Que voir à Forlì-Cesena : villages, mer et histoire


🧭 À quoi s’attendre

  • Idéal pour : un voyage slow entre culture et nature
  • Points forts : villages authentiques, mer, châteaux, musées uniques
  • Période recommandée : printemps et automne pour le climat doux
  • Conseil : goûter les plats typiques romagnols

Événements aux alentours


La Province de Forlì-Cesena est une destination surprenante : non seulement les villes de Forlì et Cesena, mais un territoire riche en villages médiévaux, châteaux, mer et collines. De la Bibliothèque Malatestiana, joyau UNESCO de Cesena, au Phare de Cesenatico, symbole de la côte romagnole, chaque étape offre un morceau d'histoire. Les forteresses de Monte Poggiolo et de Forlimpopoli racontent le passé médiéval, tandis que le Musée de la Marine de Cesenatico et le Musée Archéologique de Sarsina dévoilent des traditions anciennes. Les villages de Longiano, Gatteo et Meldola sont parfaits pour une promenade entre ruelles et saveurs locales. Ne manquez pas le suggestif Volcan de Monte Busca et l'abbaye de Sant'Ellero. Un itinéraire idéal pour un week-end à la découverte des beautés authentiques de la Romagne.

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Itinéraires aux alentours


Bibliothèque Malatesta : un joyau de la Renaissance à Cesena

Bibliothèque MalatestaÀ Cesena, sous les arcades de la Piazza Bufalini, se cache un lieu qui semble suspendu dans le temps : la Bibliothèque Malatesta. Elle est considérée comme la première bibliothèque municipale d'Italie et d'Europe, et en 2005, elle a été inscrite au Registre UNESCO Mémoire du Monde. Une reconnaissance méritée, car tout y est resté intact depuis le XVe siècle : le bâtiment, le mobilier et même les livres, encore enchaînés aux pupitres de lecture. Un unicum mondial, qui vous donne l'impression de faire un bond de 500 ans en arrière.

La salle principale, l'Aula del Nuti, a été conçue par Matteo Nuti, élève de Leon Battista Alberti, à la demande de Malatesta Novello. L'espace est à trois nefs, avec 58 pupitres en bois abritant 340 manuscrits enluminés. Parmi les raretés, on trouve le plus petit livre du monde lisible à l'œil nu : 15×9 millimètres, contenant une lettre de Galilée. À côté, la Bibliothèque Piana – offerte par le pape Pie VII – conserve des livres de chœur, des éditions du XVIe siècle et un Évangéliaire de 1104.

La visite guidée dure environ 40 minutes et coûte 8€ (5€ le tarif réduit). L'entrée à la seule Bibliothèque antique est de 5€. Réservation obligatoire, capacité maximale de 25 personnes par créneau. Le billet inclut également l'accès au Musée archéologique et à la Pinacothèque. Attention : l'Aula del Nuti n'a pas d'éclairage artificiel, elle ne fonctionne donc qu'avec la lumière du jour. D'avril à octobre, horaires continus ; en hiver, seulement l'après-midi. Fermé le dimanche ? Non, mais chaque premier dimanche du mois, l'entrée est gratuite. Bref, un lieu que tout passionné d'histoire et de livres devrait voir au moins une fois.

Bibliothèque Malatesta

Phare de Cesenatico : le gardien du port-canal

Phare de CesenaticoLe phare de Cesenatico est un point de repère incontournable pour qui visite la ville. Construit en 1892, il se trouve à l'extrémité de la jetée de Levante, à deux pas de la capitainerie du port. Sa structure se compose d'une maison du gardien de deux étages au crépi jaune et blanc, flanquée d'une tour blanche haute de seulement 3 mètres, mais dont la lanterne est placée à 18 mètres au-dessus du niveau de la mer. De là, il émet deux éclairs blancs toutes les six secondes, visibles jusqu'à 15 milles nautiques – un phare entièrement automatisé géré par la Marine italienne. Aujourd'hui, la maison du gardien abrite la Garde côtière, et la tour a récemment subi une restauration qui a redonné tout leur éclat aux finitions jaunes. Malheureusement, il n'est pas visitable à l'intérieur, mais la promenade jusqu'à la jetée est une expérience à ne pas manquer : au coucher du soleil, la mer se teinte de couleurs chaudes et la vue est à couper le souffle. C'est l'endroit idéal pour prendre des photos et profiter de la brise marine. Malgré la technologie moderne, le phare reste un puissant symbole de la forte identité maritime de Cesenatico, un point de repère qui, pendant plus d'un siècle, a guidé les pêcheurs vers le port. Si vous passez par ici, arrêtez-vous pour l'observer : vous aurez presque l'impression d'entendre les histoires de ceux qui l'ont vu briller pendant des générations.

