Monte Legnoncino : randonnée panoramique depuis Sueglio

Le Monte Legnoncino (1 711 m) est le belvédère panoramique de Sueglio, dans le Valvarrone : d’où le regard s’étend sur le haut lac de Côme, le Monte Legnone et la Valteline. On monte à travers des forêts de châtaigniers et de mélèzes, des petits lacs, des tranchées et des galeries de la ligne Cadorna, avec le refuge Roccoli Lorla et la petite chapelle San Sfirio comme étapes. C’est une excursion de difficulté moyenne, adaptée à ceux qui ont un minimum d’entraînement et l’envie de marcher.
– Panorama à 360° sur le lac de Côme, la Valchiavenna et les Alpes.
– Petit lac d’Artesso et Roccoli Lorla, avec des aires de repos et des refuges.
– Ligne Cadorna : tranchées, postes de tir et galeries de la Première Guerre mondiale.
– Petite chapelle San Sfirio et croix sommitale, entre rochers et histoire.


Événements aux alentours


Copertina itinerario Monte Legnoncino : randonnée panoramique depuis Sueglio
Monte Legnoncino : montée depuis Sueglio entre le petit lac d’Artesso, les tranchées de la ligne Cadorna, Roccoli Lorla et la petite chapelle San Sfirio, avec vue sur le Haut-Lario.

À savoir


Monte Legnoncino : randonnée panoramique depuis Sueglio

La montée de Sueglio au Monte Legnoncino est l’une de ces randonnées qui marquent les esprits : ce n’est pas le Legnone, mais le fameux « petit Legnone » offre un balcon sur le Haut Lario difficile à égaler. On part du village de Valvarrone et l’on grimpe entre ruelles, chemins muletiers et bois, avec le petit lac d’Artesso pour première pause. Puis viennent les tranchées de la ligne Cadorna, les emplacements de canons et le tunnel militaire : l’histoire de la Première Guerre mondiale à ciel ouvert. Aux Roccoli Lorla, l’étang, le refuge et les mélèzes préparent au dernier tronçon, jusqu’à la petite église de San Sfirio et à la croix sommitale. Le panorama s’étend sur le lac de Côme, le Monte Legnone, la Valchiavenna et la Valteline. Ce n’est pas un parcours anodin : depuis Sueglio, il exige de l’entraînement, mais il récompense par des points de vue continus et une arrivée vraiment panoramique.

Repères historiques

Le mont Legnoncino abrite une histoire militaire et une dévotion populaire. La petite église de San Sfirio a été construite en 1771 ; selon la légende, Sfirio choisit ce sommet pour y vivre en solitaire et communiquait avec ses frères au moyen de feux nocturnes. Dans l’église paroissiale de San Martino à Sueglio sont conservées des reliques attribuées au saint. Entre la fin du XIXe siècle et la Première Guerre mondiale fut réalisée la Ligne Cadorna, le système défensif du Haut-Lario : tranchées, emplacements pour mitrailleuses, postes en grotte, observatoires et galeries. Beaucoup de ces structures ne furent jamais utilisées au combat, mais restent visibles dans le paysage. Aujourd’hui, l’itinéraire les relie au moyen de panneaux et de sentiers militaires. Chronologie :

  • 1771 : construction de la petite église de San Sfirio.
  • 1899-1918 : réalisation de la Ligne Cadorna.
  • Première Guerre mondiale : postes et observatoires sur le Legnoncino.
  • Aujourd’hui : tranchées et galeries visitables le long du parcours de randonnée.

De Sueglio à Artesso : un premier avant-goût du Lario

À Sueglio, le départ se fait près de la mairie, à quelques pas de l’arrêt de bus et des parkings. Les ruelles montent rapidement, puis le tracé entre dans la forêt et croise à plusieurs reprises la route carrossable. Sur les premiers tronçons, les indications ne sont pas nombreuses : mieux vaut garder la trace à l’œil. On rejoint les chalets et les prairies de Loco Tocco, puis le petit lac d’Artesso, avec fontaine et aire de repos. Ici démarre le parcours des batteries d’Artesso, avec des panneaux qui racontent les positions de la Première Guerre mondiale. Un peu plus haut se trouve le Roccolo di Artessio, utilisé pour le baguage des oiseaux migrateurs. En continuant, on arrive au Refuge Bellano et au « grand sentier des tranchées » : tranchées, emplacements pour mitrailleuses et postes en grotte se succèdent entre mélèzes et échappées sur le Lario. La galerie ex-militaire est restaurée et ouverte, mais une lampe de poche peut être utile.

