Alexandrie centre historique : itinéraire à pied en 1 jour avec 6 étapes et carte

Alexandrie fait partie de ces villes qui surprennent : apparemment endormie, elle cache un centre historique riche en surprises. Cet itinéraire à pied d’un jour vous guide à travers 6 étapes choisies pour découvrir le cœur de la ville, de la Citadelle (l’une des plus vastes forteresses d’Europe) à l’Arc de Triomphe, en passant par des palais Art nouveau et des places élégantes. Il comprend une carte détaillée pour ne manquer aucun recoin. Parfait pour ceux qui aiment marcher et veulent une expérience hors des circuits touristiques bondés. Le centre historique d’Alexandrie vous attend : il suffit d’une journée et de chaussures confortables.

🗺️ Itinéraire en bref

Un itinéraire compact mais complet, idéal pour une journée à la découverte d’Alexandrie. Voici pourquoi ça fonctionne :

  • Idéal pour : les city breakers et passionnés d’histoire qui veulent une promenade sans précipitation.
  • Points forts : 6 étapes hors des sentiers battus, avec une carte pour s’orienter et de nombreux détails architecturaux.
  • Pour qui : les voyageurs qui souhaitent découvrir Alexandrie en un jour, avec un mélange de monuments et de coins cachés.

Étapes de l’itinéraire


Citadelle d’Alexandrie : la forteresse étoilée

Citadelle d'AlexandrieLa première étape de cet itinéraire vous emmène immédiatement hors du centre, au-delà du Tanaro, où se dresse la Citadelle. Ce n’est pas une forteresse ordinaire : c’est la seule forteresse de plaine construite par les Savoie au XVIIIe siècle, encore aujourd’hui l’une des mieux conservées d’Europe. Y entrer, c’est marcher sur 60 hectares d’histoire : six bastions pentagonaux, des fossés qu’on inondait autrefois avec l’eau du fleuve, et des kilomètres de galeries souterraines à l’épreuve des bombes. Ici, le 10 mars 1821, le Tricolore italien a été hissé pour la première fois, un épisode qui en dit long sur son rôle dans le Risorgimento. En vous promenant sur la Place d’Armes – environ 22 000 m² – vous vous sentez petit face aux puissants murs de briques, mais l’atmosphère est détendue, avec quelques arbres et bancs pour s’arrêter. L’entrée est gratuite, et il y a souvent des expositions ou des événements – peut-être tomberez-vous sur AleComics, le festival de la bande dessinée. Si le cœur vous en dit, montez sur le Bastion Saint-Antoine : la vue sur la ville et les Préalpes est la récompense après l’ascension.

Vous devez y aller si…

Celui qui choisit la Citadelle ne cherche pas l’itinéraire carte postale habituel : c’est un voyageur curieux, passionné de fortifications et d’histoires de frontière, qui sait s’émouvoir devant un bastion sculpté par le temps.

Citadelle d’Alexandrie

Rodolfo Gambini : le peintre qui a décoré Alexandrie

Rodolfo GambiniRodolfo Gambini (1855-1928) était un peintre et décorateur formé à l’Académie de Brera, spécialisé dans les motifs floraux à la gouache et à la fresque. Il a laissé une empreinte profonde à Alexandrie : il a décoré la gare ferroviaire, la Banque San Paolo et de nombreux édifices religieux. Son atelier était très actif, et une grande partie de ses archives a été perdue dans les bombardements de 1945. Aujourd’hui, en se promenant sur le Viale Teresa Michel, on respire l’atmosphère d’un artiste qui a su allier l’élégance de l’Art nouveau et la tradition religieuse, laissant des œuvres disséminées dans la ville et ses environs.

Vous devez y aller si…

Celui qui visite cette étape est un passionné d’art à la recherche des traces d’un peintre oublié de l’Art nouveau piémontais, capable de transformer églises et palais en petits joyaux.

Rodolfo Gambini

Arc de Triomphe

Arc de triompheCela vous semblera étrange, mais l’Arc de Triomphe d’Alexandrie – également appelé Arc de Marengo – se trouve aujourd’hui au milieu d’un rond-point. Construit en 1768 par l’architecte Giuseppe Caselli pour célébrer la visite de Victor-Amédée III et Marie-Antoinette Ferdinande, c’est un rare exemple d’arc triomphal du XVIIIe siècle, car la plupart datent du XIXe. Il est fait de briques avec un enduit qui les imite, possède une seule baie et deux ordres : pilastres doriques, fronton brisé, et au-dessus un attique avec des vases ornementaux. Restauré à plusieurs reprises (1843, 1879, 1968 et plus récemment en 2022), il se dresse aujourd’hui sur la Piazza Matteotti, en fond de la via Dante. Si vous passez, arrêtez-vous pour lire les inscriptions : d’un côté l’épigraphe latine originale, de l’autre la plaque de la restauration de 1968 avec les armoiries de la ville. Ce n’est pas seulement un monument : sa silhouette figure également sur le symbole de l’Alessandria Calcio. Un morceau d’histoire qui résiste au milieu du trafic.

