Que voir dans la province de Caserte : la Reggia et ses environs


🧭 À quoi s’attendre

  • Idéal pour les passionnés d'histoire, d'archéologie et d'architecture.
  • Points forts : la Reggia de Caserte et l'Amphithéâtre campanien, mais aussi les villages et sites mineurs.
  • Conseil : consacrez au moins un jour à la seule Reggia, puis explorez le reste.
  • Activités : visites guidées disponibles sur les principaux sites.
  • Durée recommandée : 2-3 jours pour un aperçu complet.

La province de Caserte est bien plus que la célèbre Reggia, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Ce guide vous emmène à la découverte d'un territoire riche en histoire, des fastes de l'antique Capoue avec son Amphithéâtre campanien, deuxième en taille seulement après le Colisée, aux traces romaines disséminées entre Teano et Sessa Aurunca. Sans oublier les villages médiévaux comme Casertavecchia et Piedimonte Matese, ainsi que des sites archéologiques uniques tels que le Mithraeum et la Conocchia. Chaque étape a été sélectionnée pour vous offrir un avant-goût authentique de la province, loin des sentiers battus. Vous découvrirez également les empreintes fossiles des Ciampate del Diavolo et les résidences bourboniennes comme la Reggia de Carditello. Avec des conseils sur les déplacements et les incontournables, ce guide vous aidera à vivre une expérience complète dans la province de Caserte.

Aperçu



Itinéraires aux alentours


Palais Royal de Caserte : un chef-d'œuvre intemporel

Palais Royal de CaserteLe Palais Royal de Caserte n'est pas seulement un palais : c'est une expérience à couper le souffle. Conçu par Luigi Vanvitelli pour Charles de Bourbon en 1752, c'est la plus grande résidence royale du monde en volume, avec 1 200 pièces, 34 escaliers et 1 742 fenêtres. Dès l'entrée, l'Escalier d'Honneur en marbre blanc de Carrare vous mène vers les Appartements Royaux, où brillent la Salle du Trône (achevée en 1845) et la Salle d'Alexandre, avec des fresques racontant mythes et histoire. Ne manquez pas le Petit Théâtre de la Cour, un bijou en fer à cheval avec des loges décorées, et la Chapelle Palatine, gravement endommagée par les bombardements de 1943 mais toujours impressionnante. Le Parc Royal est un autre monde : 120 hectares de verdure, avec la Voie d'Eau longue de 3 km qui culmine dans la spectaculaire Fontaine de Diane et Actéon, haute de 78 mètres. Si vous aimez la nature, le Jardin Anglais (23 hectares) vous surprendra avec des plantes exotiques et un petit lac aux statues romaines. Curiosité : des films comme Star Wars et Mission: Impossible y ont été tournés. Pour la visite, sachez qu'il ferme le mardi, et prévoyez au moins 4 à 5 heures. Portez des chaussures confortables et de l'eau, et si vous venez en train, la gare est à 10 minutes à pied. Le billet plein tarif coûte 19 €, mais le premier dimanche du mois est gratuit.

Palais Royal de Caserte

Palais Royal de Caserte : un chef-d'œuvre intemporel

Palais Royal de CaserteLe Palais Royal de Caserte n'est pas seulement un palais : c'est une expérience à couper le souffle. Conçu par Luigi Vanvitelli pour Charles de Bourbon en 1752, c'est la plus grande résidence royale du monde en volume, avec 1 200 pièces, 34 escaliers et 1 742 fenêtres. Dès l'entrée, l'Escalier d'Honneur en marbre blanc de Carrare vous mène vers les Appartements Royaux, où brillent la Salle du Trône (achevée en 1845) et la Salle d'Alexandre, avec des fresques racontant mythes et histoire. Ne manquez pas le Petit Théâtre de la Cour, un bijou en fer à cheval avec des loges décorées, et la Chapelle Palatine, gravement endommagée par les bombardements de 1943 mais toujours impressionnante. Le Parc Royal est un autre monde : 120 hectares de verdure, avec la Voie d'Eau longue de 3 km qui culmine dans la spectaculaire Fontaine de Diane et Actéon, haute de 78 mètres. Si vous aimez la nature, le Jardin Anglais (23 hectares) vous surprendra avec des plantes exotiques et un petit lac aux statues romaines. Curiosité : des films comme Star Wars et Mission: Impossible y ont été tournés. Pour la visite, sachez qu'il ferme le mardi, et prévoyez au moins 4 à 5 heures. Portez des chaussures confortables et de l'eau, et si vous venez en train, la gare est à 10 minutes à pied. Le billet plein tarif coûte 19 €, mais le premier dimanche du mois est gratuit.

