Que voir à Fermo : de la Pinacothèque au Théâtre Romain


🧭 À quoi s’attendre

  • Idéal pour un week-end culturel entre art et histoire
  • Points forts : Teatro dell'Aquila, Pinacothèque Civique, Théâtre Romain
  • Recommandé à les passionnés d'archéologie et les familles
  • Meilleure période : printemps et automne

Fermo, chef-lieu de la province du même nom dans les Marches, est une destination qui surprend par sa richesse artistique et historique. En flânant dans le centre historique, vous découvrirez des palais nobiliaires, des places élégantes et des théâtres antiques. Le Teatro dell'Aquila, l'un des plus anciens d'Italie, impressionne par son acoustique et ses fresques. La Pinacothèque Civique abrite des œuvres de grands maîtres comme Crivelli et Gentileschi, tandis que le Théâtre Romain d'époque augustéenne raconte les racines romaines de la ville. Pour les amoureux de la nature, le Musée Ornithologique 'Tommaso Salvadori' possède une collection unique d'oiseaux italiens. La Tour Matteucci offre une vue panoramique à couper le souffle, et le Musée Diocésain conserve de précieux objets sacrés. Fermo est facilement accessible et se prête à une visite d'un jour ou d'un week-end. Ne manquez pas l'occasion de goûter aux produits typiques comme le fromage de fosse et le vin Rosso Piceno. Un itinéraire qui allie art, histoire et tradition, parfait pour un voyage authentique dans les Marches.

Aperçu



Itinéraires aux alentours


Théâtre de l'Aigle : un joyau du XVIIIe siècle à découvrir

Théâtre de l'AigleSi vous passez par Fermo, ne manquez pas le Théâtre de l'Aigle. C'est l'un des théâtres historiques les plus imposants des Marches, et dès que vous franchissez l'entrée, vous comprenez pourquoi. Conçu par l'architecte Cosimo Morelli, il a été inauguré le 26 septembre 1790 et depuis, il est le cœur culturel de la ville. La salle en fer à cheval compte 124 loges réparties sur cinq niveaux, pour une capacité d'environ 1 000 places. La scène s'étend sur 350 mètres carrés et est légèrement inclinée pour garantir une vision optimale. L'acoustique ? Parmi les meilleures d'Italie, dires d'aficionados.

En montant les marches, vous remarquerez immédiatement le plafond peint par Luigi Cochetti : il représente les dieux de l'Olympe écoutant le chant d'Apollon, avec les trois Grâces et les Heures nocturnes qui dansent. Au centre pend un lustre à 56 branches en fer doré et feuilles de bois, acheté à Paris après l'incendie de 1826 — oui, car le théâtre a eu une vie mouvementée : un incendie l'a gravement endommagé, puis il a été fermé en 1984 et enfin restauré et rouvert en 1997. Aujourd'hui, il est plus vivant que jamais, avec une saison d'octobre à juin mêlant théâtre, opéra et concerts.

Pour le visiter, il faut réserver une visite guidée (seulement 4 € pour le billet spécial, ou 10 € pour le circuit muséal de Fermo, valable un an). Le parcours vous mène du foyer à la salle, et s'il y a une mise en scène, vous pouvez regarder depuis les loges du deuxième étage. Il est accessible en fauteuil roulant et, si vous ne pouvez pas venir, il existe aussi une visite virtuelle en ligne. Bref, un plongeon dans le XVIIIe siècle que vous ne vous lasserez pas d'admirer.

Théâtre de l'Aigle

Pinacothèque Civique : chefs-d'œuvre et histoire au cœur de Fermo

Pinacothèque CiviqueLa Pinacothèque Civique de Fermo est l'un de ces musées qui vous surprennent. Située au deuxième étage du Palazzo dei Priori, sur la Piazza del Popolo, elle rassemble des œuvres du XIVe au XIXe siècle. Le parcours se déroule dans cinq salles, chacune avec son âme : la Salle de l'art gothique, avec le polyptyque d'Andrea da Bologna (1369) et les Histoires de Sainte Lucie de Jacobello del Fiore, et la Salle du XVIIe siècle, où trône l'Adoration des bergers de Peter Paul Rubens – unique œuvre de lui dans les Marches. Ne manquent pas les fresques d'Andrea Boscoli et les toiles de Giovanni Lanfranco.