Phare de Cesenatico

Rocca di Monte Poggiolo, le plus ancien château des environs

Rocca di Monte PoggioloLa Rocca di Monte Poggiolo (ou Forteresse de Castrocaro) est l'une des fortifications les plus anciennes d'Italie, dont les origines remontent à la fin du IXe siècle. Juchée sur un rocher de « sasso spungone » riche en fossiles marins, elle offre une vue imprenable sur la plaine de Forlì jusqu'à l'Adriatique. Les premières mentions historiques datent de 906, lorsque le comte Bérenger est cité. Au fil des siècles, le château fut disputé par des familles telles que les Ordelaffi, les Malatesta et les Pagani, jusqu'à devenir en 1471 un bastion des Médicis, agrandi par l'architecte Giuliano da Maiano entre 1482 et 1490. La structure est entièrement en briques, avec un plan rhomboidal, des bastions circulaires et une muraille en talus. Le périmètre mesure 146,85 mètres, avec le donjon haut de 18 mètres et les autres tours de 12 mètres. Un petit puits appelé « della Regina » est lié à la légende de Catherine Sforza, qui l'aurait utilisé comme trappe. Après la construction de Terra del Sole (1564), la forteresse perdit son importance militaire et fut désarmée en 1772. Aujourd'hui, elle est une propriété privée et à l'abandon, mais on peut l'admirer de l'extérieur. On y accède à pied depuis Terra del Sole (sentier du Pianello) ou en VTT (parcours de 27 km depuis Castrocaro Terme). Le panorama est extraordinaire : une plongée dans l'histoire médiévale. À proximité, l'ancienne maison rurale « Palazzo del Diavolo » rappelle le refuge de Garibaldi après la chute de la République romaine.

Rocca di Monte Poggiolo

Musée de la Marine : un voyage entre bateaux historiques et tradition maritime

Musée de la MarineEn longeant le port-canal de Cesenatico, dessiné par nul autre que Léonard de Vinci en 1502, vous tombez sur un spectacle unique : dix embarcations traditionnelles de la haute Adriatique amarrées là, prêtes à être visitées. C'est la Section Flottante du Musée de la Marine, le seul musée flottant en Italie dédié aux bateaux de travail. Parmi trabaccoli, bragozzi et paranze, chaque bateau arbore ses voiles au tiers aux couleurs vives – jaune ocre, orange, rouge – qui indiquaient autrefois l'appartenance à une famille de pêcheurs. Et regardez bien la proue : ces yeux peints ne sont pas des décorations, mais d'anciens symboles propitiatoires. Le musée possède aussi une Section à Terre, via Armellini 18, un pavillon moderne où vous pouvez monter à bord d'un trabaccolo et d'un bragozzo complets avec leurs voiles, et découvrir comment on construisait les bateaux dans un atelier du XIXe siècle. Il y a également des installations interactives pour essayer de faire des nœuds et manœuvrer des palans – parfait pour les grands et les petits. Le billet ne coûte que 2 euros et inclut l'entrée à l'Antiquarium Comunale. Si vous venez en été (de juin à septembre), les bateaux sont visitables tous les jours de 10h à 12h et de 17h à 23h, et deux d'entre eux prennent la mer pour des sorties démonstratives. Pendant la période de Noël, le port se transforme en une crèche flottante avec des statues grandeur nature. Bref, un plongeon dans l'histoire maritime qui sent le sel et l'authenticité. Infos et réservations : 0547 79205.