Palais Royal de Caserte

Amphithéâtre Campanien : le deuxième plus grand amphithéâtre d'Italie

Amphithéâtre CampanienL'Amphithéâtre Campanien est une étape incontournable pour qui visite Santa Maria Capua Vetere. Si vous pensez que le Colisée est le seul grand amphithéâtre romain, celui-ci va vous surprendre : il est le deuxième par sa taille, avec ses 170 mètres de long et une capacité allant jusqu'à 60 000 spectateurs. Construit entre la fin du Ier et le début du IIe siècle après J.-C., il aurait servi de modèle au Colisée lui-même. En vous promenant parmi les arcades et les souterrains, vous croyez entendre l'écho des gladiateurs : ici se trouvait la plus célèbre école de gladiateurs, celle d'où Spartacus s'échappa en 73 av. J.-C., déclenchant la révolte. Aujourd'hui, on visite l'arène et les souterrains, un labyrinthe de couloirs et de salles où les spectacles étaient préparés. La façade, malheureusement en grande partie disparue, était décorée de bustes de divinités telles que Diane et Junon, dont certains sont encore visibles dans les musées voisins. Ne manquez pas le Musée des Gladiateurs attenant, avec ses artefacts et une reconstitution scénique. L'entrée est économique (2,50 €) et inclut également le Mithraeum, un temple souterrain dédié au dieu Mithra, et le Musée Archéologique de l'Antique Capoue. Le site est ouvert du mardi au dimanche, fermé le lundi. Portez des chaussures confortables car le sol est en terre battue et les souterrains sont suggestifs mais humides. En tout, prévoyez au moins deux heures. Un conseil : allez-y tôt le matin pour profiter de l'atmosphère sans trop de foule.

Amphithéâtre Campanien

Casertavecchia : un saut dans le Moyen Âge à deux pas de la Reggia

CasertavecchiaCasertavecchia est le village médiéval typique qui vous fait oublier que vous êtes à quelques kilomètres de la ville. Perché sur le Monte Virgo à 400 mètres d'altitude, il offre une atmosphère suspendue entre histoire et légende. Le cœur est la Piazza Vescovado, où se dresse la Cathédrale Saint-Michel-Archange, construite entre 1113 et 1153. Style roman avec des influences arabo-normandes, façade en tuf et trois portails sculptés : à l'intérieur, des colonnes monolithiques d'époque romaine et un sol en mosaïque de 1213. À côté, le clocher de 1234 haut de 32 mètres avec des fenêtres géminées décorées. Un peu plus haut, les ruines du château normand (IXe siècle) : il reste la tour de 30 mètres, parmi les plus hautes d'Europe, d'où l'on bénéficie d'une vue spectaculaire sur la plaine et, avec la bonne lumière, sur le Vésuve. Perdez-vous dans les ruelles pavées : l'Église de l'Annunziata (XIIIe siècle) avec sa rosace, la Casa delle Bifore et la légende du Spiritello, un lutin en terre cuite à qui confier un vœu. L'entrée au village et à la cathédrale est gratuite. On y arrive en bus depuis Caserte (ligne 103, 40 minutes) ou en voiture : le parking payant coûte 2 € par jour, mais de nombreux restaurants l'offrent gratuitement à leurs clients. La cuisine ? Mozzarella de bufflonne, pâtes faites maison et vins du Falerno. Venez au printemps ou en automne, quand le village est plus calme et le climat parfait pour une promenade.

