Que voir à Forlì : art, histoire et places


🧭 À quoi s’attendre

  • Idéal pour un week-end à la découverte de l'histoire romagnole
  • Points forts : Abbaye San Mercuriale, Cathédrale, Musées San Domenico
  • Recommandé à amateurs d'art et voyageurs curieux
  • Meilleure période printemps et automne, mais visitable toute l'année

Événements aux alentours


Que voir à Forlì ? Forlì est une ville qui surprend : un centre historique compact, riche en monuments et musées, parfait pour un week-end ou une excursion d'une journée. En flânant sur la Piazza della Vittoria, la place principale, on rencontre la Cathédrale Sainte-Croix et l'imposante Abbaye San Mercuriale, symboles de la ville. À ne pas manquer les Musées San Domenico, qui abritent la Pinacothèque et des expositions temporaires, ainsi que le Musée du Risorgimento pour les passionnés d'histoire. Pour les amateurs d'architecture, la Rocca di Ravaldino et la Tour Civique offrent des vues pittoresques. Forlì est aussi une culture vivante avec le Théâtre Diego Fabbri. Le parcours peut commencer à Porta Schiavonia, ancienne porte d'entrée, et se poursuivre vers l'Église San Pellegrino et le Sanctuaire Santa Maria delle Grazie. Pour une pause verte, le Parc Urbain Franco Agosto offre détente. Forlì c'est aussi la gastronomie : goûtez la piadina romagnole et les passatelli. Bref, un concentré d'histoire, d'art et de saveurs.

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Itinéraires aux alentours


Cathédrale Sainte-Croix : un plongeon entre histoire, art et foi

Cathédrale Sainte-CroixLa Cathédrale Sainte-Croix, la cathédrale de Forlì, est bien plus qu'un lieu de culte : c'est un voyage dans l'histoire de la ville. Ne vous laissez pas tromper par sa façade néoclassique du XIXe siècle, œuvre de l'architecte Giulio Zambianchi (achevée en 1841). Dès que vous entrez, vous réalisez que le passé y est vivant, stratifié. Le plan est à trois nefs avec des colonnes corinthiennes, mais la vraie surprise réside dans les deux chapelles latérales, vestiges de l'église médiévale. À gauche, la Chapelle de la Madonna del Fuoco est un triomphe baroque : construite entre 1619 et 1636, elle abrite la xylographie du XVe siècle qui, selon la tradition, échappa miraculeusement à un incendie en 1428. Elle est la patronne de la ville, et sa fête le 4 février est un événement incontournable (avec dégustation de piadina à l'anis !). La coupole octogonale, fresquée par Carlo Cignani avec l'Assomption de la Vierge, vous laisse bouche bée. Sur l'arc d'entrée, Pompeo Randi a peint le miracle. De l'autre côté, la Chapelle du Très Saint Sacrement (1490) fut commandée par Catherine Sforza : on y conserve la fresque de la Madonna della Ferita, qui selon la légende saigna après avoir été poignardée. À ne pas manquer non plus le crucifix roman en bois du XIIe siècle, avec le Christ triomphant (pas de clous ni couronne d'épines, mais les yeux ouverts et une couronne royale). Une petite anecdote : sous l'arc de la coupole, à droite, se trouve le tombeau du peintre Cignani. Le clocher actuel est une reconstruction d'après-guerre (l'original s'est effondré en 1944), mais il ne gâche pas la vue. L'entrée est gratuite et l'église est ouverte tous les jours (6h30-12h00 et 16h00-19h00). Un conseil : demandez à voir les Archives capitulaires (accessibles sur demande à la sacristie) pour admirer des reliquaires du XIVe siècle et le tableau du miracle. Bref, un endroit qui vous fait toucher du doigt des siècles de dévotion et d'art.

