La Fontaine de l’Éléphant à Catane : U Liotru et la Piazza Duomo

La Fontaine de l’Éléphant est le cœur de la Piazza Duomo à Catane : un soubassement en marbre blanc, l’éléphant en basalte noir appelé U Liotru et un obélisque égyptisant haut de 3,66 m. Réalisée par Giovanni Battista Vaccarini entre 1735 et 1737, après le tremblement de terre de 1693, elle est le symbole de la ville depuis 1239. La statue regarde la cathédrale Sainte-Agathe et conserve restaurations, armoiries et légendes qui se lisent encore aujourd’hui.
– U Liotru : l’éléphant en pierre de lave, mascotte et emblème de Catane.
– Obélisque égyptisant en granit, avec globe, palme, lys et croix.
– Piazza Duomo : cathédrale Sainte-Agathe et centre historique baroque.
– Restaurations et légendes : de 1757 à 1998, entre Eliodoro et protection contre l’Etna.


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Copertina itinerario La Fontaine de l'Éléphant à Catane : U Liotru et la Piazza Duomo
Au cœur de la Piazza Duomo, l’éléphant en pierre de lave surmonté d’un obélisque égyptisant raconte Catane : symbole depuis 1239, restaurations, légendes et détails baroques de Vaccarini.

À savoir


Introduction

Au centre de la Piazza Duomo, à Catane, se dresse un éléphant en pierre de lave qui veille sur la ville depuis des siècles. Ce n’est pas un monument ordinaire : c’est U Liotru, l’emblème de Catane, un basalte noir qui se détache sur le marbre blanc de la fontaine baroque. La première fois que je l’ai vu, le contraste m’a frappé : l’éléphant semble sorti de la lave de l’Etna, avec un obélisque égyptisant sur le dos. Réalisé entre 1735 et 1737 par Giovanni Battista Vaccarini, ce chef-d’œuvre du baroque sicilien est bien plus qu’une fontaine : c’est le cœur battant de la ville, un lieu de rassemblement et un symbole de résilience après le tremblement de terre de 1693. Sa trompe est tournée vers la Cathédrale Sainte-Agathe, comme pour la protéger. Et puis il y a les légendes, les restaurations, les détails qui le rendent unique. Si vous passez par Catane, arrêtez-vous ici : c’est la carte de visite de la ville.

Aperçu historique

L’histoire de la fontaine est un enchevêtrement de destructions et de renaissances. La statue de l’éléphant est très ancienne : peut-être byzantine, peut-être romaine, en tout cas déjà citée au XIIe siècle par le géographe arabe Al-Idrisi. En 1239, elle devient le symbole officiel de la ville, remplaçant Saint Georges. Après le tremblement de terre de 1693, qui brisa les pattes arrière, l’architecte Vaccarini la restaura et conçut la fontaine, achevée en 1737. L’obélisque, en granit, arriva peut-être pendant les croisades. En 1757, le bassin fut ajouté, en 1826 une grille, en 1862 une émeute populaire empêcha son déplacement vers la piazza Palestro. En 1905, un second bassin, en 1998, le retrait de la grille et du jardin. Aujourd’hui, elle est accessible à tous.

  • 1239 : l’éléphant devient le symbole de Catania.
  • 1693 : un tremblement de terre endommage la statue.
  • 1735-1737 : Vaccarini réalise la fontaine.
  • 1757 : ajout du bassin quadrilobé.
  • 1862 : émeute contre le déplacement.
  • 1998 : retrait de la grille et du jardin.

L’éléphant de pierre de lave : symboles et légendes

L’éléphant n’est pas seulement un animal : c’est un symbole de protection contre les éruptions de l’Etna et les invasions. La légende la plus célèbre raconte l’histoire d’Eliodoro, un noble du VIIIe siècle qui, non élu évêque, se consacra à la magie et aurait sculpté l’éléphant, le chevauchant jusqu’à Constantinople. De lui viendrait le nom ‘U Liotru’. Une autre histoire le présente comme le gnomon d’un cadran solaire : la lumière du soleil marquait les heures, et ‘eliotrico’ en dialecte devint ‘liotru’. La statue, en basalte noir, est taillée dans un unique bloc de pierre de lave. Après le tremblement de terre, Vaccarini ajouta des yeux et des défenses en pierre calcaire blanche. Sur les côtés pend un caparaçon de marbre avec les armoiries de sainte Agathe. Au sommet de l’obélisque, un globe, une couronne de palme et une branche de lys rappellent le martyre et la pureté. Et puis il y a la plaque avec l’acronyme MSSHDEPL : « Mente sana e sincera, per l’onore di Dio e per la liberazione della sua patria » (un esprit sain et sincère, pour l’honneur de Dieu et pour la libération de sa patrie). Des détails qui racontent des siècles d’histoire.

