creusée dans la roche, et à la Grotte du Turc voisine : un escalier vous permet de descendre jusqu’à l’eau qui borde la falaise.

La végétation est typique du maquis méditerranéen : chênes verts, pins d’Alep, et sur les falaises, agaves et palmiers nains. Et si vous êtes passionné d’escalade, les falaises à pic sur la mer offrent des voies libres et sportives (attention : celles équipées ne sont autorisées que du 1er août au 20 février). Je vous conseille de le visiter au printemps ou en automne, quand le soleil n’est pas trop fort, et d’emporter beaucoup d’eau : le parc est très exposé. Des chaussures à semelle crantée et une curiosité historique sont nécessaires pour profiter de cette perle de Gaète.

Parc Urbain Monte Orlando