Que voir dans la province de Plaisance : châteaux, villages et nature


🧭 À quoi s’attendre

  • Idéal pour les amateurs d'histoire, de châteaux et de villages médiévaux
  • Points forts : concentration unique de forteresses et de châteaux forts
  • Nature : vallées Trebbia et Tidone pour randonnées et détente
  • Œnologie et gastronomie : vins des Colli Piacentini et charcuteries typiques
  • Adapté à voyageurs curieux et familles

  • Événements aux alentours


    La province de Plaisance regorge de trésors souvent méconnus mais qui méritent une visite. Vous y trouverez l'une des plus fortes concentrations de châteaux d'Italie, comme le château de Rivalta et la Rocca Viscontea de Castell'Arquato, parfaits pour un plongeon dans le Moyen Âge. Ne manquez pas la cathédrale de Plaisance et le Palais Farnèse dans le chef-lieu, puis laissez-vous surprendre par les villages de Bobbio et Vigolzone. La nature est reine avec les vallées Trebbia et Tidone, idéales pour les randonnées et le trekking, tandis que les saveurs locales – charcuteries et vins AOP – enrichissent l'expérience. Dans cet article, je vous guiderai à travers les étapes incontournables de cette province riche en histoire, paysages et gastronomie, avec des conseils pratiques pour organiser au mieux votre visite. La province de Plaisance vous attend avec ses châteaux, ses villages et sa nature préservée.

    Aperçu



    Itinéraires aux alentours


    Cathédrale de Plaisance

    CathédraleSi vous passez par Plaisance, la cathédrale est une étape incontournable. Construite à partir de 1122 après qu'un tremblement de terre eut détruit la précédente cathédrale, c'est l'un des exemples les plus fascinants du roman padan. La façade mêle marbre rose de Vérone et grès, avec trois portails sculptés par des élèves de Wiligelmo : regardez les lions stylophores du portail central et le prothyre gauche avec des scènes de l'enfance du Christ. Le clocher, haut de 72,5 mètres, est dominé par l’Angil dal Dom, un ange en cuivre doré de 1341 qui est devenu le symbole de la ville.

    Entrez et laissez-vous envelopper par l'atmosphère solennelle : trois nefs divisées par 25 piliers cylindriques, et sur les murs les médaillons des corporations médiévales qui ont financé les travaux. Le véritable spectacle est la coupole octogonale, fresquée par le Morazzone et le Guercino entre 1625 et 1627 : les prophètes et les sybilles sont imposants, et en montant les 136 marches (réservation obligatoire), vous vous retrouvez à 27 mètres de hauteur, face aux détails. Ne manquez pas la crypte de Sainte Justine, la partie la plus ancienne, avec 108 colonnettes romanes et les reliques de la sainte.

    L'entrée est gratuite (tous les jours 8h30-12h30 et 15h30-19h30), et si vous avez le temps, visitez le Musée Kronos (payant) pour le triptyque du XIVe siècle et le manuscrit enluminé du XIIe siècle. En bref : histoire, art et spiritualité en un seul lieu.

    Cathédrale

    Palazzo Farnese : le joyau inachevé de Plaisance

    Palazzo FarneseSi vous passez par Plaisance, Palazzo Farnese est une étape obligatoire. Ne vous laissez pas tromper par l'apparence : on dirait un immense chantier arrêté depuis des siècles, et c'est en partie vrai. Le projet original de Vignole prévoyait un palais plus grand que la Reggia de Caserte, mais en 1602 les travaux s'arrêtèrent faute de fonds. Aujourd'hui, on visite environ la moitié de l'ouvrage, et c'est déjà spectaculaire.

