Que voir à Lodi : circuit entre chefs-d’œuvre et places


🧭 À quoi s’attendre

  • Idéal pour un week-end culturel hors des circuits de masse
  • Le Temple de l'Incoronata est l'un des joyaux de la Renaissance lombarde
  • Excellente gastronomie avec des plats typiques comme la torta di pane
  • Parcours à pied dans le centre historique bien conservé
  • Atmosphère authentique loin du tourisme de masse

Événements aux alentours


Lodi, chef-lieu de la province du même nom, est une ville qui surprend par son patrimoine artistique et son atmosphère authentique, souvent négligée par les grands flux touristiques. Cet article vous guide à travers les étapes incontournables : du Temple civique de la Bienheureuse Vierge Incoronata – chef-d'œuvre de Bramante – au Château Visconti, symbole du pouvoir médiéval. En vous promenant sur la Place de la Victoire, cœur battant de la ville, vous pourrez admirer des palais historiques et l'Église Saint-François. Les musées ne manquent pas : le Musée civique et la Collection anatomique Paolo Gorini offrent des curiosités. Et pour les gourmands, la tradition lodigienne propose des plats comme la torta di pane et les charcuteries locales. Parfait pour une excursion d'une journée ou un week-end hors de la ville, Lodi vous offre une expérience authentique à deux pas de Milan. Découvrez quoi voir à Lodi dans cet itinéraire qui allie art, histoire et saveurs.

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Temple civique de la Bienheureuse Vierge Incoronata : un joyau de la Renaissance

Temple civique de la Bienheureuse Vierge IncoronataÀ deux pas de la Piazza della Vittoria, caché dans une rue étroite, le Temple civique de la Bienheureuse Vierge Incoronata est une de ces surprises qui vous laissent bouche bée. Vous ne vous y attendez pas, et pourtant il est là, avec son plan octogonal qui émerge entre les immeubles. Vous ne le savez peut-être pas, mais ce temple est né d'un fait incroyable : en 1487, une fresque de la Vierge, peinte sur un bordel, se mit à pleurer. Les gens y virent un signe et ainsi, grâce à la Commune (qui en est encore propriétaire), la construction commença. L'architecte fut Giovanni Battagio, élève de Bramante, qui mit la main à l'œuvre en 1488. Puis arriva Dolcebuono et en 1493, le joyau était prêt. C'est le premier exemple de plan centré de la Renaissance en Italie du Nord, et cela se voit. À l'intérieur, c'est un triomphe de décorations : fresques, dorures, stucs. L'éclairage est merveilleusement étudié, avec la lumière qui tombe d'en haut et fait briller tout. Les œuvres sont un concentré d'art lombard : le Bergognone, avec ses tableaux dans la chapelle Saint-Paul, et la famille Piazza, qui travailla ici pendant des années. Callisto Piazza est le plus célèbre, mais Martino et Albertino ont aussi laissé leur marque. L'orgue de 1775, avec ses vantaux peints, est un autre point fort. Et si vous venez le dimanche après-midi, ne manquez pas le Musée du trésor dans les sous-sols : petit mais avec des pièces précieuses, comme une paix émaillée du XVIe siècle. L'entrée est gratuite, et la visite s'enrichit d'un code QR pour le guide. Vrai conseil : prenez votre temps, car chaque coin cache un détail. Le temple est encore actif, avec des messes à 11h30, donc si vous arrivez pendant l'office, sortez avant. Mais ça vaut le coup : c'est le monument le plus prestigieux de Lodi, et cela se ressent.

Temple civique de la Bienheureuse Vierge Incoronata

Le Château Visconti : une forteresse devenue commissariat

Château ViscontiSi vous vous promenez à Lodi, ne manquez pas le Château Visconti, même si – spoiler – on ne peut pas entrer. Aujourd'hui, il abrite le commissariat de police, mais sa masse imposante sur la Piazza Castello raconte des siècles d'histoire. C'est Frédéric Barberousse qui a voulu une forteresse ici, au point le plus vulnérable des remparts, mais l'aspect actuel, nous le devons à Barnabé Visconti, qui entre 1355 et 1370 l'a agrandi avec quatre tours et de profondes prisons souterraines. Puis vint François Sforza qui en 1456 ajouta la célèbre tour ronde, conçue par l'ingénieur Serafino Gavazzi : aujourd'hui, c'est l'un des symboles de la ville, et en 1906, elle a même été surélevée pour devenir un réservoir d'eau.