L’obélisque égyptisant et l’inspiration berninienne

Sur le dos de l’éléphant se dresse un obélisque égyptisant de 3,66 mètres de haut, en granit. Il ne comporte pas de hiéroglyphes authentiques, mais des figures de style égyptien. Selon certains, il fut rapporté de Syène (Égypte) pendant les croisades et placé dans le Cirque Maxime de Catane. La fontaine, conçue par Vaccarini, s’inspire de l’Obélisque de la Minerve de Gian Lorenzo Bernini à Rome : là aussi, un éléphant soutient un obélisque. Mais ici, l’effet est différent : le baroque sicilien se mêle à des suggestions égyptiennes et à des matériaux locaux. Le bassin quadrilobé, ajouté en 1757, et les jets d’eau créent un jeu de reflets. Les habitants de Catane passent devant chaque jour, mais pour ceux qui viennent d’ailleurs, c’est une surprise. L’éléphant regarde la cathédrale, comme s’il dialoguait avec sainte Agathe. Et l’obélisque, avec le globe et la croix, semble toucher le ciel. Un détail que j’aime ? La signature de Vaccarini gravée sur la base, pour rappeler que cette œuvre est aussi un peu un autoportrait.

Pourquoi la visiter

Pourquoi s’arrêter pour voir la Fontaine de l’Éléphant ? Premièrement : c’est le symbole de Catane, et le voir en vrai, c’est autre chose qu’en photo. Deuxièmement : c’est gratuit et toujours accessible, en plein centre. Troisièmement : c’est un point de départ parfait pour explorer le centre historique : à deux pas se trouvent la Cathédrale, le Palais des Clercs, la Basilique Collégiale Saint-Sébastien et le Palais de la Culture. Et puis il y a l’ambiance : la place est toujours animée, entre touristes et Catanais. La fontaine est aussi un excellent sujet photographique, surtout avec la bonne lumière. En outre : c’est un lieu de rencontre, un point de repère. La visite est courte, mais intense. J’y passerais des heures à observer les détails : les défenses blanches, l’obélisque, les blasons. Et si vous avez le temps, asseyez-vous sur les marches et savourez la scène. Un conseil : emportez votre appareil photo.

Quand y aller

La fontaine se visite toute l’année, mais quel est le meilleur moment ? Le soir, quand les lumières artificielles éclairent la pierre de lave et le marbre, créant une atmosphère magique. À l’aube, elle est tout aussi envoûtante : la place est presque déserte et le soleil levant éclaire l’éléphant. Au printemps et en automne, le climat est parfait pour une promenade. En été, mieux vaut éviter les heures centrales : le soleil tape fort et la foule est dense. Je préfère la fin d’après-midi, quand la lumière est chaude et que les touristes commencent à se faire plus rares. Si vous passez en hiver, la fontaine a un charme particulier, avec moins de monde et une ambiance plus intime. Mais attention : à Catane, le soleil peut être fort même en mars. Alors, emportez des lunettes de soleil et de l’eau. Et si vous voulez une photo sans la foule, armez-vous de patience.

Aux alentours

La fontaine se trouve au cœur de Catane, alors aux alentours, l’embarras du choix est total. À quelques pas se dresse la Cathédrale Sainte-Agathe, avec sa façade baroque et les reliques de la patronne. Cela vaut la peine d’y entrer. Puis il y a La Pescheria, le marché aux poissons : une explosion de couleurs, de sons et d’odeurs. Elle est chaotique, authentique, et se trouve juste derrière la Piazza Duomo. Si vous aimez ce genre d’ambiance, c’est une expérience à vivre. Un autre joyau est la Basilique collégiale Saint-Sébastien, à quelques pas. Et pour une pause, les cafés et les glaciers de la place sont parfaits. En somme, la fontaine est le point de départ idéal pour explorer le centre historique. Pas besoin de prendre la voiture : tout est accessible à pied. Et si vous avez le temps, perdez-vous dans les ruelles du centre.

Itinéraires aux alentours


💡 Peut-être que vous ne saviez pas que…

Le nom U Liotru renvoie à Eliodoro, un noble catanais du VIIIe siècle qui, selon la légende, chevauchait l’éléphant jusqu’à Constantinople. En 1862, le projet de déplacer la fontaine sur la piazza Palestro fut bloqué par une révolte populaire menée par Bonaventura Gravina. Sous la domination arabe, Catane était appelée Balad-el-fil, la « ville de l’éléphant », et la tablette sur l’obélisque porte l’acronyme MSSHDEPL : « Un esprit sain et sincère, pour l’honneur de Dieu et pour la libération de sa patrie ».