    En entrant par la grille en fer forgé du XVIIe siècle, vous vous trouvez dans une cour avec des loggias sur deux étages. On a l'impression d'être dans un palais royal abandonné, mais rempli de trésors. À l'intérieur, il y a pas moins de 9 collections muséales – avec un seul billet à 10 euros, vous pouvez tout voir. Mon conseil ? Ne manquez pas le Foie de Plaisance, un modèle en bronze d'un foie de brebis utilisé par les Étrusques pour les divinations (IIe-Ier siècle av. J.-C.). Il est unique au monde et vous laisse sans voix.

    Ensuite, il y a la Pinacothèque, avec des œuvres du XIVe au XIXe siècle. La pièce maîtresse est le tondo de Sandro Botticelli : la Madone adorant l'Enfant avec saint Jean-Baptiste. La salle est spécialement conçue pour le mettre en valeur. Si vous aimez les voitures, le Musée des Voitures vous fera rêver : une trentaine d'exemplaires dont un corbillard et un traîneau.

    Et si vous venez le dimanche, il y a des visites guidées gratuites (réservation obligatoire). Le palais est ouvert du mardi au dimanche (fermé le lundi). Pendant l'été, des événements comme le Piacenza Summer Cult ont lieu dans la cour. Un conseil pratique : la billetterie ferme une demi-heure avant. Et n'emmenez pas votre chien – ce n'est pas permis ici.

    Bref, Palazzo Farnese est un endroit qui vous reste en mémoire : un inachevé plein de merveilles.

    Palazzo Farnese

    Galerie d'Art Moderne Ricci Oddi : Un trésor retrouvé à Plaisance

    Galerie d'art moderne Ricci OddiSi vous passez par Plaisance, la Galerie d'Art Moderne Ricci Oddi est une étape incontournable. Inaugurée en 1931, elle naît de la passion du noble Giuseppe Ricci Oddi, qui a légué sa collection privée à la ville. Le bâtiment, conçu par Giulio Ulisse Arata, est un joyau d'architecture muséale : il s'élève sur les vestiges de l'ancien couvent San Siro et mêle briques apparentes et enduits du XVIIe siècle, le tout baigné d'une merveilleuse lumière zénithale naturelle. À l'intérieur, dix-neuf salles retracent la peinture italienne de 1830 à 1930, avec une prédilection pour la figuration et le paysage. Le clou du spectacle ? Le Portrait de dame de Gustav Klimt, volé à la fin des années 1990 et retrouvé en 2019 après une histoire digne d'un thriller. L'anecdote est curieuse : c'est une lycéenne qui a remarqué la ressemblance avec un autre tableau, déclenchant l'enquête. Outre le Klimt, vous admirerez des œuvres de macchiaioli toscans, Antonio Fontanesi, Giovanni Boldini, Pellizza da Volpedo (avec son poignant Roveto), Medardo Rosso et bien d'autres artistes du XXe siècle comme Boccioni, Carrà, Morandi et Casorati. La galerie a été entièrement rénovée entre 2025 et 2026 : les salles ont été restaurées, des audioguides ont été introduits et de nouveaux agencements conçus par le studio Lissoni & Partners. L'accès est adapté aux personnes handicapées, avec une rampe et un fauteuil roulant à disposition. Horaires : fermé le lundi ; mardi-jeudi 9h30-13h00 ; vendredi-dimanche 9h30-18h00. Tarifs : plein 10 €, réduit 7 €. Bref, un lieu qui allie art, histoire et une touche de mystère.

    Galerie d'art moderne Ricci Oddi

    Rocca Viscontea de Castell'Arquato

    Rocca VisconteaSi vous passez par Castell'Arquato, un arrêt obligatoire est la Rocca Viscontea, qui domine la place principale du village. Construite à partir de 1342 sur ordre de Luchino Visconti et achevée en 1349, cette forteresse en brique rouge a conservé intact son caractère défensif. Son plan en L et le double mur d'enceinte – un inférieur pour les soldats et un supérieur pour le commandement – racontent une histoire purement militaire, sans jamais devenir une résidence noble.