Casertavecchia

Casertavecchia : un saut dans le Moyen Âge à deux pas de la Reggia

CasertavecchiaCasertavecchia est le village médiéval typique qui vous fait oublier que vous êtes à quelques kilomètres de la ville. Perché sur le Monte Virgo à 400 mètres d'altitude, il offre une atmosphère suspendue entre histoire et légende. Le cœur est la Piazza Vescovado, où se dresse la Cathédrale Saint-Michel-Archange, construite entre 1113 et 1153. Style roman avec des influences arabo-normandes, façade en tuf et trois portails sculptés : à l'intérieur, des colonnes monolithiques d'époque romaine et un sol en mosaïque de 1213. À côté, le clocher de 1234 haut de 32 mètres avec des fenêtres géminées décorées. Un peu plus haut, les ruines du château normand (IXe siècle) : il reste la tour de 30 mètres, parmi les plus hautes d'Europe, d'où l'on bénéficie d'une vue spectaculaire sur la plaine et, avec la bonne lumière, sur le Vésuve. Perdez-vous dans les ruelles pavées : l'Église de l'Annunziata (XIIIe siècle) avec sa rosace, la Casa delle Bifore et la légende du Spiritello, un lutin en terre cuite à qui confier un vœu. L'entrée au village et à la cathédrale est gratuite. On y arrive en bus depuis Caserte (ligne 103, 40 minutes) ou en voiture : le parking payant coûte 2 € par jour, mais de nombreux restaurants l'offrent gratuitement à leurs clients. La cuisine ? Mozzarella de bufflonne, pâtes faites maison et vins du Falerno. Venez au printemps ou en automne, quand le village est plus calme et le climat parfait pour une promenade.

Casertavecchia

Palais de Carditello : histoire et charme d'une délice bourbonienne

Palais de CarditelloÀ quelques kilomètres de Caserte, à San Tammaro, se dresse l'un des joyaux les moins connus des Délices royales bourboniennes : le Palais de Carditello. Voulu par Charles de Bourbon comme réserve de chasse et élevage de chevaux, il fut transformé par Ferdinand IV en une ferme modèle moderne pour la culture du blé et l'élevage de races de prestige. Conçu par Francesco Collecini, élève de Luigi Vanvitelli, le palais présente un style néoclassique sobre mais élégant, avec un corps central flanqué de tours et de hangars. L'élément le plus surprenant est l'hippodrome elliptique qui lui fait face, modelé sur les cirques romains, avec deux fontaines monumentales, des obélisques et un petit temple circulaire d'où le roi assistait aux courses. À l'intérieur, les fresques de Giuseppe Cammarano, Fedele Fischetti et Philipp Hackert racontent des scènes de chasse et de vie agricole, tandis que la Chapelle de l'Ascension conserve des stucs et un retable de Carlo Brunelli. Après des années d'abandon et de pillages, le site a été acquis par l'État en 2014 et, depuis 2016, il est géré par la Fondation Real Sito di Carditello, qui organise aujourd'hui des ouvertures exceptionnelles avec visites guidées. Un rôle clé dans sa renaissance a été joué par Tommaso Cestrone, l'« Ange de Carditello », qui a veillé bénévolement sur le bien pendant des années. Visiter Carditello, c'est plonger dans une histoire de faste, de dégradation et de renaissance, entre chefs-d'œuvre artistiques et une atmosphère chargée de charme.

Palais de Carditello

Musée Archéologique de l'Antique Capoue : un plongeon dans l'histoire

Musée archéologique de l'antique CapoueSi vous passez par Santa Maria Capua Vetere, le Musée Archéologique de l'Antique Capoue est une étape incontournable. Installé dans un bâtiment du XIXe siècle qui était une caserne de cavalerie, le musée intègre la Tour Saint-Érasme, où est né Robert d'Anjou en 1278. Le parcours est chronologique : on commence par l'âge du bronze avec du mobilier funéraire, puis l'âge du fer avec des urnes et des fibules, jusqu'à la période orientalisante avec des céramiques grecques et du bucchero. Parmi les pièces maîtresses, la statue du Satyre au repos, copie romaine d'un original de Praxitèle, haute de 1,86 m, découverte en 2002. Incontournables aussi les statues des Matres provenant du sanctuaire de Fondo Patturelli, et l'exposition « Les Signes du Paysage : l'Appia et Capoue » inaugurée en 2022, qui raconte la Capoue romaine avec plus de 100 œuvres jamais exposées auparavant. À l'extérieur, la cour de 2800 m² fait office de musée à ciel ouvert avec des fragments lapidaires, des sarcophages et une mosaïque marine provenant d'un établissement thermal. Le billet (6 € plein tarif, 2 € tarif réduit) inclut également l'Amphithéâtre Campanien et le Mithraeum, mais ce dernier nécessite une réservation. Horaires : mardi-dimanche 9h00-18h30, fermé le lundi. Attention : à partir du 2 février 2026, le musée fermera pour des travaux liés au PNRR, mais le billet pour l'amphithéâtre et le mithraeum restera valable à tarif réduit. Bref, un lieu qui sait émerveiller, entre histoire et beauté.