Musée de la Marine

Rocca delle Caminate : histoire, panoramas et renaissance

Rocca delle CaminatePerchée sur une colline à 356 mètres d'altitude, la Rocca delle Caminate est un château médiéval qui domine les vallées du Bidente et du Rabbi. Surnommé le « balcon de la Romagne », il offre une vue à couper le souffle sur les collines environnantes. Ses origines remontent aux alentours de l'an 1000, mais son histoire récente est liée à Benito Mussolini, qui en fit sa résidence d'été. Aujourd'hui, après une restauration financée par l'UE (non conservatrice, mais avec une empreinte moderne), la Rocca accueille des conférences, des formations et des cours universitaires. Ouverte au public le samedi et le dimanche (10h-19h), on peut aussi la visiter sur rendez-vous avec le guide Chiara Macherizzi (349-8087330). Le château est facilement accessible en voiture ou à vélo : la route provinciale 126, récemment rétablie après les dommages des inondations de 2023 (investissement de 2 millions d'euros), relie Predappio, Rocca delle Caminate et Meldola. Les événements ne manquent pas : en septembre a lieu la reconstitution historique « Faucons et arcs » avec campement médiéval, fauconnerie et stands gastronomiques ; en juin, le Slalom Predappio-Rocca delle Caminate évoque la reprise des courses automobiles après le confinement. Que vous soyez passionné d'histoire, cycliste en quête d'une montée panoramique (3,8 km, pente moyenne 6,4 %) ou simplement curieux, la Rocca delle Caminate mérite une visite.

Rocca delle Caminate

Abbaye de San Mercuriale

Abbaye de San MercurialeS'il est un monument qui incarne l'âme de Forlì, c'est l'Abbaye de San Mercuriale. Donnant sur la Piazza Saffi, cette basilique romane domine le centre avec son clocher de 75 mètres, parmi les plus hauts d'Italie. Dédiée au premier évêque de la ville, sa construction commença en 1178 et fut achevée trois ans plus tard, sur les vestiges d'une église paroissiale du VIe siècle. La façade en briques rouges frappe par sa sobriété, mais c'est le portail qui vole la vedette : dans la lunette, un haut-relief du XIIIe siècle représente le Rêve et l'Adoration des Mages, considéré comme l'une des premières crèches sculptées au monde. À l'intérieur, à trois nefs, se distinguent des œuvres de Marco Palmezzano, le monument funéraire de Barbara Manfredi (1466) et l'Arcata Ferri du XVIIIe siècle. En se promenant dans le cloître Renaissance, on respire une atmosphère recueillie. Les reliques de San Mercuriale sont conservées dans la chapelle du même nom ; des études récentes ont révélé que le saint était un homme d'origine asiatique mort entre 50 et 60 ans. L'abbaye est ouverte tous les jours de 7h30 à 19h00 avec entrée gratuite. Le clocher ne se visite que lors d'occasions spéciales comme le 26 octobre (fête du saint) ou le 4 février (Madonna del Fuoco). Un conseil : garez-vous place du XX septembre et rejoignez-la à pied. Forlì vous surprendra.

Abbaye de San Mercuriale

Château de Longiano : entre histoire, art et panoramas à couper le souffle

Château de LongianoPerché sur une colline à 179 mètres, le Château Malatestien de Longiano domine le village de sa masse imposante. Ses origines ? Elles remontent au Haut Moyen Âge, mais un parchemin de 1059 atteste déjà son existence. Pendant des siècles, il fut la forteresse des Malatesta, qui le renforcèrent de bastions et d'une double enceinte. Puis, en 1519, le comte Guido Rangoni le transforma en résidence noble, supprimant une partie des fortifications mais nous léguant une loggia renaissance encore praticable aujourd'hui.

En entrant, on est frappé par la Salle de l'Arengo : les plafonds décorés au XIXe siècle par Giovanni Canepa et Girolamo Bellani représentent des personnages illustres de l'histoire de Longiano. Mais le véritable trésor est la collection de la Fondation Tito Balestra : plus de 5000 œuvres, dont des chefs-d'œuvre de Guttuso, Morandi, De Pisis, Chagall et Goya. Un voyage dans l'art italien et international qui dialogue avec les murs antiques.

Montez sur la terrasse panoramique : par temps clair, le regard porte jusqu'à la mer Adriatique. Et si vous avez de la chance, vous pourrez assister à un concert dans la cour intitulée à Carlo Malatesta, où trône un bassin vénitien du XVIe siècle, témoin de la brève domination de la Sérénissime. Conseil : visitez-le l'après-midi, lorsque la lumière chaude caresse les briques rouges.

Infos pratiques : ouvert du mardi au dimanche, 10h-12h et 15h-19h (en août seulement l'après-midi). Plein tarif 7€, tarif réduit 5€. Pour les amateurs d'art et d'histoire, c'est une étape incontournable en Romagne.