Cathédrale Sainte-Croix

Abbaye Saint-Mercuriale

Abbaye Saint-MercurialeAu cœur de Forlì, sur la place Aurelio Saffi, se dresse l'Abbaye Saint-Mercuriale, le monument le plus emblématique de la ville. Construite entre 1178 et 1181 dans le style roman lombard, elle s'élève sur les ruines d'une église paroissiale du VIe siècle. La façade en briques rouges est dominée par un clocher de plus de 75 mètres de haut, qui a inspiré celui de Saint-Marc à Venise. Sur la lunette du portail, un haut-relief du Maître des Mois de Ferrare représente le Songe et l'Adoration des Mages, considéré comme l'une des premières crèches sculptées. À l'intérieur, à trois nefs avec charpente en bois, sont conservées des œuvres de Marco Palmezzano, Ludovico Cardi et le monument funéraire de Barbara Manfredi (1466). Les reliques du saint patron se trouvent dans la chapelle Mercuriali ; des études menées en 2018-2019 ont confirmé que le corps et la tête appartiennent à un homme d'origine asiatique, mort entre 50 et 60 ans. L'atmosphère est recueillie, entre le parfum de l'encens et la lumière filtrant par la rosace. L'entrée est gratuite et l'église est ouverte tous les jours de 7h30 à 19h00. Le clocher ne se visite que lors d'occasions spéciales (Noël, Pâques, 4 février et 26 octobre). Garez-vous place XX Settembre et promenez-vous dans le cloître Renaissance, orné de fresques représentant la vie de saint Jean Gualbert.

Abbaye Saint-Mercuriale

Rocca de Ravaldino

Rocca de RavaldinoEn vous promenant dans Forlì, ne manquez pas la Rocca de Ravaldino, mieux connue sous le nom de Rocca de Caterina Sforza. Cette imposante forteresse de la Renaissance a été reconstruite en 1471 à la demande de Pino III Ordelaffi sur les plans de Giorgio Marchesi da Settignano. Son plan carré avec quatre tours rondes et le haut donjon la rendent immédiatement reconnaissable. Un détail qui m'a frappé ? L'escalier en colimaçon en pierre de grès à l'intérieur du donjon : pas moins de 47 marches (selon certaines sources 67) qui tiennent par superposition, sans pivot central. Une rareté architecturale ! C'est ici qu'a vécu et résisté héroïquement Caterina Sforza après l'assassinat de son mari Girolamo Riario en 1488. Sa figure est entourée de légendes : on raconte que pendant le siège elle a fait preuve d'un courage incroyable, défiant ses ennemis par un geste devenu symbole de sa détermination. En 1500, la rocca tomba aux mains de César Borgia, dont les armoiries sont encore visibles sur la courtine sud. Devenue prison, elle conserve des gravures de détenus. Aujourd'hui, après une longue restauration, elle a été rouverte au public en avril 2024. Elle accueille le festival estival 'Arena Forlì Rocca di Caterina Estate' avec musique et spectacles, tandis qu'en hiver il y a 'Forlì Rocca Experience' avec des reconstitutions historiques. L'entrée est gratuite le week-end (horaires variables). La visiter vous fera plonger dans le passé, entre histoire, architecture et une vue imprenable sur la ville. Ah, le jardin avec les vieux sièges est parfait pour une pause à l'ombre des micocouliers.

Rocca de Ravaldino

Rocca de Ravaldino

Rocca de RavaldinoEn vous promenant dans Forlì, ne manquez pas la Rocca de Ravaldino, mieux connue sous le nom de Rocca de Caterina Sforza. Cette imposante forteresse de la Renaissance a été reconstruite en 1471 à la demande de Pino III Ordelaffi sur les plans de Giorgio Marchesi da Settignano. Son plan carré avec quatre tours rondes et le haut donjon la rendent immédiatement reconnaissable. Un détail qui m'a frappé ? L'escalier en colimaçon en pierre de grès à l'intérieur du donjon : pas moins de 47 marches (selon certaines sources 67) qui tiennent par superposition, sans pivot central. Une rareté architecturale ! C'est ici qu'a vécu et résisté héroïquement Caterina Sforza après l'assassinat de son mari Girolamo Riario en 1488. Sa figure est entourée de légendes : on raconte que pendant le siège elle a fait preuve d'un courage incroyable, défiant ses ennemis par un geste devenu symbole de sa détermination. En 1500, la rocca tomba aux mains de César Borgia, dont les armoiries sont encore visibles sur la courtine sud. Devenue prison, elle conserve des gravures de détenus. Aujourd'hui, après une longue restauration, elle a été rouverte au public en avril 2024. Elle accueille le festival estival 'Arena Forlì Rocca di Caterina Estate' avec musique et spectacles, tandis qu'en hiver il y a 'Forlì Rocca Experience' avec des reconstitutions historiques. L'entrée est gratuite le week-end (horaires variables). La visiter vous fera plonger dans le passé, entre histoire, architecture et une vue imprenable sur la ville. Ah, le jardin avec les vieux sièges est parfait pour une pause à l'ombre des micocouliers.