Musée archéologique de l'antique Capoue

Mithraeum de Santa Maria Capua Vetere

Mithraeum de Santa Maria Capua VetereSi vous pensez avoir tout vu à Capoue, préparez-vous à descendre sous terre. Le Mithraeum de Santa Maria Capua Vetere est l'un des joyaux les plus cachés et fascinants de la région. Découvert par hasard en 1922 lors de travaux de construction, ce lieu de culte souterrain remonte à la fin du Ier siècle apr. J.-C., ce qui en fait le plus ancien mithraeum d'Occident. Pour le visiter, il faut réserver (le numéro est +39 338 6353806) et l'on vous accompagnera depuis une petite entrée en tourelle jusqu'à un environnement hypogée qui ressemble à une grotte. La salle principale mesure environ 12 mètres de long sur 3 mètres de large, avec une voûte en berceau peinte en jaune avec des étoiles vertes et rouges – un ciel étoilé reconstitué en pâte de verre qui devait scintiller à la lumière des flambeaux. Sur les côtés, des banquettes en maçonnerie où les initiés s'allongeaient pour les banquets rituels. Le clou du spectacle est la fresque de la Tauroctonie : Mithra, coiffé du bonnet phrygien et le manteau flottant, tue le taureau tandis que le Soleil, la Lune, deux dadophores (Cautès et Cautopatès), un chien, un scorpion et un serpent assistent. Ne manquez pas les vestiges des scènes d'initiation sur les murs, qui montrent les sept épreuves que les fidèles devaient surmonter. L'atmosphère est intime et évocatrice, presque mystique. Le billet cumulatif (6 €) inclut également l'Amphithéâtre Campanien et le Musée, mais attention : le mithraeum n'est visitable qu'à certains horaires (généralement le dimanche et le mercredi à 12h45, mais mieux vaut vérifier). Un conseil : combinez la visite avec l'amphithéâtre pour une immersion complète dans la Capoue antique.

Mithraeum de Santa Maria Capua Vetere

Arc d'Hadrien : l'entrée monumentale de l'ancienne Capoue

Arc d'HadrienSi vous vous trouvez à Santa Maria Capua Vetere, ne manquez pas l'Arc d'Hadrien, également connu sous le nom d'Arc Felice ou Arcs de Capoue. Ce monument romain, qui enjambait autrefois la Via Appia, marquait l'entrée monumentale de l'ancienne Capoue. Aujourd'hui, au milieu du trafic moderne, ses trois piliers en brique et l'unique arc latéral survivant racontent une histoire longue de près de deux mille ans.

Construit entre la seconde moitié du Ier siècle et la première moitié du IIe siècle après J.-C., l'arc célébrait probablement le statut de Colonie Flavia Augusta conféré à la ville. Bien qu'une plaque le dédie à Hadrien, de nombreux chercheurs la considèrent comme fausse. Ce qui est certain, c'est qu'il s'agissait à l'origine d'un imposant triple passage, revêtu de calcaire blanc aujourd'hui perdu, large de 18,5 mètres et haut de 10 mètres. Les vestiges montrent des niches et des trous pour des colonnes, témoignant d'une riche décoration architecturale.

Au fil des siècles, l'arc a connu des batailles et des restaurations : endommagé lors de la bataille du Volturno en 1860, il porte aujourd'hui une plaque commémorative avec les paroles de Luigi Settembrini. Après la Seconde Guerre mondiale, il a été restauré, et en 2017, une intervention controversée a conduit à l'intervention du parquet. Malgré tout, se promener ici est un plongeon dans l'histoire : l'arc se dresse encore imposant, et si l'on s'arrête un instant, on imagine le passage des légionnaires, des chars et des pèlerins. Le plus beau, c'est qu'il est visitable gratuitement et sans barrières, tous les jours. Je recommande de venir au coucher du soleil, quand la lumière caresse les briques anciennes et que l'atmosphère devient magique.