Château de Longiano

Château Malatestiano de Gatteo

Château MalatestianoSi vous passez par Gatteo, arrêtez-vous au Château Malatestiano. C'est le seul château malatestien de la plaine au nord de Rimini encore debout, et on le voit tout de suite. Construit au XIIIe siècle sur un camp romain, c'était une véritable forteresse, avec des douves pleines d'eau et un pont-levis. Puis au XVIIIe siècle, tout change : les murs sont abaissés, les douves remblayées de terre, le pont-levis remplacé par un pont fixe en pierre. Aujourd'hui, l'entrée est un arc en plein cintre, et au-dessus se trouve la tour civique du XVIIe siècle avec son horloge. En vous promenant dans la cour intérieure, vous sentez que l'histoire y respire. Les restaurations de 2003 ont rendu le château à la communauté, et en août, la cour accueille la fête de la Saint-Laurent. Pendant l'année, il y a des spectacles théâtraux comme 'Zitti tutti!' en dialecte romagnol. La structure est simple : un plan presque carré, cinq bastions, une tour. Les murs d'origine sont encore visibles du côté est, avec les traces des rainures pour les poutres du pont-levis. Je l'ai trouvé fascinant, surtout en pensant que des personnages comme le condottiere Gattamelata y sont passés. L'entrée est gratuite, la cour est accessible aux personnes à mobilité réduite (pour les murs, il faut être un peu prudent). Parking à l'extérieur, facile. Bref, une halte qui vaut le coup, entre village et campagne.

Château Malatestiano

La Rocca de Forlimpopoli : forteresse et cœur de la ville

Rocca de ForlimpopoliSi vous passez par Forlimpopoli, la Rocca Albornoziana attirera votre regard dès que vous entrerez sur la Piazza Garibaldi. C'est l'une des fortifications les mieux conservées de Romagne, et ce n'est pas qu'un monument : ici bat le cœur de la ville. Construite entre 1360 et 1365 sur ordre du cardinal Egidio d'Albornoz, elle s'élève sur les ruines de l'ancienne cathédrale – les restes des absides sont encore visibles dans la cour. Son plan est quadrangulaire, avec quatre puissants donjons circulaires et des douves que l'on distingue encore sur les côtés est et sud. Au fil du temps, elle est passée des mains des Ordelaffi à celles de César Borgia, des Rangoni et des Zampeschi, qui au XVIe siècle l'ont transformée de forteresse militaire en demeure seigneuriale. Aujourd'hui, la Rocca abrite les bureaux municipaux, le Musée Archéologique Tobia Aldini (avec des objets du Paléolithique à la Renaissance) et le Théâtre Giuseppe Verdi, un joyau avec une cavea en fer à cheval et des colonnettes en fonte. Ici, dans la nuit du 25 janvier 1851, le brigand Stefano Pelloni dit le Passatore fit une incursion spectaculaire. Montez au premier étage pour visiter la chapelle palatine avec des fresques du XVIIe siècle de Francesco Longhi : La chute de la manne et Le prophète Élie. La cour intérieure est toujours ouverte gratuitement, et en été elle s'anime d'événements. Si vous souhaitez une visite guidée, contactez l'office de tourisme. Bref, un lieu qui mêle Moyen Âge et Renaissance, art et vie quotidienne – incontournable pour ceux qui aiment l'histoire authentique.

Rocca de Forlimpopoli

Musée Archéologique National de Sarsina

Musée Archéologique National de SarsinaSi vous êtes dans la région de Forlì-Cesena et que vous aimez l'archéologie, ajoutez le Musée Archéologique National de Sarsina à votre itinéraire. Ne vous attendez pas à un musée ordinaire : ici, on respire l'histoire de l'antique Sassina, patrie du dramaturge Plaute. La pièce maîtresse ? Le Mausolée de Rufus, haut de près de 15 mètres, un monument funéraire romain incroyablement bien conservé autour duquel l'espace d'exposition a été construit. Puis il y a la mosaïque du Triomphe de Dionysos, qui, après une restauration, a retrouvé ses couleurs d'origine : une scène vivante avec Dionysos sur un char tiré par des tigres. La collection va de la préhistoire à l'antiquité tardive, avec des statues de divinités orientales, des céramiques vernissées typiques de la région adriatique et une coupe en verre multicolore intacte. Tous les objets proviennent de fouilles locales, notamment de la nécropole de Pian di Bezzo. Actuellement, le musée est temporairement fermé pour des travaux de réduction de la vulnérabilité sismique – la réouverture complète est prévue pour les premiers mois de 2026. Mais ne vous inquiétez pas : pendant la fermeture, des événements gratuits et des parcours thématiques sont organisés en collaboration avec la commune. Bref, une raison de plus pour revenir à Sarsina dès sa réouverture.