Rocca de Ravaldino

Musées de San Domenico et Pinacothèque

Musées de San Domenico, PinacothèqueSi vous passez par Forlì, ne manquez pas les Musées de San Domenico, un ensemble qui allie histoire, art et culture dans une atmosphère surprenante. Installé dans un ancien couvent dominicain du XIIIe siècle, il abrite aujourd'hui la Pinacothèque Civique et des expositions temporaires de niveau international. Le parcours muséal se déploie à travers cinq édifices historiques : le Couvent des Dominicains, l'Église Saint-Jacques-Apôtre, le Couvent des Augustins, la Salle Sainte-Catherine et le Palais Pasquali. Chaque espace a sa personnalité, mais le véritable joyau est le réfectoire avec ses fresques du XVIe siècle de Girolamo Ugolini, dont la Crucifixion et des scènes de la vie de saint Dominique. À l'intérieur, la pinacothèque possède des chefs-d'œuvre comme la Dame aux jasmins de Lorenzo di Credi, l'Annonciation de Marco Palmezzano – où à l'arrière-plan apparaît le clocher de San Mercuriale – et la célèbre Hébé de Canova, l'une des quatre versions autographes. On y trouve aussi des œuvres du Beato Angelico, du Guercino et de nombreux autres maîtres. Attention : le billet pour la pinacothèque est également valable pour le site de Palazzo Romagnoli. Le complexe est facilement accessible, avec un parking adjacent, et accessible aux personnes handicapées. Outre la collection permanente, des expositions incontournables sont organisées chaque année – par le passé consacrées à des thèmes comme le Baroque, Ulysse et Madeleine – qui attirent des visiteurs de toute l'Italie. Bref, un lieu où l'art ancien et contemporain dialoguent, parfait pour une matinée ou un après-midi de découverte.

Musées de San Domenico, Pinacothèque

Musée du Risorgimento : entre reliques et histoire nationale

Musée du RisorgimentoSi vous êtes à Forlì et souhaitez vous immerger dans l'histoire italienne, ne manquez pas le Musée du Risorgimento « A. Saffi », un petit écrin de mémoires logé dans le Palais Gaddi du XVIIIe siècle. Fondé en 1888 grâce au don d'Amalia, épouse du patriote Piero Maroncelli, le musée s'est enrichi au fil des décennies de legs de citoyens forlìens, couvrant une période allant de l'époque napoléonienne à la Seconde Guerre mondiale. En entrant, une atmosphère intime vous accueille : huit salles dédiées à des personnages comme Aurelio Saffi, Achille Cantoni et Carlo Matteucci, avec documents, manuscrits, vêtements et photographies d'époque. La vocation garibaldienne des Forlìens se manifeste fortement : on y trouve des reliques de Garibaldi, d'Antonio Fratti (tombé à Domokos) et des frères Spazzoli. Une petite salle est consacrée aux deux Médailles d'Or de la Grande Guerre, Fulcieri Paulucci di Calboli et Italo Stegher. Sont également présents des artefacts du 11e Régiment d'Infanterie « Forlì », avec son journal historique de 1871 à 1938, et des témoignages de la Résistance, comme ceux du groupe partisan Corbari. En raison des restaurations commencées en 2004, le musée a été transféré au rez-de-chaussée, où l'espace réduit a temporairement caché les sections sur la Seconde Guerre mondiale et les guerres d'Afrique. Mais ce qui reste est déjà fascinant. À ne pas manquer, la Salle Raniero Paulucci de Calboli, avec de précieuses reliures du XVIe au XXe siècle et des sculptures d'Adolfo Wildt. Entrée gratuite, ouvert du mardi au samedi de 9h à 13h et le dimanche sur demande. Je vous conseille d'appeler avant (0543 712627 ou 0543 21109) pour être sûr. Un lieu qui émeut et fait réfléchir, parfait pour ceux qui aiment les histoires de courage et de liberté.