Vous devez y aller si…

Celui qui visite cette étape est un curieux d’histoire et d’architecture, attiré par des monuments insolites et peu célébrés, capable de saisir le charme d’un arc baroque inattendu au milieu d’un rond-point moderne.

Arc de triomphe

Palatium Vetus, le cœur médiéval d’Alexandrie

Palatium VetusAprès l’Arc de Triomphe, le Palatium Vetus vous attend, le plus ancien édifice public de la ville. Nous sommes sur la piazza della Libertà, et ici le Moyen Âge reprend vie. Construit entre les XIIe et XIIIe siècles comme broletto – c’est-à-dire siège du gouvernement communal – il a vu passer des gouverneurs espagnols, des Savoie et des préfets napoléoniens. Puis, jusqu’en 1995, il a été un district militaire. Heureusement, la Fondazione Cassa di Risparmio di Alessandria l’a restauré (avec l’architecte Gae Aulenti) et rouvert en 2012. La façade, de style lombard, conserve des plaques et un canon des « Cento Cannoni » offerts à la ville. À l’intérieur, le salon fresqué est une merveille : des blasons du XIIIe siècle, un Saint-Paul du XIVe siècle, et une résurrection qui semble presque abstraite. La collection d’art de la Fondation va de Pellizza da Volpedo à Carrà. La cour intérieure, couverte de verre et d’acier, est un mélange parfait entre ancien et moderne. L’entrée est gratuite, mais le salon fresqué ne se visite qu’avec un guide (samedi et dimanche). Cela vaut la peine de réserver : l’atmosphère est celle d’un lieu secret.

Vous devez y aller si…

Celui qui arrive ici est un explorateur de stratifications historiques, attiré par les fresques médiévales et les collections d’art, cherchant le charme discret d’un palais moins connu mais chargé d’histoires.

Palatium Vetus

Place de la Liberté : le salon d’Alexandrie

Place de la LibertéAprès avoir quitté le Palatium Vetus, vous plongez dans la place de la Liberté, le véritable salon de la ville. Ici se dressait l’ancienne cathédrale Saint-Pierre, démolie sur ordre de Napoléon en 1803 pour créer ce vaste espace. Aujourd’hui, la place est un mélange d’époques : domine le Palazzo Ghilini, chef-d’œuvre baroque avec un escalier octogonal et des fresques de Cucchi ; à côté, le Palais de la Poste rationaliste (1939-41) arbore une mosaïque de 38 mètres de Gino Severini. De l’autre côté, le Palais Municipal dit « Rouge » et son coq, symbole de la victoire sur les Casalesi. Au centre, la statue d’Urbano Rattazzi (la véritable date de 1943, remplaçant une précédente). La place, c’est aussi la vie : le marché hebdomadaire, les cafés, et les récentes limitations de circulation (depuis 2026) la rendent de plus en plus piétonne, parfaite pour une pause. Curiosité : sous vos pieds, à quelques mètres, reposent les fondations de l’ancienne cathédrale.

Vous devez y aller si…

Qui visite la place de la Liberté aime l’histoire stratifiée et la vie qui coule : un voyageur curieux, qui s’arrête pour admirer les palais mais aussi pour respirer l’atmosphère du marché et des cafés.

Place de la Liberté

Ensemble conventuel de Saint-François

Ensemble conventuel de Saint-FrançoisTerminez votre itinéraire par une étape hors du commun : l’ancien couvent Saint-François, qui à première vue ressemble à un chantier, mais qui est en réalité un écrin d’histoire. Ici, en 1213, saint François lui-même est passé et – après des siècles de vie religieuse – en 1802, Napoléon l’a transformé en caserne, puis en 1833 Charles-Albert l’a converti en hôpital militaire, fonction jusqu’en 1989. Aujourd’hui, grâce aux fonds PNRR et POR FESR, il renaît : l’église gothique à trois nefs, avec voûtes d’ogives et briques apparentes, deviendra le nouveau musée civique, tandis que le couvent accueillera des logements universitaires et des espaces publics. Entrez (si le chantier le permet) et levez les yeux : sur les fresques du XIVe siècle survivantes, comme le fleur de lys de France sur la clef de voûte, mémoire de l’apport angevin. Un lieu qui parle de strates, entre sacré et militaire, et qui bientôt reprendra vie.

Vous devez y aller si…

Le voyageur qui arrive ici recherche l’authenticité de la restauration : non pas un monument rutilant, mais un lieu en transformation, où passé et futur se touchent.

Ensemble conventuel de Saint-François

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