    En montant sur le donjon haut de 42 mètres, la partie la plus ancienne, on accède à une terrasse panoramique à couper le souffle : de là, la vue s'étend de la plaine du Pô aux Alpes et de l'Apennin à la mer. À l'intérieur, le Musée de la vie médiévale vous plonge dans l'époque avec des vidéos, des maquettes et une salle dédiée aux sièges. D'ailleurs, en 1985, la rocca a servi de décor au film Ladyhawke avec Michelle Pfeiffer.

    Jusque dans les années 1960, elle a été utilisée comme prison de district, et aujourd'hui elle se visite du mardi au dimanche (fermé le lundi). L'entrée coûte 6 euros plein tarif, réduit à 4,50 pour les plus de 65 ans et les enfants de 6 à 12 ans. Le village mérite une promenade : sur la même place se trouvent le Palazzo del Podestà et la Collégiale de Santa Maria.

    Conseil : si vous le pouvez, montez sur la tour au coucher du soleil – la couleur de la brique qui s'embrase est un spectacle.

    Rocca Viscontea

    Château de Rivalta : histoire et légendes entre ses murs

    Château de RivaltaNiché dans la verdure de la Val Trebbia, le Château de Rivalta est l'un des joyaux médiévaux de la province de Plaisance. Juché sur une falaise dominant la rivière, ce manoir est encore aujourd'hui habité par les descendants de la famille Landi, les Zanardi Landi. Son imposante tour carrée haute de 36 mètres et sa caractéristique tour ronde, appelée Torresino, le rendent reconnaissable de loin. L'histoire du château remonte au moins au XIe siècle, lorsqu'il était une tour de guet romaine, mais le véritable développement est venu avec les Landi au XIVe siècle. À l'intérieur, plus de cinquante pièces meublées de mobilier d'époque racontent des siècles d'histoire. Le Salon d'Honneur, la Salle des Armes avec les drapeaux originaux de la Bataille de Lépante (1571), le Musée du Costume Militaire avec plus de 90 uniformes, et le suggestif Musée d'Art Sacré qui abrite un Christ nu de Francesco Mochi ne sont que quelques-unes des merveilles. Parmi les curiosités, la clé de la reine Angilberte, le système sonore de la salle à manger qui permet de chuchoter d'un bout à l'autre, et la Chambre Verte qui a accueilli la princesse Margaret d'Angleterre. Mais attention aux fantômes : on dit que le cuisinier Giuseppe, tué au XVIIIe siècle, joue avec les interrupteurs, et que l'esprit de Pietro Landi erre encore. La visite n'est possible qu'avec un guide, avec trois parcours : AES (30 minutes), Argentum (1h20) et Aurum (2h). Réservation obligatoire, surtout le week-end. Le village médiéval environnant, avec l'église Saint-Martin, est un autre joyau à explorer. Un conseil : goûtez les figues de Rivalta, elles sont célèbres !

    Château de Rivalta

    Château d'Agazzano : entre forteresse médiévale et demeure du XVIIIe siècle

    Château d'AgazzanoSi vous passez par Agazzano, dans la province de Plaisance, le Château d'Agazzano est une étape incontournable. Ce n'est pas un simple château, mais un ensemble qui unit la forteresse Renaissance de 1475 et une villa du XVIIIe siècle, créant un contraste fascinant entre l'austérité médiévale et l'élégance seigneuriale. La forteresse, de plan rectangulaire avec deux tours rondes subsistantes, conserve une cour intérieure avec une loggia sur trois côtés et un puits hexagonal. La légende raconte qu'un tunnel secret mènerait au château de Lisignano. La villa, accessible par une grille de style français, abrite des salons décorés de fresques représentant des paysages exotiques, des meubles d'époque et une collection de céramiques précieuses. Le jardin à la française, œuvre du botaniste Luigi Villoresi, s'étend sur deux niveaux avec statues, fontaines et plantes exotiques, tandis qu'un vignoble d'environ 3 hectares produit des vins vieillis dans les caves du château. Le château est visitable de fin mars à novembre, les week-ends avec visites guidées (adultes 8,50 €, enfants 0-6 gratuit). Si vous avez un faible pour les histoires de fantômes, ici hanterait l'esprit de Pier Maria Scotti dit « il Buso », tué en 1529. Un lieu qui sait mêler histoire, nature et une touche de mystère.

