Castello di Tabiano : le manoir des Pallavicino

Castello di Tabiano est une forteresse médiévale qui domine la plaine du Pô depuis un éperon rocheux à Salsomaggiore Terme, dans la province de Parme. Les origines remontent entre le Xe et le XIe siècle et le manoir fut un poste de défense des marquis Pallavicino pour protéger les puits de sel et contrôler la Via Francigena. Aujourd’hui, c’est une résidence privée ouverte avec visites guidées, événements et mariages, le village au pied transformé en Relais de Charme. – Tours et pont-levis : deux tours circulaires du XIIe siècle, enceinte de pierres et tour de guet du XIIIe siècle. – Salons ornés de fresques et caves : stucs, fresques, sols remarquables, salles de bal, bibliothèque et chapelle privée. – Panorama sur les Alpes : depuis les terrasses, le regard s’étend de la plaine du Pô aux Apennins jusqu’aux Alpes. – Visites guidées : durée d’environ 45 minutes, billet 9-10 €, gratuit pour les enfants jusqu’à 8 ans.


Événements aux alentours


Copertina itinerario Castello di Tabiano : le manoir des Pallavicino
Forteresse médiévale des Pallavicino à Salsomaggiore Terme : tours du XIIe siècle, pont-levis, salons ornés de fresques, caves et terrasses panoramiques. Visites guidées et village avec relais.

À savoir


Château de Tabiano, le gardien de la plaine

Vu de loin, le Château de Tabiano semble encore aujourd’hui un gardien. Il se dresse là, sur un éperon rocheux qui domine la plaine du Pô, à deux pas de Salsomaggiore Terme, et il suffit de lever les yeux pour comprendre pourquoi, pendant des siècles, personne n’a voulu le laisser partir. Deux tours circulaires, une enceinte de pierres, une tour de guet avec pont-levis : l’image est celle d’une véritable forteresse, non d’une ruine romantique. Puis on entre et l’on découvre qu’à l’intérieur il n’y a ni poussière ni silence, mais des salons ornés de fresques, un escalier d’honneur scénographique et des caves voûtées avec des fûts de chêne. Et dehors, depuis les terrasses, le regard court jusqu’à la chaîne des Alpes. C’est une résidence privée, il faut le préciser, mais ouverte aux visites guidées : pour moi, c’est l’un des manoirs les plus évocateurs de l’Apennin tosco-émilien, et je ne le dis pas pour jouer les supporters.

Aperçu historique

Les origines du Château de Tabiano remontent aux Xe et XIe siècles, lorsque les marquis Pallavicino l’édifièrent sur un ancien établissement romain pour défendre les puits de sel de Salsomaggiore et Tabiano et contrôler la Via Emilia et la Via Francigena. Suivirent des siècles de sièges et de luttes entre Guelfes et Gibelins, avec des changements de main impliquant les Terzi, les Cornazzano, les Visconti et l’empereur Frédéric Barberousse. À partir du XVe siècle commença un lent déclin. Au XIXe siècle, Giacomo et Rosa Corazza l’achetèrent et le restaurèrent, confiant à de célèbres artistes stucs, fresques et précieux revêtements de sol ; à la fin du siècle, la restauration prit un caractère néogothique.

  • Xe-XIe siècle : les Pallavicino édifient la forteresse pour défendre les salines
  • XIIe siècle : deux tours circulaires ; Solestella da Bardi, l’Ange de Tabiano
  • XIIIe siècle : tour de guet avec pont-levis, unique accès
  • XIVe-XVe siècle : disputes, sièges et déclin militaire
  • XIXe siècle : restauration des Corazza, demeure privée et exploitation agricole

Les tours, le pont-levis et la Porte Rouge

Le plus beau, c’est que le château ne cache pas ses origines militaires. De la forteresse médiévale subsistent deux tours circulaires, au sud et au nord, datant du XIIe siècle, de larges portions de murailles en pierres et une tour de guet du XIIIe siècle avec le pont-levis, qui, jusqu’au Bas Moyen Âge, était l’unique entrée. Le long du parcours, on arrive à ce qu’on appelle la Porte Rouge, l’un des passages qui racontent le mieux la fonction défensive de l’ensemble. La visite guidée dure environ 40 à 45 minutes et traverse les espaces les plus intéressants, vous faisant comprendre comment la forteresse a été adaptée au fil des siècles en demeure seigneuriale sans perdre totalement son aspect de place forte. Moi, je l’avoue, je me suis attardé plus que prévu juste devant la tour de guet.