Mais le véritable joyau est la Salle du Mappemonde, noyau ancien de la Bibliothèque Spezioli : un espace revêtu de bois avec un plafond à caissons et un énorme globe dessiné par le cosmographe Amanzio Moroncelli en 1713. Ici, on respire l'histoire parmi des milliers de volumes du XVIe siècle.

À ne pas manquer la statue du Margutto, un guerrier en bois de chêne utilisé pour la joute de l'anneau, récemment restaurée.

La pinacothèque a rouvert après le tremblement de terre de 2016 et est aujourd'hui plus accessible que jamais. Horaires : mardi-dimanche 10h30-18h30. Billet plein tarif : 9 € (circuit muséal). Un conseil ? Le premier dimanche du mois, l'entrée est gratuite.

Pinacothèque Civique

Le Théâtre Romain de Fermo : un trésor à découvrir

Théâtre romainLe Théâtre Romain de Fermo est l'un de ces endroits qui vous font réfléchir à quel point l'histoire peut parfois être cachée sous nos pieds. Construit probablement au Ier siècle av. J.-C., peu avant la réforme urbaine d'Auguste, il se dressait sur la colline du Girfalco, le point culminant de la ville. Avec un diamètre d'environ 37 mètres et une capacité estimée à plus de 2000 spectateurs, il devait être un symbole imposant de la romanité. Aujourd'hui, cependant, de cette grandeur il ne reste que des fragments, car le théâtre n'a jamais été complètement fouillé ni valorisé. Une grande partie des structures a été intégrée dans des bâtiments ultérieurs, comme le Palazzo Matteucci (aujourd'hui siège de la Cassa di Risparmio) et le Collegio degli Artigianelli. Si vous vous promenez dans la via del Teatro Antico, qui part du parvis de la cathédrale, vous pouvez encore voir une partie du mur semi-circulaire du couloir qui courait sous la cavea, large d'environ 3,5 mètres. De l'autre côté, un petit mur construit sur la base de l'autre paroi. En vous penchant, vous remarquerez que la cour du Collegio degli Artigianelli conserve la forme semi-circulaire originale. Dans les sous-sols de certains palais se cachent des restes de niches et de murs romains, comme ceux découverts en 1934 sous la Cassa di Risparmio. Deux colonnes en calcaire et en schiste rose des Apennins, datables du IIIe siècle ap. J.-C., sont visibles dans la cour du Palazzo Vitali Rosati, corso Cefalonia. Bref, le Théâtre Romain de Fermo n'est pas une attraction carte postale, mais une aventure pour ceux qui aiment chercher les signes du passé dans les plis de la ville moderne.

Théâtre romain

Tour Matteucci : la tour du condottiere et de la princesse

Tour MatteucciAu cœur de Fermo, à l'intersection du Corso Cefalonia et de la petite place de l'église du Carmin, se dresse la Tour Matteucci, la seule tour civique médiévale de la ville encore debout. Haute de 25 mètres, avec une base de 5×4 mètres en pierre d'Istrie, cette structure raconte des siècles d'histoire. Construite entre le XIIIe et le XIVe siècle, elle passa à la famille Matteucci au XVIe siècle, d'où elle tient son nom. La légende la plus célèbre ? Celle du condottiere Saporoso Matteucci qui, en 1542, captura une princesse ottomane (peut-être la fille de Soliman le Magnifique) lors d'une bataille navale. Il l'emmena à Fermo et l'hébergea dans la tour, où naquit un amour impossible. Il la libéra, mais l'histoire est restée dans les murs. Au fil des siècles, la tour a également servi de monument aux morts (une plaque le rappelle) et, après une restauration récente, elle est visitable lors d'occasions spéciales comme « Fermo Attivo ». En montant l'escalier en bois – conservé pendant les travaux – on atteint le sommet, d'où le regard s'étend de la mer aux montagnes, en passant par les collines du Fermano. Elle n'est pas ouverte tous les jours, mais si vous tombez sur l'un des jours d'événement, ne manquez pas l'occasion : c'est un plongeon authentique dans la Fermo médiévale.