Sous vos pieds, à environ six mètres de profondeur, se cache un réseau de cunicules hauts de jusqu'à 2,70 mètres, assez pour y passer à cheval. Découverts seulement dans les années 2000, ces passages faisaient partie du ravelin extérieur et servaient probablement pour des fuites ou des attaques surprises. On dit qu'une galerie secrète reliait le château à la Piazza della Vittoria, mais les cunicules ont été en grande partie murés dans les années 1950 et aujourd'hui, il est difficile de le prouver. L'historien Guichardin en parle déjà en 1526, décrivant l'entrée de troupes par une « voie couverte ».

Malheureusement, le château n'est pas ouvert au public, mais il vaut la peine de l'admirer de l'extérieur : la tour ronde avec ses créneaux en queue d'aronde, les portiques et les doubles loggias ajoutées par les Autrichiens lorsqu'ils l'ont transformé en caserne. Si vous êtes passionné de souterrains, surveillez l'avenir – il semble que la tour ronde rénovée pourrait devenir visitable. Pour l'instant, contentez-vous d'imaginer ce qui se cache sous les pavés de Lodi.

Château Visconti

Place de la Victoire : le salon de Lodi

Place de la VictoirePlace de la Victoire est le cœur battant de Lodi, un rare exemple au monde de place à arcades sur les quatre côtés. Jusqu'en 1924, elle s'appelait Piazza Maggiore, nom que les Lodigiani utilisent encore avec affection. De forme quadrangulaire, avec des côtés d'environ 74 mètres, ses arcades sont soutenues par 66 colonnes, dont certaines proviennent de l'antique Laus Pompeia. Les palais qui l'entourent ont des façades étroites et des couleurs pastel, typiques du "lot gothique" médiéval : boutique au rez-de-chaussée, résidence à l'étage et une petite cour à l'arrière. Sous les pieds, le pavé en "ricciato lombard" (galets de rivière) date de 1471 et est encore parfaitement conservé. Sur la place dominent le Dôme de Lodi (Cathédrale Sainte-Marie-de-l'Assomption), le Palais Municipal (Broletto) et le superbe Palais Vistarini, demeure castrale du XIVe siècle. Aujourd'hui, la place est entièrement piétonne et grouille de vie : bars et restaurants installent des tables sous les arcades, et le marché ambulant anime les mardis et jeudis. Des événements comme le Village de Sainte-Lucie en décembre, des concerts et des spectacles y ont lieu. Une curiosité : au XIXe siècle, une statue équestre de Napoléon trônait au centre, érigée pour célébrer la victoire à la bataille de Lodi. Depuis 2004, le Touring Club Italien la classe parmi les plus belles places d'Italie. S'y promener, c'est comme plonger dans le temps, entre histoire et atmosphère authentique.

Place de la Victoire

Église Saint-François : baies géminées ouvertes sur le ciel et fresques anciennes

Église Saint-FrançoisSi vous passez par Lodi, ne manquez pas l'Église Saint-François, un joyau médiéval qui vous surprendra. Datant de la fin du XIIIe siècle, c'est l'un des édifices sacrés les plus originaux de la ville. Sa façade en brique rosée, restée inachevée, présente un détail unique : deux baies géminées « à ciel ouvert », considérées comme le premier exemple de ce modèle, qui s'est ensuite répandu dans tout le Nord de l'Italie. Restez à regarder : on dirait que l'église veut respirer à travers ces fenêtres. L'intérieur est un festival de fresques du XIVe au XVIIIe siècle. La plus saisissante ? Dans le transept droit, une Vierge à l'Enfant avec les saints et Antonio Fissiraga offrant la maquette de l'église – œuvre d'un maître lombard anonyme influencé par Giotto. La troisième chapelle à droite, dédiée à Saint Bernardin, est entièrement fresquée par Gian Giacomo da Lodi avec des scènes de la vie du saint. Et n'oubliez pas les sépultures illustres : ici reposent la poétesse Ada Negri, le librettiste Francesco De Lemene et le naturaliste Agostino Bassi. L'atmosphère est recueillie, la brique apparente et les marbres créent un contraste chaleureux. Entrée gratuite, ouvert tous les jours (de 6h30 à 12h et de 17h à 18h30 environ). Un conseil de voyageuse : asseyez-vous dans l'une des nefs latérales et levez les yeux vers les voûtes d'ogives – on se croirait dans une forêt d'arcs et de couleurs.