Musée du Risorgimento

Porte Schiavonia : la seule porte survivante de Forlì

Porte SchiavoniaSi vous vous promenez sur le Corso Garibaldi, en direction du fleuve Montone, vous tombez sur Porte Schiavonia, la seule des quatre portes médiévales de Forlì à avoir échappé à la démolition du début du XXe siècle. C'est la porte qui regarde vers le nord, celle qui autrefois reliait la ville au faubourg extérieur et qui se dresse aujourd'hui au milieu d'une zone en pleine transformation. Son aspect actuel remonte au XVIIe siècle, de style baroque : un unique arc en plein cintre, flanqué de pilastres et surmonté des armoiries de la ville et d'une inscription latine. Sous l'arc, une niche abritait une peinture de la Madonna del Fuoco entre les saints Vitale et Valeriano, patrons de Forlì. Mais l'histoire de cette porte est tourmentée : déjà documentée au XIIIe siècle, elle a été démolie et reconstruite à plusieurs reprises, et en 1556, le pape Paul IV ordonna même sa destruction pour la reconstruire dans une position plus stratégique. Le nom "Schiavonia" viendrait peut-être des marchands slaves qui fréquentaient la zone, mais à Forlì on dit "S-ciavanì". Aujourd'hui, la porte est au centre d'un projet de réaménagement : deux grands bâtiments abritant le Centro Giochi 2000 et le Diagonal Loft Club ont été démolis, et à leur place s'élèvera un supermarché Despar avec des parkings publics, dans le respect de la sécurité hydraulique après l'inondation de mai 2023 (lorsque le Montone a débordé ici même). À proximité, les vestiges de l'ancienne Rocchetta di Schiavonia et le Monument aux Anges de la Boue rappellent la force de la communauté. Un lieu où histoire, urbanisme et vie de quartier s'entremêlent.

Porte Schiavonia

Basilique Saint-Pèlerin Laziosi : entre foi et histoire

Saint-Pèlerin - Sainte-Marie-des-ServiteursSi vous passez par Forlì, ne manquez pas la Basilique Saint-Pèlerin Laziosi, également connue sous le nom d'église Sainte-Marie-des-Serviteurs. La façade en briques est d'une simplicité trompeuse : dès l'entrée, vous vous trouvez plongés dans un foisonnement baroque, avec trois nefs et dix autels latéraux richement décorés. Le contraste est voulu, presque théâtral. Ici repose le corps du saint, dans une châsse de verre dans la Chapelle Saint-Pèlerin, conçue par Giuseppe Merenda entre 1741 et 1743. Je vous conseille également de jeter un coup d'œil à la Salle du Chapitre, un espace du XIVe siècle qui conserve des fresques de l'école giottesque – l'un des rares exemples de gothique en Romagne. Pèlerin Laziosi, qui vécut entre le XIIIe et le XIVe siècle, est le protecteur des malades du cancer : on dit qu'il fut miraculeusement guéri d'une gangrène à la jambe après avoir prié devant le crucifix. Chaque 1er mai, en son honneur, se tient la Foire Saint-Pèlerin : le parvis se remplit d'étals vendant des cédrats, le fruit symbole du saint, qui selon la tradition avait des propriétés curatives. L'entrée est gratuite et l'église est ouverte tous les jours, de 7h30 à 11h30 et de 16h30 à 18h45. Bref, un lieu qui mêle art, dévotion et traditions populaires de manière surprenante.

Saint-Pèlerin - Sainte-Marie-des-Serviteurs

Piazza della Vittoria : le cœur monumental de Forlì

Place de la VictoireSi vous passez par Forlì, arrêtez-vous sur la Place de la Victoire : c'est le salon monumental de la ville, un carrefour très fréquenté qui raconte pourtant des histoires guerrières et des architectures imposantes. Au centre se dresse la colonne toscane en pierre de Trani haute de 22 mètres, surmontée de trois statues en bronze de la Victoire ailée – une œuvre de 1932 signée Cesare Bazzani. Sur les côtés, deux autels sacrificiels avec des bas-reliefs de Bernardino Boifava représentant Attaque, Défense, Sacrifice et Paix victorieuse ; l'eau qui tombe des mascaron ajoute une touche presque sacrée. Ne manquez pas les Pavillons Jumeaux (toujours de Bazzani) qui forment l'entrée spectaculaire du cours de la République, et le proche ancien Collège Aéronautique, de pur style rationaliste, avec la statue d'Icare devant. Sous vos pieds, des vestiges romains rappellent que la via Emilia passait ici. C'est un lieu qui mêle fierté nationale et quotidien : entre voitures et piétons, on respire une atmosphère d'un autre temps.