Musée Archéologique National de Sarsina

Abbaye de Sant'Ellero : histoire, foi et un rite millénaire

Abbaye de Sant'ElleroPerchée sur une colline dominant Galeata, l'Abbaye de Sant'Ellero est un joyau roman qui sent l'histoire et la légende. Fondée au Ve siècle par l'ermite Ellero, elle fut une importante 'quasi-diocèse' sur plus de quarante paroisses entre la Romagne et la Toscane. De la structure originale subsiste l'église, avec une façade en blocs de grès sculptés : des chapiteaux avec des sirènes bicaudées (symbole de tentation) et des moines chevaliers (symbole de prière). À l'intérieur, le presbytère surélevé cache la crypte paléochrétienne, cœur palpitant du complexe. Ici, dans une atmosphère recueillie, se trouve le sarcophage de Sant'Ellero (VIIIe siècle), décoré de motifs byzantins. Mais le véritable joyau est le soi-disant 'vuco' : un trou de 25 cm dans la voûte de la cellule où, selon la tradition, passer la tête et s'asseoir sur la pierre prévient les maux de dos et de tête. Un rite si ancré qu'aujourd'hui encore les pèlerins le pratiquent, surtout en mai. Le chemin pour y arriver est déjà une expérience : depuis la place de Galeata, on monte à pied le long d'une ancienne procession avec des édicules du Chemin de Croix (environ 40 minutes). À mi-chemin, une colonne byzantine rappelle la légendaire rencontre entre le saint et le roi Théodoric. L'abbaye se visite sur rendez-vous (tél. 0543 981655) et l'entrée est gratuite. Pour les groupes et visites guidées, contacter l'association Rabisch.

Abbaye de Sant'Ellero

Volcan du Monte Busca : la flamme éternelle des Apennins

Volcan du Monte BuscaÀ 740 mètres d'altitude, entre les vallées du Montone et du Tramazzo, se trouve un lieu qui semble sorti d'un conte de fées (ou d'un documentaire géologique) : le Volcan du Monte Busca. Oui, je sais, le nom trompe. Ce n'est pas un véritable volcan, mais une fontaine ardente de méthane, une flamme perpétuelle qui brûle parmi les roches depuis avant le 16ème siècle. Le premier à en parler fut le frère Leandro Alberti en 1588, qui décrivait dans son livre un lieu appelé 'Enfer' avec un trou large de quatre pieds d'où sortait un feu capable de brûler même du bois vert. Aujourd'hui, la hauteur de la flamme dépend du vent : tantôt un feu de joie, tantôt une petite langue de feu. Pour y accéder, prenez la SP22 de Portico di Romagna vers Tredozio ; au km 7+700, vous trouverez un parking devant une maison de campagne abandonnée. Deux minutes à pied entre arbres et buissons, et vous voilà dans un champ ouvert avec un tas de pierres qui crache des flammes. Cela ressemble à de la magie, mais c'est simplement du méthane qui s'échappe du sous-sol. En 1939, la Société des Hydrocarbures Méthane construisit une conduite et un bâtiment de style littorio, inauguré par Mussolini en personne. Mais le gaz était rare, les coûts élevés, et après la guerre, tout fut abandonné. Depuis lors, le gaz a trouvé une nouvelle sortie, et la flamme est redevenue libre. Aujourd'hui, c'est un endroit unique, spécial au coucher du soleil quand le feu s'illumine contre le ciel qui s'assombrit. On y arrive en voiture, mais le sentier est court et pas accessible à tous. Amenez votre chien si vous voulez – il est le bienvenu. Et n'oubliez pas : ce n'est pas un volcan, mais il vous fera le même effet.