Église Saint-François

Église Saint-Philippe-Néri

Église Saint-Philippe-NériAu centre de Lodi, sur le Corso Umberto I, l'Église Saint-Philippe-Néri est une petite merveille du XVIIIe siècle. Construite entre 1740 et 1758 dans le style rococo, sa façade signée par Antonio Veneroni vous accueille avec des bustes du saint titulaire et de la Vierge Immaculée, encadrés d'anges et de putti. L'effet scénographique est voulu : l'église a été placée juste en face du débouché de la via Volturno, pour être admirée dans toute son élégance.

En entrant, l'intérieur en croix grecque vous coupe le souffle. Les fresques sont un festival de couleurs : Felice Biella a peint les quadratures, tandis que Carlo Innocenzo Carloni a réalisé les figures, dont l'Assomption de la Vierge dans la voûte et la Gloire de Saint-Philippe-Néri dans le chœur. Ne manquez pas la Crucifixion dans l'abside et les Apôtres dans les voûtains. Les trois autels en marbre rococo, avec des inserts en fer forgé et en bronze, sont précieux ; celui de gauche abrite une toile de Johann Georg Fockhezer. Dans la sacristie, une toile de Sebastiano Galeotti et une statue du XVIIIe siècle de la Mater Dolorosa complètent le trésor.

Un autre bijou est l'orgue à tuyaux d'Andrea Serassi (1779), qui joue encore aujourd'hui lors des concerts. L'église a été récemment restaurée : en 2008, on a travaillé sur la façade, et entre 2016 et 2021, les fresques du chœur ont été restaurées. Si vous voulez la visiter, les messes ont lieu en semaine à 9h00, le samedi à 17h30 et le dimanche à 10h30 (horaires indicatifs, à vérifier). Elle fait également partie des Lieux du Cœur du FAI, et organise parfois des visites guidées gratuites. Un conseil : arrivez par la via Volturno pour profiter de la façade dans son cadre urbain.

Église Saint-Philippe-Néri

Palazzo Mozzanica : un plongeon dans la Renaissance lodigienne

Palazzo MozzanicaEn vous promenant via XX Settembre, vous tombez sur un palais qui semble vouloir raconter une histoire. C'est le Palazzo Mozzanica, l'un des plus beaux exemples d'architecture civile de la Renaissance à Lodi. Construit à la demande du comte Lorenzo Mozzanica dans la seconde moitié du XVe siècle, il s'élève sur les fondations d'un ancien château des Vignati, seigneurs de la ville. La façade en briques apparentes est un chef-d'œuvre : un bandeau en terre cuite, œuvre d'Agostino de Fondulis, représente des nymphes marines et des tritons en lutte – un détail qui vous fait lever les yeux et rester enchanté. Le portail, en pierre d'Angera, est orné de quatre médaillons avec les profils de Francesco Sforza, Bianca Maria Visconti, Gian Galeazzo Visconti et Isabelle d'Aragon. On raconte qu'en 1509, rien de moins que le roi de France François Ier y a dormi. En entrant dans la cour à portiques, vous remarquez le souci du détail : des colonnes à chapiteaux ioniques et, au fond, l'escalier du XVIIIe siècle. Les travaux de restauration de 2021-2022 ont redonné à la façade sa splendeur d'antan. Aujourd'hui, le palais abrite des bureaux, mais sa beauté est accessible à tous. Ne manquez pas l'occasion d'admirer ce joyau lors de votre visite à Lodi.

Palazzo Mozzanica

Théâtre aux Vignes

Théâtre aux VignesAu cœur de Lodi, au 66 via Cavour, se trouve un théâtre avec une histoire vieille de plusieurs siècles. Le Théâtre aux Vignes n'a pas toujours été une scène : c'était une église, dédiée à Saint-Jean et à Tous les Saints aux Vignes, construite par les frères Umiliati au XIIIe siècle. Puis il passa aux Barnabites, qui le transformèrent en un grand espace sacré baroque (l'architecte Carlo Ambrogio Mazenta en signa le projet en 1618). La façade resta inachevée, mais les intérieurs furent embellis jusqu'au XVIIIe siècle. Après la suppression napoléonienne, l'édifice devint grenier, puis gymnase. En 1976, la municipalité le récupéra et en 1985, il rouvrit en tant que théâtre, inauguré par Gianandrea Gavazzeni avec les Cameristi della Scala. Aujourd'hui, c'est le seul grand théâtre de la ville, avec 400 places assises. La programmation va du théâtre à la musique, de la danse à l'opéra, avec une section dédiée aux enfants (Les Petites Vignes). Des détails pratiques ? La billetterie est ouverte du lundi au vendredi (17h-19h) et une heure avant les spectacles. Il y a aussi l'apéritif-dîner au théâtre (9 €) pour bien commencer la soirée. Et si vous voulez faire un cadeau solidaire, il y a l'initiative du billet suspendu. L'atmosphère est intime, avec une excellente acoustique : grâce aux voûtes du XVIIe siècle. Bref, un lieu qui sent l'histoire mais qui respire la contemporanéité.