Place de la Victoire

Tour Civique : le symbole retrouvé de Forlì

Tour CiviqueEn marchant sur la Piazza Saffi, il est impossible de ne pas la remarquer : la Tour Civique se dresse derrière le Palazzo Comunale, haute de 72 mètres, symbole du pouvoir de la ville. Mais celle que vous voyez aujourd'hui n'est pas l'originale : la tour a été dynamitée par les nazis en retraite le 9 novembre 1944, et pendant trente ans, le centre de Forlì est resté sans sa sentinelle. Reconstruite entre 1975 et 1976 grâce à une souscription publique, la tour est aujourd'hui plus haute de quelques mètres par rapport à la version du XIXe siècle, qui atteignait 65 mètres. La structure porteuse est en béton armé recouvert de briques apparentes, gardant le même aspect qu'autrefois. Mais son histoire est bien plus ancienne : elle repose sur des vestiges de l'époque romaine, lorsque le fleuve Montone coulait ici. Au Moyen Âge, elle servait de tour de guet, de clocher, d'horloge et même de prison. Au sommet, on exposait les têtes tranchées des exécutés, un avertissement macabre. L'horloge, aujourd'hui électrique, comporte quatre cadrans et depuis le XIVe siècle, elle rythmait la vie de la ville. À la base, dans les sous-sols, se cachait une prison où moururent de nombreuses personnes, dont Cecco IV Ordelaffi. Aujourd'hui, la tour ne se visite pas à l'intérieur, mais l'admirer de l'extérieur est une expérience qui vous ramène dans le temps. La façade arrière, donnant sur la Piazzetta XC Pacifici, conserve trois plaques commémoratives rappelant la reconstruction et certains disparus. Un conseil ? Levez les yeux : les quatre cadrans de l'horloge sont visibles de tous les coins de la place, et le soir, la tour s'illumine, offrant une atmosphère suggestive. Forlì sans sa Tour Civique ne serait pas la même.

Tour Civique

Théâtre Diego Fabbri : un écrin moderne de théâtre et de culture

Théâtre Diego FabbriSi vous passez par Forlì, ne manquez pas le Théâtre Diego Fabbri, le principal théâtre de la ville. Inauguré en septembre 2000 avec un concert mémorable de l'Orchestre philharmonique de la Scala dirigé par Riccardo Muti, ce théâtre a une histoire fascinante. Il s'élève sur l'emplacement de l'ancien Cinéma Astra, qui lui-même avait remplacé le Théâtre communal détruit en 1944 lorsque la tour civique s'est effondrée sur lui lors d'un bombardement. Le nom rend hommage au dramaturge forlivese Diego Fabbri. Aujourd'hui, c'est un point de repère culturel, avec une capacité de 710 places (550 en orchestre et 160 en galerie), un foyer de 100 places et deux salles de répétition. La structure est moderne, non à l'italienne, avec des lignes épurées et fonctionnelles. La programmation va de la prose à la danse, du comique à la musique, avec une saison qui compte plus de 30 rendez-vous. Je l'ai trouvé accueillant et bien organisé, avec une atmosphère vivante et jeune. Le foyer est idéal pour un apéritif avant le spectacle, et le personnel est aimable. Si vous êtes en ville, consultez le programme : cela vaut la peine de réserver un billet. La billetterie (0543 26355) est ouverte les jours de spectacle, ou vous pouvez acheter en ligne. Bref, un lieu qui allie histoire, art et divertissement de qualité.

Théâtre Diego Fabbri

Sanctuaire de Santa Maria delle Grazie : un joyau de la Renaissance au plan circulaire