Arc d'Hadrien

Théâtre romain de Teano : le plus ancien théâtre à voûtes d'Italie

Théâtre romain de TeanoSi vous passez par Teano, ne manquez pas son théâtre romain. C'est le plus ancien d'Italie entièrement soutenu par des murs radiaux et des voûtes rampantes : une merveille d'ingénierie datant de la fin du IIe siècle av. J.-C. Sa construction est en opus incertum et en blocs de tuf, et il faisait à l'origine partie d'un complexe avec un temple dédié à Apollon. Sous Septime Sévère, il fut agrandi, atteignant un diamètre de 85 mètres et une hauteur d'environ 24 mètres. La scène était décorée de trois ordres de colonnes en marbres précieux, de chapiteaux composites et de sculptures exaltant l'empire. En me promenant parmi les gradins, j'imagine les spectateurs de l'époque assistant à des comédies et des tragédies. Malheureusement, un tremblement de terre entre le IVe et le Ve siècle l'endommagea gravement, et au Moyen Âge, il devint une carrière de matériaux. Aujourd'hui, après de longues restaurations, il est de nouveau visitable. L'entrée est gratuite, avec horaire continu (du lundi au dimanche, fermé le mardi, de 9h30 à 16h00). Dans les ambulacres, le Musée de l'Œuvre est installé, avec des pièces originales. La zone environnante, appelée « les Grottes », conserve encore une atmosphère évocatrice, avec un autel dédié à la Vierge rappelant le passé. Non loin de là, un amphithéâtre encore enseveli a été repéré. Si vous aimez l'archéologie, ce théâtre vous laissera sans voix.

Théâtre romain de Teano

Théâtre romain de Sessa Aurunca

Théâtre romain de Sessa AuruncaSi tu penses que la Campanie se résume à la Reggia et à Naples, tu te trompes lourdement. Dans la province de Caserte se trouve le Théâtre romain de Sessa Aurunca, le deuxième plus grand de la région après celui de Naples. Construit sous Auguste au Ier siècle après J.-C., puis agrandi par Antonin le Pieux, c'est un colosse oublié pendant des siècles. La cavea large de 110 mètres pouvait accueillir jusqu'à 10 000 spectateurs, et l'édifice de scène s'élevait à 24 mètres avec 84 colonnes de marbres provenant de Grèce, d'Égypte et de Numidie – une véritable folie de luxe. En se promenant parmi les gradins, on croirait presque entendre l'écho des applaudissements. Malheureusement, il est aujourd'hui fermé pour restauration (depuis novembre 2025), mais on peut l'admirer de l'extérieur et y revenir lorsqu'il rouvrira. À côté, ne manquez pas le cryptoportique avec ses graffitis virgiliens : il paraît que c'était une école. Et si vous le souhaitez, au Château Ducal se trouve la statue de Matidia Minor, la noble dame qui a financé les restaurations. Un site qui en vaut vraiment la peine, non seulement pour les passionnés d'histoire.

Théâtre romain de Sessa Aurunca

Borgo San Giovanni : le cœur médiéval de Piedimonte Matese

Borgo San GiovanniSi vous cherchez un coin authentique et hors des sentiers battus, Borgo San Giovanni est l'endroit idéal. C'est le noyau le plus ancien de Piedimonte Matese, né entre le IXe et le XIe siècle par les Lombards d'Alife. Perché sur les pentes du Monte Cila, le bourg se développe autour de l'église San Giovanni, d'origine alto-médiévale, avec un beau portail gothique. Depuis la place qui la précède, on profite d'une vue spectaculaire sur la plaine d'Alife et sur la vallée du Volturno : un coup d'œil qui à lui seul vaut la montée. Les ruelles étroites et tortueuses, les escaliers, les fontaines en fonte créent une atmosphère d'un autre temps. Malheureusement, la plupart des maisons sont en ruine et inhabitées, signe d'un abandon qui n'efface pourtant pas le charme médiéval. Ce qui domine le bourg est le Palais Ducal des Gaetani, imposant édifice du XVIIIe siècle avec un plan trapézoïdal et trois tours, érigé sur l'ancien château normand. À l'intérieur, il y a des stucs, des peintures du XVIIe siècle, une cour avec des fontaines et un théâtre. Dommage qu'il soit en grave dégradation et fermé au public : on n'entrevoit que des traces de restaurations commencées. Promenez-vous calmement : chaque coin raconte des histoires de splendeurs passées. Si vous êtes passionnés de bourgs abandonnés avec une âme, vous vous sentirez ici sur un plateau de cinéma. N'oubliez pas de chercher la maison natale d'Enrico Caruso non loin. Un conseil : visitez à l'aube ou au crépuscule, quand la lumière chaude embrase les pierres et que le silence n'est rompu que par le murmure de l'eau.