    Château d'Agazzano

    Château de San Pietro in Cerro : un joyau du Quattrocento entre art et légende

    Château de San Pietro in CerroNiché dans la paisible Val d'Arda, à la frontière entre Plaisance, Parme et Crémone, le Château de San Pietro in Cerro est une de ces surprises que l'on n'attend pas. Construit à partir de 1460 sur ordre de Bartolomeo Barattieri – juriste et ambassadeur – ce château de transition montre encore aujourd'hui les signes du passage des défenses médiévales aux modernes : deux tours rondes flanquent le massif donjon central, et les meurtrières à éventail racontent l'arrivée des armes à feu. L'extérieur est austère, mais dès que vous entrez dans la cour intérieure, un élégant double loggia du XVe siècle vous coupe le souffle. La famille Barattieri l'a gardé pendant près de cinq cents ans, jusqu'en 1993, quand il est passé aux Spaggiari qui, après de soigneuses restaurations, l'ont ouvert au public. Aujourd'hui, vous pouvez visiter plus de trente salles, meublées de mobilier d'époque et de fresques. Parmi les points forts, le MiM – Museum in Motion, qui expose en rotation dans les combles plus de 1600 œuvres d'art contemporain (surtout placentines). Mais la véritable pépite est les Guerriers de Xi'an : quarante statues de terre cuite grandeur nature, copies autorisées par le gouvernement chinois, dans les sous-sols. Il y a aussi une riche Salle des Armes avec cinq cents pièces, et une bibliothèque historique avec deux mille volumes. Et puis il y a la légende : on dit que le fantôme d'Agata, une servante amoureuse, erre encore entre les murs. Je ne l'ai pas vu, mais qui sait... Le château est visitable le dimanche et les jours fériés de mars à octobre (ou novembre), avec des visites guidées. Billet 10 euros, ça vaut chaque centime.

    Château de San Pietro in Cerro

    Castello Malaspina Dal Verme: histoire, légendes et panoramas

    Château Malaspina Dal VermeNiché sur la colline qui domine Bobbio, le Château Malaspina Dal Verme est l'une de ces destinations qui vous transporte immédiatement dans une autre époque. Construit à partir de 1304 à la demande de Corradino Malaspina, il fut un bastion gibelin avant de passer aux Visconti puis, en 1436, aux Dal Verme. C'est avec cette dernière famille que le château se transforma : d'austère forteresse défensive en demeure seigneuriale raffinée, surtout au milieu du XVIe siècle sous l'impulsion de Gian Maria Dal Verme. Aujourd'hui propriété de l'État (géré par la commune depuis 2020), il se visite toute l'année, avec des horaires variables selon la saison : généralement le week-end, parfois aussi en semaine. Le billet coûte 4 euros, tarif réduit 2.

    En entrant, ce qui frappe c'est la massive structure en pierre, avec le donjon rectangulaire de cinq étages et la caractéristique tour ronde. À l'intérieur, les salles racontent des siècles d'histoire : la Salle des Marines avec la fresque du XVIe siècle de la Vierge à l'Enfant, la Salle des fêtes avec cheminée et armes des Dal Verme, puis le Salon Art nouveau, la chambre Empire… chaque pièce a son intérêt. Mais le véritable clou est la légende : dans les souterrains se cache le Puits des Couteaux, un conduit tapissé de lames tranchantes où, selon la tradition, on jetait les ennemis. On dit que les fantômes de ces victimes errent encore dans les murs – j'avoue avoir eu un frisson. En montant à la tour, en revanche, la vue sur la Val Trebbia et les toits de Bobbio est une pure paix. Un conseil : arrivez calmement, de préférence au printemps ou en automne, et profitez aussi du bourg. Le château est au sommet, on y accède à pied par des ruelles médiévales – et cela seul est un voyage dans le temps.