Salons à fresques, caves et terrasses

Ici, la partie militaire laisse la place à la partie résidentielle, et c’est celle qui m’a le plus marqué. Le parcours traverse les anciennes caves voûtées avec des fûts de chêne, les salons ornés de fresques, la salle de bal, la salle des blasons, la bibliothèque familiale, la chapelle privée et enfin le grand escalier d’honneur, vraiment spectaculaire. Le meilleur moment ? Les terrasses, d’où le regard embrasse la plaine du Pô jusqu’à la chaîne des Alpes, et les jardins qui entourent le domaine. La chapelle privée et l’église paroissiale voisine font du château un cadre prisé pour les mariages : la cérémonie civile peut être célébrée dans le jardin ou dans les caves.

Le hameau, le Relais et la Fromagerie

Juste sous le château s’étend l’Antico Borgo di Tabiano Castello, autrefois lié à l’activité agricole du domaine. Aujourd’hui, c’est un Relais de Charme avec chambres, suites et appartements (une soixantaine en tout), salles de réunion, piscines et un espace bien-être avec grotte naturelle, ainsi qu’un verger, un potager et un jardin d’herbes. La reconversion a commencé après la fin de la production de Parmigiano Reggiano en 2005. Ici, on mange à la Fromagerie, aménagée dans l’ancienne laiterie, avec une cuisine typique à kilomètre zéro, et à la Locanda del Colle. On peut aussi acheter des produits du terroir. Dans la cave, on organise des événements jusqu’à 250 personnes, et à l’extérieur, 3 hectares entre terrasses, cours et parc.

Pourquoi le visiter

D’abord parce que c’est l’un des plus imposants exemples d’architecture défensive féodale de la Haute Émilie : des tours du XIIe siècle, une enceinte en pierres et un pont-levis, on n’en trouve pas partout. Ensuite parce que la visite guidée est courte et concrète, environ 40-45 minutes, et vous fait entrer dans des espaces habituellement fermés : caves avec tonneaux, salons ornés de fresques, bibliothèque, chapelle. Et enfin pour la position : le regard depuis la terrasse porte jusqu’aux Alpes, et en contrebas se trouve le bourg avec relais et restaurants, parfait pour terminer la journée sur une note gourmande. J’ajoute une note pratique : l’entrée coûte 10 euros (9 tarif réduit, gratuit jusqu’à 8 ans), la réservation est conseillée et les visites se font uniquement avec le guide du château.

Quand y aller

Le moment le plus magique, à mon avis, est la visite en fin d’après-midi, celle de 16 ou 17 heures : la lumière rasante illumine les pierres de l’enceinte et, depuis la terrasse, la plaine se pare de couleurs, avec les Alpes en arrière-plan si l’air est limpide. Cela vaut aussi pour les matins d’automne, lorsque la brume s’élève de la plaine et que le château ressemble vraiment à un éperon suspendu. Les visites ont lieu le samedi et le dimanche à 10, 11, 16 et 17 heures ; à partir du 1er avril, des visites s’ajoutent le lundi, le jeudi et le vendredi à 17 heures, et la visite de 10 heures le dimanche est en anglais. Attention : les horaires peuvent varier en raison d’événements privés, donc un coup d’œil au calendrier officiel est toujours une bonne idée.

Aux alentours

Toujours dans le thème, la région regorge de forteresses, d’églises paroissiales, de couvents et de villages à associer à la visite. Tout près se trouve Salsomaggiore Terme, avec son bien-être thermal renouvelé et ses salines qui, pendant des siècles, ont été la raison d’être du château. Si la musique t’intéresse, les lieux verdiens et le territoire de Busseto complètent parfaitement une journée à consonance culturelle. Pour une pause différente, il y a Fidenza Village, un outlet, et la possibilité d’excursions à cheval ou en VTT. Et puis Parme, avec sa cathédrale, son baptistère et ses théâtres : une ville qui vaut à elle seule le voyage.

Itinéraires aux alentours


💡 Peut-être que vous ne saviez pas que…

La légende la plus fascinante concerne Solestella da Bardi, dame du château à la fin du XIIe siècle et épouse de Guglielmo Pallavicino, surnommée l’Ange de Tabiano. On raconte que la forteresse était animée d’amours courtoises et qu’entre ces murs résonnaient fêtes et complots. Un autre nom lié au manoir est Roland le Magnifique. Curiosité : dans le village, la production de Parmigiano Reggiano a pris fin en 2005.