Borgo San Giovanni

Château Ducal de Sessa Aurunca : histoire et nouveau Musée Archéologique

Château ducalPerché sur la colline qui domine Sessa Aurunca, le Château ducal est bien plus qu'une forteresse médiévale. Construit à partir du IXe siècle sur ordre du gastalde lombard Landone, il fut agrandi par Frédéric II de Hohenstaufen et transformé en résidence raffinée par les ducs Marzano et Carafa. Aujourd'hui, après les restaurations achevées en 2014, il abrite deux musées : le Musée Civique et, depuis décembre 2024, le nouveau Musée Archéologique National. Et c'est ce dernier qui vole la vedette. Aménagé grâce aux fonds du PNRR, il raconte l'histoire des Ausones-Aurunces depuis l'âge du Fer jusqu'à la conquête romaine en 313 av. J.-C. Les trois premières salles exposent des objets préromains, dont des ex-voto du sanctuaire de la déesse Marica. Puis on passe à l'époque romaine, avec des villas rustiques, des productions de vin de Falerno, et un focus sur le théâtre de Sessa, l'un des plus imposants de Campanie. La pièce maîtresse est la statue de Matidia Minor, belle-sœur d'Hadrien, qui trône dans la dernière salle. Le musée est conçu pour tous : il y a des postes tactiles pour les non-voyants, des QR codes pour des audioguides et des vidéos 3D reconstituant des objets du British Museum. Le billet unique (5 euros) inclut également l'entrée au théâtre romain. Ouvert du mardi au dimanche (fermé le lundi), avec des horaires variables. Un conseil ? Ne manquez pas la vue depuis la cour intérieure : de là, on embrasse toute la ville.

Château ducal

Mausolée de la Conocchia : un joyau romain le long de la Via Appia

Mausolée de la ConocchiaSi vous passez par Curti, le long de la Via Appia Antica, ne manquez pas le Mausolée de la Conocchia. Son nom ? Il vient de sa forme qui rappelle un fuseau de filage, mais ici, seul le nom est simple. Ce monument funéraire romain date du Ier siècle av. J.-C. (troisième quart, pour les pointilleux) et constitue un exemple remarquable d'architecture à corps superposés : un cube de 6,5 mètres de côté, un corps intermédiaire aux côtés concaves et un couronnement circulaire avec des demi-colonnes. Au total, 16,6 mètres de hauteur qui imposent encore le respect aujourd'hui. La chambre sépulcrale intérieure abrite onze niches pour des urnes cinéraires. La tradition veut que reposent ici les cendres de Flavia Domitilla, petite-fille de Vespasien, ou celles d'Appius Claudius Caecus, le constructeur de la Via Appia. Qui sait ? Toujours est-il que le mausolée s'est conservé presque intact grâce à une restauration voulue par Ferdinand IV de Bourbon en 1792. Aujourd'hui, on peut le visiter librement de l'extérieur, tandis que l'intérieur est ouvert lors d'occasions spéciales. Un plongeon dans l'histoire romaine à deux pas du Palais royal de Caserte.