    Château Malaspina Dal Verme

    Veleia Romana, la Pompéi du Nord

    Veleia RomanaEs-tu déjà allé à Veleia Romana ? Si tu penses que les sites archéologiques ne sont que de monotones tas de pierres, détrompe-toi. Ce joyau caché dans le Val d’Arda, sur la commune de Lugagnano, est l’un des endroits les plus fascinants du Nord de l’Italie. Et non, ce n’est pas exagéré de l’appeler la « Pompéi du Nord » : ici, les vestiges de toute une cité romaine ont été mis au jour grâce à une découverte fortuite en 1747 : la célèbre Table alimentaire de Trajan, la plus grande inscription en bronze du monde romain, aujourd’hui conservée au Musée archéologique de Parme. Les fouilles, ordonnées par le duc Philippe de Bourbon, ont révélé le forum, la basilique, les thermes et les boutiques. Se promener sur le dallage en grès du forum, financé par le magistrat Lucius Lucilius Priscus, c’est comme faire un saut de deux mille ans en arrière. Ne manque pas l’Antiquarium, où tu trouveras des moulages de la Table, des vestiges ligures et romains, et même une mosaïque avec un masque de théâtre. Et si tu y vas en été, eh bien, le Festival du Théâtre Antique anime les ruines avec des spectacles incontournables. Le site est bien équipé : parcours pour personnes handicapées, bar et restaurant. Les billets ne coûtent que 3 euros, et le premier dimanche du mois, c’est gratuit. Seul bémol : en hiver, ils couvrent les pavements pour les protéger, alors appelle avant pour savoir ce qui est visible. Mais crois-moi, ça vaut le coup.

    Veleia Romana

    Château de Montechiaro : un balcon sur le paysage de Plaisance

    Château de MontechiaroPerché sur une colline du petit hameau de Denavolo, le Château de Montechiaro est l’un de ces lieux qui vous font tomber amoureux de la Val Trebbia. Construit autour du Xe siècle, le château a des origines lombardes et a subi de nombreuses transformations au fil des siècles. Sa position stratégique en faisait un point de contrôle essentiel pour les voies de communication entre Plaisance et la Ligurie. Aujourd’hui, après une restauration minutieuse, il est visitable et offre un panorama à couper le souffle sur les collines environnantes.

    La structure se compose d’une enceinte crénelée, d’une tour carrée et d’un corps central avec des fenêtres en arc. En se promenant dans les salles, on respire une atmosphère ancienne, enrichie par des meubles d’époque et des fresques originales. La vue depuis la tour est inoubliable : forêts, vignobles et le lit de la Trebbia qui serpente au loin.

    Pour le visiter, je recommande de réserver à l’avance : il est ouvert surtout le week-end et lors d’événements spéciaux. Apportez des chaussures confortables, car le sentier pour y arriver est en terre et un peu raide, mais la montée est récompensée par la vue. Un véritable joyau caché, loin des circuits touristiques de masse.