Sanctuaire de Santa Maria delle GrazieSi vous vous trouvez à Forlì, ne manquez pas le Sanctuaire de Santa Maria delle Grazie, dans le hameau de Fornò. Cet édifice est l'un des plus importants exemples d'architecture Renaissance de la Romagne, avec un plan circulaire de 34 mètres de diamètre qui en fait l'une des églises circulaires les plus significatives d'Italie. Son histoire commence en 1450 par la volonté de Pietro Bianco, un ancien pirate albanais devenu ermite, qui voulut y construire un sanctuaire dédié à la Madone. De l'extérieur, l'atrium avec ses charpentes et ses fresques de Pietro da Bagnara frappe le regard, tandis qu'au-dessus du portail, une niche abrite une copie de la Vierge à l'Enfant d'Agostino di Duccio (l'original se trouve à l'évêché). En entrant, l'espace enveloppe : sous la coupole octogonale, une frise Renaissance en terre cuite représente apôtres et saints, restaurée en 1853. À gauche, se distingue le portrait du pape Jules II, qui séjourna ici en 1507. En face, le tombeau de Pietro Bianco (1479), un sarcophage en marbre suspendu avec le visage réaliste de l'ermite, comme s'il avait été moulé sur un masque mortuaire. Mais le véritable chef-d'œuvre est l'édicule en marbre de la Très Sainte Trinité adorée par Pietro Bianco, attribué à Agostino di Duccio : un bas-relief que Vittorio Sgarbi dit unique au monde. Sur l'autel central brille l'icône de la Madone Théotokos, tandis que dans les chapelles latérales se trouvent des toiles du XVIIe siècle. Attention : pour visiter, il faut sonner à la porte de la communauté Pape Jean XXIII (contacter don Mauro Ballestra au 3393315393). Les messes dominicales sont à 8h30 et 10h30. Le sanctuaire est également ouvert de 15h à 17h. S'y rendre est simple : depuis la sortie d'autoroute A14 de Forlì, prendre via Cervese vers Cervia, puis à Carpinello tourner à droite dans via del Santuario. Un lieu qui allie art, foi et une histoire incroyable.

Sanctuaire de Santa Maria delle Grazie

Musée romagnol du théâtre : un voyage dans l'opéra forlinais

Musée romagnol du théâtreSi vous êtes à Forlì et passionné d'opéra ou d'histoire du théâtre, ne manquez pas le Musée romagnol du théâtre, niché au rez-de-chaussée du Palazzo Gaddi (Corso Garibaldi 96). Un véritable joyau né des dons du ténor Angelo Masini et de la soprano Maria Farneti, enrichi ensuite de plus de 650 objets collectionnés par Antenore Colonnelli. En vous promenant dans les huit salles, vous croirez encore entendre les applaudissements du public de l'Impérial de Saint-Pétersbourg ou du Teatro Comunale de Forlì, celui conçu par Cosimo Morelli en 1776 et malheureusement détruit en 1944. Chaque salle a son histoire : celle de Masini expose son établi de cordonnier, des costumes de scène (comme le pourpoint du Duc de Mantoue) et même un billet autographe de Verdi. Un peu plus loin, la salle de Maria Farneti raconte son ascension dans le répertoire vériste, avec des photos et des souvenirs. La partie qui m'a le plus frappé est la Salle des instruments de musique, avec le quatuor à cordes « Masini » construit par Secondo Paganini d'après un modèle de Guarneri del Gesù, et un piano mécanique à rouleaux de 1926. Et puis il y a les Canterini Romagnoli, avec leurs « cante » a cappella mises en musique par Cesare Martuzzi. Un coin est également dédié à Ines Lidelba, reine de l'opérette, et à l'acteur Ermete Novelli. Le musée est ouvert uniquement sur réservation, mais l'entrée est gratuite. Une anecdote : dans la cour, deux médaillons en bronze de Siboni et Tadolini, provenant de l'ancien théâtre. Pour les passionnés, la collection de marionnettes (environ une centaine) est consultable sur demande. Un plongeon dans la culture romagnole qui mérite absolument une visite.

Musée romagnol du théâtre

Villa Carpena – La maison des souvenirs

Villa CarpenaÀ quelques kilomètres de Forlì, immergée dans la campagne, se trouve la Villa Carpena, également connue sous le nom de Villa Mussolini. Ne vous attendez pas à un palais : c'est une demeure rurale qui raconte la vie d'une famille, avec tous ses hauts et ses bas. Achetée en 1914 par Rachele Guidi, la villa fut agrandie par Benito Mussolini en 1923. Aujourd'hui, c'est un musée privé, ouvert depuis 2001, où le temps semble s'être arrêté. On entre dans un monde fait d'objets du quotidien, de meubles d'origine et de souvenirs personnels : de la motocyclette Bianchi au violon du Duce, de l'uniforme porté le 25 avril 1945 à un pastel du fils Bruno. Mais ce n'est pas que de la nostalgie : le jardin surprend avec un Fieseler Fi 156 Storch en état de marche, une maisonnette en carton de 1927 pour les enfants et des statues de Francesco Messina. Il y a aussi une pagode votive offerte par l'empereur Hirohito. Chaque recoin a une histoire à raconter. Les visites guidées sont idéales pour découvrir les pièces – du salon d'attente au bureau de Mussolini – et les récits du guide rendent tout plus vivant. Le parcours se déroule sur trois étages : au rez-de-chaussée la cuisine et le bureau, au premier les chambres, au grenier une bibliothèque dédiée à Romano Mussolini. Le terrain est légèrement irrégulier, donc des chaussures confortables sont de rigueur. La Villa Carpena n'est pas seulement un lieu pour les passionnés d'histoire, mais aussi pour ceux qui recherchent une atmosphère authentique, entre odeurs de campagne et silence. Et si vous avez de la chance, vous pourriez tomber sur l'un des événements sportifs ou culturels que le club de tennis local organise.