Mausolée de la Conocchia

Le Cryptoportique Romain d'Alife

CryptoportiqueSous les rues d'Alife se cache un joyau de l'ingénierie romaine : le Cryptoportique. Une structure souterraine en forme de U, avec trois bras s'étendant sur environ 600 m². Les côtés mineurs mesurent 27,5 mètres, le côté central 44 mètres. Trente et un piliers en brique soutiennent des voûtes en berceau en opus caementicium, et 21 lucarnes à gueule de loup filtrent la lumière d'en haut, créant des jeux d'ombre suggestifs. Construit à l'époque augustéenne, probablement comme soubassement d'une luxueuse domus patricienne (peut-être celle des Aedii ou des Grani), le Cryptoportique servait d'entrepôt ou de promenade couverte, avec le péristyle supérieur donnant sur un jardin. Les fouilles de 2007 ont mis au jour plus de 300 couches de dépôt, une archive naturelle de la vie citadine de l'empire au moyen-âge. Parmi les artefacts, on trouve des pièces, des lampes à huile, et même des huîtres de Baïes, signe du niveau de vie élevé des propriétaires. Avec le temps, la structure fut abandonnée, utilisée comme décharge puis comme abri antiaérien pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd'hui, elle se visite sur réservation (entrée gratuite). Entrer ici, c'est comme faire un bond en arrière de deux mille ans : l'atmosphère est humide et silencieuse, seulement interrompue par le goutte-à-goutte de l'eau. Les murs conservent des traces d'enduit ocre d'origine, tandis que les piliers montrent la maîtrise des constructeurs romains. Un lieu qui mérite vraiment une halte, loin des foules touristiques.

Cryptoportique

Amphithéâtre romain d'Alife : le mini-Colisée de Campanie

Amphithéâtre romain d'AlifeSi vous pensez qu'en Campanie il n'y a que le Colisée de Rome, vous vous trompez. À Alife, dans la province de Caserte, se trouve l'un des amphithéâtres romains les mieux conservés du sud de l'Italie. Avec ses 107 mètres de long et 84 mètres de large, il pouvait accueillir jusqu'à 14 000 spectateurs – un véritable petit Colisée. Construit à l'époque augustéenne (Ier siècle av. J.-C.), il fut agrandi à plusieurs reprises jusqu'au IIe siècle apr. J.-C. Sa redécouverte est une histoire curieuse : en 1976, des photographies aériennes ont révélé une ellipse parfaite dans un champ de blé ; les fouilles suivantes ont mis au jour les fondations et une partie de l'élévation. Aujourd'hui, on le visite sur réservation, et le billet (2-5 euros) inclut également le Musée Archéologique de l'Antique Allifae. La structure est encore partiellement enterrée (la moitié se trouve sous les maisons), mais il suffit de marcher sur l'arène pour imaginer les combats de gladiateurs et les venationes qui s'y déroulaient. Si vous avez une demi-journée, associez-le au musée : l'amphithéâtre est à deux pas, via Caduti del Lavoro, et le responsable Enrico Angelo Stanco vous accompagnera dans l'histoire. Attention : les jours d'ouverture varient, mieux vaut appeler le 0823 787005 avant de partir.

Amphithéâtre romain d'Alife

Les Ciampate del Diavolo : le plus ancien sentier préhistorique d'Europe

Ciampate del DiavoloSi vous pensez que la Campanie n'est que mer et pizza, vous vous trompez. À Conca della Campania, dans le Parc régional de Roccamonfina, se trouve un site qui vous fera remonter 350 000 ans en arrière : les Ciampate del Diavolo. Le nom en dialecte signifie 'empreintes du diable', et la légende disait que seul un diable pouvait marcher sur la lave chaude. En réalité, on y conserve 56 empreintes fossiles laissées par Homo heidelbergensis, un ancêtre de l'homme de Néandertal. Les empreintes ont été découvertes scientifiquement en 2000 par le professeur Paolo Mietto, mais elles étaient connues depuis le XIXe siècle. Elles sont réparties sur trois pistes (A, B et C) et par endroits, on voit aussi des empreintes de mains, laissées lorsque les hominidés glissaient sur le sol volcanique encore plastique. La particularité ? Elles se trouvent sur une pente raide (jusqu'à 85 % d'inclinaison) et représentent le plus ancien sentier humain fossile du monde, daté par méthode radiométrique à 349 ± 3 mille ans. Pour les visiter, on part de la petite place de Foresta (hameau de Conca della Campania) et on emprunte un sentier muletier d'environ 1,5 km (aller-retour) de difficulté modérée. Le sentier est raide, donc il faut des chaussures de randonnée et beaucoup d'eau. Une fois arrivé, on reste bouche bée devant ce qui ressemble à de grandes empreintes sur la roche volcanique. À proximité se trouvent également les restes d'un moulin du XVIIIe siècle et d'un ancien lavoir. Le site est clôturé et visitable toute l'année, mais évitez les jours de pluie car le terrain devient glissant. Si vous aimez la préhistoire et la nature, c'est une étape incontournable.

Ciampate del Diavolo