Roccoli Lorla, San Sfirio et le sommet

Après les tranchées, on arrive aux Roccoli Lorla, où se trouvent un petit étang et le refuge du même nom, un point d’appui pratique également pour la fontaine. L’étang est peuplé d’amphibiens : on remarque surtout les crapauds et les grenouilles dans les zones humides. De là, on peut monter par une route militaire en lacets, agréable et panoramique, ou par un sentier plus raide dans la forêt de mélèzes. Une fois la galerie passée, un passage légèrement exposé mène à la crête et à la chapelle de San Sfirio, construite en 1771. On poursuit avec prudence entre les rochers jusqu’à la croix sommitale, où se trouvent également une statuette de la Vierge et la borne topographique. Le panorama est à 360° : le mont Legnone, le Pizzo Tre Signori, la Valvarrone, la Val Chiavenna, le Haut-Lario, le Bregagno, le Pizzo Badile et, par temps clair, le mont Rose.

Pourquoi le visiter

Il y a au moins trois bonnes raisons de monter au Legnoncino. La première, c’est le panorama : peu de randonnées dans la région offrent une vue aussi complète sur le lac de Côme, le Pian di Spagna, le lac Mezzola et les Alpes. La deuxième, c’est l’histoire à portée de chaussure : tranchées, emplacements de canons, galeries et observatoires de la ligne Cadorna se découvrent le long du chemin, sans avoir besoin de musée. La troisième, c’est la flexibilité : on peut partir de Sueglio pour un itinéraire plus long et plus exigeant, ou d’Artesso ou des Roccoli Lorla pour une montée plus courte, adaptée aussi aux familles et aux chiens. Les refuges, lorsqu’ils sont ouverts, permettent de faire une pause ; au sommet, des tables de pique-nique sont à disposition. Ne vous attendez pas à une montagne solitaire : le week-end, la route qui mène aux Roccoli Lorla est étroite et fréquentée. Mais dès que l’on marche, le Lario prend le dessus.

Quand partir

Le moment que je préfère, c’est une journée limpide avec une lumière rasante, tôt le matin ou en fin d’après-midi : le lac de Côme s’ouvre sous la crête et le Monte Legnone semble plus proche. En automne, les forêts de châtaigniers et de mélèzes changent de couleur et l’air est souvent limpide ; au printemps, la neige résiduelle peut rendre glissants les passages ombragés. En été, mieux vaut éviter les heures centrales, car la montée est longue et peu abritée dans les sections à découvert. Après une chute de neige, le paysage est magnifique, mais il faut des mini-crampons et un peu d’expérience. Si le ciel est nuageux, le risque est d’arriver au sommet dans le brouillard : vérifiez la météo et choisissez une fenêtre stable. La meilleure lumière pour photographier le Lario ? Pour moi, en fin d’après-midi, quand les couleurs se réchauffent.

Aux alentours

Si vous avez encore du temps, le hameau de Sommafiume est un prolongement tranquille à intégrer dans la descente : quelques variantes en boucle y passent, mais les sentiers sont raides et peu fréquentés. Autre idée : terminer la journée sur les quais de Dervio ou vers Colico, en regardant d’en haut les lieux que vous venez d’apercevoir depuis le sommet. Plus qu’un « alentour » classique, c’est le contexte idéal pour comprendre la géographie du Lario : le Pian di Spagna, le lac Mezzola et l’entrée de la Valchiavenna se lisent bien depuis le Legnoncino, puis depuis la vallée. Je garderais aussi une pause au Rifugio Roccoli Lorla s’il est ouvert : ce n’est pas garanti, donc mieux vaut emporter de l’eau et des provisions. La zone est parfaite pour associer randonnée et une promenade facile, sans courir.

Itinéraires aux alentours


💡 Peut-être que vous ne saviez pas que…

La petite chapelle San Sfirio, construite en 1771, abrite une légende locale : certains frères choisirent des sommets différents pour vivre en solitude et communiquer au moyen de feux nocturnes ; à Sfirio, ce fut le Legnoncino. Les reliques attribuées au saint sont conservées dans l’église paroissiale San Martino à Sueglio. Curiosité : les postes de tir et les tranchées de la ligne Cadorna le long du parcours ne furent jamais utilisés au combat.