    Château de Montechiaro

    Château de Gropparello : entre légendes et merveilles médiévales

    Château de GropparelloPerché sur un éperon de roches ophiolitiques surplombant le torrent Vezzeno, le Château de Gropparello est un de ces lieux qui coupent le souffle. Dès 810, Charlemagne l'a concédé à l'évêque de Plaisance, mais ses origines sont plus anciennes : ici se dressait un castrum romain du IIe siècle av. J.-C. L'histoire la plus fascinante ? Celle de Rosania Fulgosio, emmurée vivante par son mari au XIIIe siècle : on dit que son fantôme erre encore dans les salles. La visite guidée vous conduit à travers le donjon, la salle d'armes et les anciennes cheminées monumentales, mais le véritable coup d'œil est d'en haut, avec la vue sur les gorges. Le parc de 20 hectares est un joyau : le Musée de la Rose Naissante compte plus de 1200 roses de 125 variétés, et pour les enfants, il y a le Parc des Contes de Fées, le premier parc émotionnel d'Italie, avec des acteurs qui impliquent les petits dans des aventures médiévales. Si vous voulez passer la nuit, la suite dans la Tour des Hibous est creusée dans la roche avec baignoire à remous. Les billets ? Visite du château 13€ (tarif réduit 10€), Parc des Contes de Fées 29€ adultes, 24,50€ enfants. Ouvert toute l'année avec visites guidées obligatoires (horaires : en semaine à 11h30, le week-end également à 15h30). Un lieu qui allie histoire, nature et une pointe de mystère – parfait pour une escapade en dehors de la ville.

    Château de Gropparello

    Le Château de Monticelli d'Ongina : un château de conte de fées entre histoire et nature

    Château de Monticelli d'OnginaSi vous passez par Monticelli d'Ongina, ne manquez pas le Château de Monticelli d'Ongina (aussi appelé Rocca Pallavicino-Casali). C'est l'un des châteaux de plaine les plus imposants d'Émilie-Romagne, tout en briques apparentes, avec un plan carré et quatre tours rondes aux angles. Son histoire commence en 1298 comme fortification de Crémone, mais la structure actuelle fut voulue par Roland Pallavicino au début du XVe siècle et achevée par son fils Charles, évêque de Lodi. Vu de l'extérieur, il semble imprenable, mais en entrant on découvre des trésors incroyables. La Chapelle du Bembo est le joyau absolu : fresquée par Boniface et Benoît Bembo vers 1460, elle conserve une Dernière Cène qui, selon certains critiques, aurait pu inspirer Léonard de Vinci. Mais ce n'est pas tout : il y a aussi des scènes de la vie de Saint Bassien, un Saint Georges tuant le dragon et un portrait de l'évêque commanditaire. En montant à l'étage noble, les salons sont décorés de fresques du XVIIIe siècle célébrant la famille Casali, tandis qu'à l'étage supérieur du donjon oriental se trouvent les anciennes prisons avec des graffitis laissés par les détenus. Et en dessous ? Les caves abritent l'Aquarium et le Musée Ethnographique du Pô, avec une pirogue monoxyle du VIe-VIIe siècle, le Musée Paysan et le Musée Archéologique. La visite n'est possible que le dimanche (horaire hivernal 14h30-17h00, estival 15h00-18h30), mais attention : fermé en janvier, juillet, août et décembre. Réservez au 338 1801426. Et si vous entendez des plaintes ? Ce pourrait être le fantôme de Giuseppina, une légende locale…

    Château de Monticelli d'Ongina

    Abbaye de Val Tolla, le joyau enfoui de Morfasso

    Abbaye de Val TollaSi vous pensez que la Val d'Arda n'est que nature, vous vous trompez. À Morfasso, dans le hameau Monastero, se trouve un site archéologique incroyable : l'Abbaye de Val Tolla. Fondée par les Lombards au VIIe siècle, elle fut un centre de pouvoir immense, indépendant de l'évêque de Plaisance et directement protégé par les rois. Puis, en 1765, elle fut démolie et ensevelie. Jusqu'à il y a quelques années, il ne restait presque rien, puis les fouilles ont tout bouleversé.

    Sous terre ont émergé trois églises superposées : une du XIIe siècle, une du XVe et une du XVIIIe (celle de 1757). Les travaux, qui ont coûté environ 400 000 euros, ont révélé des absides, des murs et même un autel. Le site a été officiellement inauguré le 20 septembre 2025 après huit ans de recherches. Aujourd'hui, vous pouvez le visiter librement, avec des panneaux explicatifs qui racontent l'histoire.