Théâtre aux Vignes

Musée civique de Lodi: des chefs-d'œuvre en attente d'une nouvelle demeure

Musée civiqueLe Musée civique de Lodi est un joyau actuellement fermé, mais son cœur battant ne s'est pas arrêté. Fondé en 1868 pour conserver des vestiges archéologiques de Lodi Vecchio et des peintures de l'école lodigienne, il a trouvé refuge à partir de 1876 dans l'ancien couvent de San Filippo. Aujourd'hui, après sa fermeture en 2011, il se prépare à renaître en grande pompe dans l'ancienne Linificio (le « Opificio della cultura »), avec plus de 1 500 m² d'espaces d'exposition – soit plus du double de l'ancien site – et une inauguration prévue d'ici mars 2026. Son patrimoine est extraordinaire : dans la pinacothèque, les chefs-d'œuvre de Callisto Piazza (comme le « Portrait de Ludovico Vistarini » et la « Vierge à l'Enfant avec des anges musiciens ») et les deux célèbres toiles de Francesco Hayez, dont l'« Autoportrait à 48 ans », se distinguent. Non moins fascinante est la collection de céramiques lodigiennes, avec les productions raffinées du XVIIIe siècle des fabriques Coppellotti, Rossetti et Ferretti, réputées pour leur cuisson à grand feu et leurs décorations florales. La section archéologique, quant à elle, raconte des millénaires d'histoire : épigraphes romaines, mobiliers celtes et lombards, bronzes étrusques. Heureusement, en attendant le grand jour, une exposition temporaire en anticipe les merveilles. Ne manquez pas « Essere Fiume » à Spazio 21, via San Fereolo 24, jusqu'au 21 juin 2025 : un parcours entre vestiges, œuvres et installations contemporaines qui explore le lien entre Lodi et l'Adda, avec des vidéos des peintures de la pinacothèque en attente de restauration. Un avant-goût de ce que sera le nouveau musée : dynamique, participatif, au service de la ville.

Musée civique

Église Sant'Agnese: un joyau gothique au cœur de Lodi

Église Sant'AgneseSi vous vous promenez dans le centre de Lodi, ne manquez pas l'église Sant'Agnese, un petit écrin gothique qui sait offrir des émotions. Construite à partir de 1351 à l'intérieur du monastère des Augustins, sa façade frappe par sa verticalité marquée et ses deux baies géminées en plein cintre. La lunette au-dessus du portail, avec la fresque de Sant'Agnese, est une restauration du XIXe siècle, mais elle n'enlève rien au charme. L'intérieur est à trois nefs de hauteur égale, avec des voûtes d'ogives soutenues par de robustes piliers cylindriques en brique : une structure appelée « en salle » qui vous enveloppe immédiatement. Le véritable chef-d'œuvre est cependant le Polyptyque Galliani d'Albertino Piazza (1520), une immense huile sur toile (420x280 cm) qui se trouve aujourd'hui dans la première chapelle à droite. Il a été commandé par l'abbé Nicola Galliani et c'est une profusion de saints, d'anges et de scènes sacrées : il vaut à lui seul la visite. Dans l'abside, on remarque également un crucifix en bois du XVe siècle de grande valeur. Peu connue ? Oui, et c'est peut-être tant mieux : l'atmosphère est recueillie, presque intime. Ouverte seulement le matin (de 8h à 11h30), l'église est aujourd'hui une annexe de San Lorenzo, mais elle conserve intact son caractère monastique. À ne pas manquer non plus, le cloître adjacent, visible de l'extérieur. Bref, un joyau à découvrir.