Villa Carpena

Église Sant'Antonio Vecchio : un joyau roman au cœur de Forlì

Église Sant'Antonio VecchioSi vous flânez sur le Corso Armando Diaz, vous tomberez sur une petite église romane qui semble venir d'une autre époque : c'est l'Église Sant'Antonio Vecchio, un édifice qui a traversé les siècles en changeant mille fois de visage. Construite au début du XIIe siècle sous l'impulsion de l'abbé du monastère de Fiumana, elle apparaît pour la première fois dans une correspondance de 1226. Après la désacralisation napoléonienne de 1797, elle a servi de grange, d'écurie, de salle de bal (appelée « Gran Bretagna »), de dépôt de fourrage et même d'épicerie. Une dégradation qui semblait irréversible, mais grâce aux restaurations des années 1930 et 1950, l'église retrouve aujourd'hui tout son éclat. Sur la façade en brique se distingue une élégante baie géminée centrale, tandis que les anciennes fresques (une Vierge à l'Enfant et saint Antoine abbé) ont été détachées en 1997 et se trouvent aux Musées de San Domenico. À l'intérieur, deux grandes plaques commémorent plus d'un millier de morts forlìsiens, de Guido da Montefeltro à la Seconde Guerre mondiale, quatre femmes tuées en 1832 et bien d'autres. Depuis 1954, c'est le Mémorial des Morts de toutes les guerres, mais il est aussi utilisé pour des expositions et des événements culturels : en 2021, il a accueilli « Ignoto Militi 1921-2021 », en entrée libre. L'atmosphère est recueillie, presque suspendue : entre les œuvres modernes de Piero Angelini et Enzo Pasqui, le passé et le présent se confondent. Une halte ici est une plongée dans l'histoire forlìsienne, authentique et parfois oubliée.

Église Sant'Antonio Vecchio

Palazzo Guarini Torelli : art, histoire et un héritage canovien

Palazzo Guarini TorelliLe Palazzo Guarini Torelli est l'un de ces lieux qui, bien que n'étant pas toujours ouvert, raconte une histoire fascinante. Situé le long du Corso Garibaldi, l'antique Via Emilia, cet édifice noble remonte au XVIe siècle et arbore une façade austère avec un balcon pré-baroque à l'angle. À l'intérieur, malheureusement non visitable en raison de la propriété privée, se cache une cour du XVIe siècle à plan carré avec portiques et loggias, attribuée même à Michel-Ange. Le jardin abrite une tour colombier aux proportions insolites. Mais le véritable trésor du palais est la célèbre statue Hébé d'Antonio Canova, commandée en 1816 par la comtesse Veronica Guarini. L'œuvre, dotée d'un mécanisme rotatif pour être admirée sous tous les angles, est restée ici jusqu'en 1887, date à laquelle elle fut vendue à la commune après un vif débat. Aujourd'hui, l'Hébé est conservée aux Musées San Domenico, mais son lien avec le Palazzo Guarini Torelli est indissoluble. Les intérieurs, décorés par Felice Giani avec des tempera néoclassiques, et le mobilier du XVIIIe siècle font de ce palais un véritable joyau. Si vous vous promenez à Forlì, arrêtez-vous devant le numéro 94 : même l'extérieur, avec son portail du XVIIe siècle et la cour imaginée, mérite un coup d'œil. Et qui sait, peut-être qu'un jour l'étage noble trouvera un locataire et nous pourrons à nouveau le visiter.

Palazzo Guarini Torelli