Tour Matteucci

Musée Diocésain : art sacré et histoire à Fermo

Musée diocésainÀ deux pas de la cathédrale, dans les locaux de l'ancienne Confrérie du Suffrage, le Musée Diocésain de Fermo est une de ces surprises qui vous font tomber amoureux de la ville. Inauguré en 2004 à la demande de l'archevêque Cleto Bellucci, il rassemble des siècles d'art sacré, du paléochrétien au XXe siècle. En entrant, l'atmosphère est intime et solennelle, parfaite pour se laisser émerveiller par les pièces maîtresses de la collection. Le Missel de Firmonibus, un codex enluminé en 1436 par Giovanni di Ugolino da Milano, est un véritable spectacle : ses pages, avec la célèbre 'Cavalcade' de l'Assomption, semblent prendre vie. Mais mon préféré est la Chasuble de Saint Thomas Becket, un tissu arabe de 1116, offert par la mère du saint à l'Église de Fermo – un rare exemple d'art textile qui vous transporte dans une autre époque. Dans la Salle du Trésor, se distinguent également la Staurothèque de Pie III et le monumental ciboire en bronze des frères Lombardi-Solari. Puis il y a les argenteries, avec le service pontifical de Valadier, et la pinacothèque, où des œuvres de Crivelli, Barocci et Hayez dialoguent entre elles. Le billet simple coûte 4 €, mais si vous avez le temps, le circuit muséal à 10 € en vaut la peine. Le musée est ouvert le samedi et le dimanche de 10h à 17h, dernière entrée à 16h30. N'attendez pas des horaires fixes en semaine : mieux vaut réserver. Un conseil ? Arrêtez-vous pour observer les détails des ornements sacrés : chaque broderie raconte une histoire de foi et d'art.

Musée diocésain

Musée ornithologique Tommaso Salvadori

Musée ornithologique Si vous pensez qu'un musée d'oiseaux empaillés peut être poussiéreux et ennuyeux, préparez-vous à changer d'avis. Le Musée ornithologique Tommaso Salvadori, aujourd'hui installé au Palazzo Paccaroni (Corso Cavour 68), est une surprise constante. Il renferme environ 500 spécimens, dont beaucoup ont été collectés et préparés personnellement par Salvadori, le plus grand ornithologue italien du XIXe et XXe siècle. Parmi eux, des espèces très rares comme le Balbuzard pêcheur, le Vautour moine, le Gypaète barbu et le Grand-duc. On y trouve aussi quelques spécimens d'espèces aujourd'hui disparues, un coup au cœur. Salvadori n'était pas seulement un scientifique : c'était un homme qui aimait les détails, au point d'étudier les poses de ses oiseaux pour les rendre vivants, presque en vol. Les salles, avec leurs plafonds peints à fresque, racontent une passion débordante. La collection est arrivée à Fermo en 1930 grâce à son arrière-petite-fille Gladys, et a survécu au tremblement de terre de 2016, qui a contraint à tout transférer de la Villa Vitali vers ce nouveau site. Aujourd'hui, elle fait partie du Pôle Scientifique avec le Musée Polaire Silvio Zavatti. Horaires : samedi et dimanche 15h-19h, les autres jours sur réservation. Billet individuel : 4 euros, ou 9 euros pour le circuit des musées. Infos et réservations : 0734 217140. Un conseil ? Ne manquez pas la salle du Gypaète barbu : il vous regarde droit dans les yeux.

Musée ornithologique "Tommaso Salvadori"