Église Sant'Agnese

Musée Diocésain d'Art Sacré : un voyage entre foi et art

Musée Diocésain d'Art SacréSi vous êtes à Lodi, une étape incontournable est le Musée Diocésain d'Art Sacré, récemment transféré dans l'ancienne église San Cristoforo (via Cavour 31). En entrant, on monte un escalier monumental scénographique qui donne déjà un avant-goût des merveilles conservées. J'ai été frappé par le Trésor de Saint Bassien, exposé dans la salle IV : l'Ostensoir Pallavicino en argent fondu et ciselé, finement décoré d'émaux et de coraux, est un bijou de la Renaissance qui semble briller de sa propre lumière. Non loin, le Baldachin processionnel Pallavicino, brodé en soie et filigrane d'or, raconte des siècles de dévotion. Mais le musée n'est pas seulement de l'orfèvrerie : dans la salle II se distingue un Christ en bois du XIIIe siècle, au visage marqué par le temps, et le Polyptyque de saint Christophe en bois sculpté et peint par Bongiovanni et Giovanni Lupi. Les amateurs d'archéologie trouveront des vestiges romains – un fragment de stèle du Ier siècle apr. J.-C. et une colonne milliaire du IVe – tandis que dans les dernières salles, l'art sacré contemporain dialogue avec des œuvres du XXe siècle. La visite est ouverte le samedi de 14h15 à 18h00 et le dimanche de 14h30 à 18h00 ; l'entrée est à contribution libre. Un conseil d'initié : demandez à voir la Chapelle Majeure des Évêques, avec ses décors rococo et la mitre du XVIIIe siècle en pierres dures. Le musée est peu fréquenté, idéal pour une découverte intime et silencieuse.

Musée Diocésain d'Art Sacré

Collection anatomique Paolo Gorini : science et mystère

Collection anatomique Paolo GoriniSi vous pensez qu'un musée d'anatomie peut être macabre, la Collection anatomique Paolo Gorini vous fera changer d'avis. Cachée dans le cloître du XVe siècle de la Pharmacie de l'Hôpital Vieil de Lodi, cette collection est une plongée dans la science du XIXe siècle, entre génie et secrets. On y expose 169 préparations humaines et animales réalisées par Paolo Gorini, surnommé « le magicien de Lodi », entre 1842 et 1881. Gorini n'était pas un fou, mais un professeur de physique et de sciences naturelles qui a développé des techniques de conservation révolutionnaires, en injectant des substances chimiques (à base de bichlorure de mercure) pour remplacer les fluides corporels. Le résultat ? Des corps entiers, comme celui du jeune Pasquale Barbieri (1843), conservé avec des traits presque vivants, et des organes disséqués montrant des pathologies aujourd'hui éradiquées, comme la syphilis ou le mal de Pott. La salle d'exposition est l'ancienne Sala Capitolare, ornée de fresques de Giulio Cesare Ferrari en 1593 avec des scènes mythologiques : un contraste parfait entre art et science. Entrée gratuite, mais interdite aux moins de 12 ans en raison de la délicatesse des pièces. Les horaires ? Seulement mercredi (10h-12h), samedi (9h30-12h30) et dimanche (14h30-16h30). Peu de temps ? Oui, mais ça vaut le coup. Et si l'histoire vous passionne, Gorini fut aussi un pionnier de la crémation : son four « crematojo lodigiano » est encore visible au cimetière de Riolo. Un lieu unique, qui mêle médecine, histoire et une pointe de mystère.

Collection anatomique Paolo Gorini

Musée des Sciences Naturelles : écrin de biodiversité

Musée des sciences naturellesSi vous pensez que Lodi n'est qu'art et architecture, vous vous trompez. À l'intérieur du Collège San Francesco, un cloître du XVIe siècle abrite le Musée des Sciences Naturelles, un trésor caché qui vaut le détour. Fondé en 1833 par le père Bernardo Galli, le musée rassemble environ 6 000 spécimens en cinq sections : zoologie, paléontologie, ornithologie, malacologie et minéralogie. Les vitrines du XIXe siècle vous plongent dans une époque où les musées étaient des cabinets de curiosités : ici tout est authentique et un peu vintage. Parmi les pièces maîtresses, un albatros avec une envergure de 2,80 mètres, un anaconda de 5 mètres, deux œufs de dinosaure de Mongolie et une druse de quartz geminé provenant du tunnel du Simplon. Chaque spécimen a son histoire : les minéraux fluorescents s'illuminent sous les rayons UV, les fossiles racontent des ères révolues. Et pour les passionnés de botanique, deux herbiers historiques avec des milliers de plantes. L'entrée coûte 3 euros (gratuit pour les groupes scolaires) et le musée n'est ouvert que sur réservation en semaine, fermé en juillet et août. Un conseil : appelez le 0371 420019 pour réserver votre visite, ainsi vous profiterez de la collection sans vous presser. Vraiment, un coin de science qui vous surprend.