    Si vous n'aimez pas marcher sur les vestiges, il y a une surprise : grâce à un modèle 3D et à une vidéo drone (disponibles en ligne), vous pouvez explorer l'abbaye depuis chez vous. Pour les passionnés, des excursions guidées de 6 km sont organisées chaque année pour voir les fouilles en cours avec les archéologues.

    Se promener parmi ces ruines vous donne l'impression d'être un explorateur. La végétation a tout caché pendant des siècles, et maintenant, peu à peu, l'histoire refait surface. Si vous passez par ici, ne le manquez pas : Morfasso a un trésor qui n'attend que d'être découvert.

    Abbaye de Val Tolla

    Collégiale Saint-Florent : un plongeon dans le Moyen Âge

    Collégiale Saint-FlorentSi vous passez par Fiorenzuola d'Arda, ne manquez pas la Collégiale Saint-Florent. C'est le cœur de la ville, un édifice qui mêle roman et gothique, avec cette façade en terre cuite qui semble raconter des histoires anciennes. Construite à partir de 1273 sur une église du IVe siècle, elle a nécessité plus de deux siècles pour être achevée : la consécration n'est arrivée qu'en 1525. À l'intérieur, la nef à trois travées avec piliers cylindriques et voûtes d'ogives vous laissera bouche bée. Les fresques de l'abside, de l'école lombarde du XVe siècle, représentent les histoires de saint Florent et une Crucifixion : elles ont été redécouvertes en 1962, cachées sous des couches de chaux. Le maître-autel, en marbre blanc, est une œuvre de Giampaolo Panini, tandis que la toile du Miracle de Saint Florent est de Marco Benefial. Le clocher, séparé du corps de l'église, s'élève sur les vestiges d'une ancienne tour : de là, la vue sur la place est magnifique. L'église est ouverte tous les jours de 7h à 12h et de 15h à 19h, avec entrée gratuite. Si vous êtes pèlerins sur la Via Francigena, vous trouverez ici une auberge qui accueille les voyageurs. Un conseil : prenez le temps d'admirer les détails des chapelles baroques, comme celle du Très-Saint-Sacrement. Cet endroit a une atmosphère qui vous ramène des siècles en arrière.

    Collégiale Saint-Florent

    Château de Paderna : entre douves et légendes

    Château de PadernaSi vous pensez que tous les châteaux italiens se ressemblent, vous n'avez pas encore mis les pieds au Château de Paderna. Niché dans la plaine du Pô à Pontenure, cette forteresse du XIe siècle est encore entourée de douves remplies d'eau. Son histoire commence en 817 après J.-C., lorsqu'elle apparaît sous le nom de « Curte Paterno ». En 1453, elle passe aux Marazzani, qui la transforment en résidence agricole et défensive. Aujourd'hui, elle est gérée par la marquise Luisa Casali di Monticelli.

    Le château a un plan carré, divisé en deux cours. La tour d'entrée, en brique, conserve les logements du double pont-levis. Mais l'élément le plus fascinant est le donjon dans l'eau, isolé dans les douves, qui servait de dernier refuge. À l'intérieur, ne manquez pas l'oratoire de Santa Maria, exemple d'art roman avec des colonnes romaines réemployées. Le plan en croix grecque et les voûtes d'arêtes vous laisseront sans voix. À voir aussi l'armurerie avec des armes médiévales et la vieille cuisine.

    Le château est ouvert de mai à septembre, le samedi et le dimanche, avec des visites guidées à 10h et 11h. Prix : 10€ adultes, 8€ tarif réduit. Mais si vous venez le premier week-end d'octobre, vous aurez la Revue des Plantes, Fleurs et Fruits oubliés, une foire avec plus de 160 exposants. La ferme biologique produit des pommes anciennes. Et puis il y a la légende du chevalier Confalonieri, dont l'ombre errerait entre les murs. On dit que ses cris s'entendaient « à un jet d'arbalète ». Bref, un château qui allie histoire, nature et une pointe de mystère.

    Château de Paderna