Volcan du Monte Busca

Rocca Caterina Sforza : la forteresse de Meldola entre histoire et restaurations

Rocca Caterina SforzaAu cœur de Meldola, la Rocca Caterina Sforza (ou de Ravaldino) a repris vie après des années de fermeture. Construite en 1471 par Pino III Ordelaffi sur un projet de Giorgio Marchesi, elle fut ensuite agrandie par Girolamo Riario et son épouse, la célèbre Caterina Sforza. Veuve, elle y fit réaliser un troisième ravelin et le petit palais appelé « Il Paradiso », où elle vécut jusqu'au siège de 1499. Caterina résista courageusement à César Borgia, mais la forteresse tomba le 12 janvier 1500 : sur le côté sud, on voit encore les armoiries des Borgia à l'endroit de la brèche. Au fil des siècles, la forteresse devint prison, fonction qu'elle conserva jusqu'au XXe siècle. Aujourd'hui, après une restauration encore en cours, on peut la visiter lors de visites guidées gratuites. Le donjon conserve trois salles superposées et un singulier escalier en colimaçon en pierre sans noyau central : 67 marches qui se soutiennent par superposition. Dans la salle supérieure se trouve l'ouverture d'un puits qui descend jusqu'à la cour. En se promenant entre les murs, on respire une atmosphère d'autrefois, entre histoire médiévale et légendes d'intrigues. Une plongée dans le passé qui mérite une halte, éventuellement associée à une promenade dans le bourg de Meldola.

Rocca Caterina Sforza

Théâtre Alessandro Bonci – Élégance et tradition à Cesena

Théâtre Alessandro BonciSi vous vous trouvez à Césène et aimez la culture, le Théâtre Alessandro Bonci est une étape incontournable. Ce joyau néoclassique, conçu par Vincenzo Ghinelli et inauguré en 1846, est un véritable temple des arts. La façade, avec ses colonnes et le fronton décoré des allégories des fleuves Savio et Rubicon, vous accueille sur la Piazza Guidazzi. Mais c'est l'intérieur qui vous coupe le souffle : la salle en fer à cheval, avec quatre étages de loges et un balcon, est décorée de peintures raffinées de Francesco Migliari, qui a immortalisé des scènes de la Divine Comédie. L'acoustique est tout simplement parfaite, une raison pour laquelle des artistes de renommée mondiale aiment s'y produire. Le théâtre porte le nom du grand ténor Alessandro Bonci, qui y a chanté en 1904 et l'a rendu célèbre. Aujourd'hui, la programmation va de l'opéra lyrique à la prose, du ballet aux concerts, avec une saison d'octobre à mai. Ne manquez pas l'occasion de visiter le foyer et le parterre : le personnel vous accompagnera avec des explications passionnées. Et si vous avez de la chance, vous pourrez assister à un spectacle et vivre l'émotion d'un théâtre qui enchante le public depuis près de deux siècles. Après la visite, promenez-vous dans les environs : le théâtre se trouve près des Jardins Publics, idéaux pour une promenade. Pour informations et billets : 0547 355959 ou info@teatrobonci.it.

Théâtre Alessandro Bonci

Cathédrale Sainte-Croix : le Duomo de Forlì

Cathédrale Sainte-CroixSi vous passez par Forlì, une visite au Duomo s'impose. La Cathédrale Sainte-Croix n'est pas seulement le principal lieu de culte de la ville, mais aussi un écrin d'art qui raconte des siècles d'histoire. Le bâtiment que vous voyez aujourd'hui est en grande partie le fruit d'une reconstruction néoclassique achevée en 1841 sur les plans de Giulio Zambianchi, mais ses origines remontent au moins au Xe siècle. En parcourant les nefs, vous tomberez sur deux perles absolues : la Chapelle de la Madonna del Fuoco et la Chapelle du Très Saint Sacrement. La première, construite entre 1619 et 1636, abrite la précieuse xylographie de la Madonna del Fuoco, une image qui, selon la tradition, survécut miraculeusement à un incendie en 1428. La coupole est peinte à fresque par Carlo Cignani avec l'Assomption de la Vierge, un chef-d'œuvre qui à lui seul vaut le détour. De l'autre côté, la Chapelle du Très Saint Sacrement, voulue par Catherine Sforza en 1490, conserve la fresque de la Madonna della Ferita. À ne pas manquer, le crucifix roman en bois du XIIe siècle, représentant un Christ triomphant aux yeux ouverts. L'entrée est gratuite, et la cathédrale est ouverte tous les jours de 6h30 à 12h00 et de 16h00 à 19h00. Un conseil : si vous êtes dans le coin le 4 février, participez à la fête de la Madonna del Fuoco, avec des stands proposant la traditionnelle piadina à l'anis. Bref, un lieu qui mêle foi, histoire et art de manière authentique.

Cathédrale Sainte-Croix