Musée des sciences naturelles

Musée du Trésor de l'Incoronata

Musée de l'IncoronataSi vous êtes à Lodi, ne manquez pas le Musée du Trésor de l'Incoronata. Il se trouve dans les sous-sols du Temple de l'Incoronata, un joyau de la Renaissance lombarde conçu par Giovanni Battagio en 1488. Le musée a ouvert ses portes en 1988, à l'occasion du 500e anniversaire du temple, et rassemble des objets liturgiques d'une rare beauté. Les salles souterraines sont fascinantes : autrefois des habitations, on y voit encore un puits fonctionnel et des glissières à bois. Parmi les pièces les plus précieuses, on distingue une Paix de la fin du XVIe siècle en émail sur argent, une croix du XVIe siècle, et un ostensoir de Luigi Caber du XIXe siècle. Ne manquent pas non plus calices, encensoirs, reliquaires et ornements sacrés des XVIIe et XVIIIe siècles. L'entrée est gratuite et le musée est ouvert le dimanche de 15h à 18h. Pour les visites en semaine, une réservation est nécessaire (tél. 0371 409410 ou 0371 51083). Entrez par le Temple au 23 via Incoronata et laissez-vous émerveiller par ce trésor caché.

Musée de l'Incoronata

Porte Crémone : l'entrée monumentale de Lodi

Porte CrémonePorte Crémone est la seule porte historique ayant survécu à Lodi et se trouve sur la Piazza Pietro Zaninelli. Ce n'est pas seulement une entrée : c'est un morceau d'histoire qui allie le Moyen Âge et le Néoclassique. Ses origines remontent au XIIIe siècle, lorsqu'un pont-levis existait sur la roggia Molina. La structure actuelle a été reconstruite entre 1790 et 1792 sur les plans de l'ingénieur Antonio Dossena, dans un style néoclassique. Trois arcades (l'arche centrale était pour les chars et les nobles, les latérales pour les piétons), quatre colonnes doriques en granit, des chapiteaux et un architrave avec une frise décorée : chaque détail est étudié. Sur les côtés se détachent les deux emblèmes de la ville. Après l'unité italienne, pendant quelques décennies, elle a été appelée « Porta Roma ». Au milieu du XXe siècle, on a envisagé de la démolir pour des raisons de circulation, mais la Surintendance l'a sauvée. Aujourd'hui, après une importante restauration entre 2009 et 2012 qui a résolu les problèmes d'humidité et de dégradation, elle a retrouvé sa splendeur. Dommage seulement pour les échafaudages encore présents : depuis 2017, une intervention provisoire de mise en sécurité n'est pas encore devenue définitive. Mais ne vous inquiétez pas, la porte est bien visible et mérite un arrêt. Regardez la plaque de 1911 qui rappelle l'abolition du droit d'octroi : un petit plongeon dans l'histoire locale.

Porte Crémone

Palais épiscopal : un joyau inachevé

Palais épiscopalSi vous passez par Lodi, le Palais épiscopal mérite une halte. Il se trouve juste à côté de la cathédrale, au 31 via Cavour, et son histoire est fascinante : les fondations remontent à 1163, mais sa véritable naissance eut lieu sous l'évêque Alberto Quadrelli (1168-1173). En 1177, le siège épiscopal fut transféré de Lodi Vecchio, et depuis lors, des travaux par à-coups se sont succédé pendant des siècles. L'aspect actuel est le fruit du projet du XVIIIe siècle de Giovanni Antonio Veneroni, mandaté par l'évêque Carlo Ambrogio Mezzabarba en 1725. Dommage que les travaux soient restés inachevés : l'aile sud-ouest est encore brute, avec ses briques apparentes et les trous des échafaudages. Entrez dans la cour et observez le portique à cinq arcades avec colonnes jumelées : il est en brique apparente, inachevé mais d'un grand charme. Au premier étage, l'ancienne chapelle épiscopale conserve des fresques de Carlo Innocenzo Carloni, tandis que la galerie des portraits des évêques de Lodi est une plongée dans l'histoire locale. Ne manquez pas le jardin du XVIIe siècle, accessible uniquement avec une visite guidée : c'est un havre de paix, agrandi en 1482 par l'évêque Pallavicino sur des terrains qui étaient un marché. Une aile du palais abrite le Musée diocésain d'art sacré, avec le trésor de saint Bassien. Bref, un lieu qui mêle sacré et profane, achevé et inachevé, comme je les aime.

Palais épiscopal