Que voir dans la province de Foggia : Gargano et ses environs


🧭 À quoi s’attendre

  • Idéal pour : ceux qui cherchent des vacances entre mer, histoire et nature
  • Points forts : côte du Gargano, sites archéologiques, châteaux médiévaux
  • En résumé : une province aux mille visages, parfaite pour un voyage slow hors des sentiers battus

Événements aux alentours


Si vous pensez à la province de Foggia, l'esprit va tout de suite au Gargano, avec ses falaises à pic sur la mer et ses eaux cristallines. Mais cette terre offre bien plus : des sites archéologiques comme Herdonia et Grotta Paglicci, des châteaux normands et souabes à Lucera et Monte Sant'Angelo, et des villages authentiques comme Faeto et Bovino. J'ai sillonné la zone pendant des jours, entre parcours naturels et étapes œnogastronomiques, et j'ai sélectionné les expériences incontournables. Que vous soyez un amoureux d'histoire ou un chercheur de plages, vous trouverez ici un mélange unique. D'après les conseils pratiques de Viaggio in Puglia et Italia.it, voici ce qu'il ne faut pas manquer dans la province de Foggia.

Aperçu



Itinéraires aux alentours


Pizzomunno : le symbole de Vieste entre légende et mer

PizzomunnoS'il est un lieu qui résume l'âme de Vieste, c'est bien le Pizzomunno. Ce monolithe imposant en pierre calcaire, haut de 25 mètres, se dresse au début de la plage du Château (dite aussi Scialara) et est depuis toujours le symbole de la ville. Comment ne pas être frappé ? Il est là, blanc, solitaire, faisant le guet sur la mer turquoise du Gargano. Mais sa magie va au-delà de l'aspect géologique : la légende de Pizzomunno et Cristalda lui donne une âme. On raconte que le jeune pêcheur, après avoir perdu sa bien-aimée enlevée par les sirènes jalouses, s'est pétrifié de douleur. Et tous les cent ans, pour une nuit, les deux amants s'étreignent à nouveau. Histoire ou fantasme ? Peu importe, quand tu es là à le regarder. La plage alentour est un enchantement : sable clair et fin, eau qui vire du bleu au vert, et une vue sur le centre historique accroché à la falaise. Si tu passes, ne manque pas la tradition : on dit que celui qui fait un tour complet autour du Pizzomunno reviendra à Vieste. Je l'ai fait, qui sait... Pour une visite plus tranquille, vise juin ou septembre ; en été, c'est bondé, mais l'aube ou le coucher du soleil offrent des moments inoubliables. Et si tu veux une perspective différente, monte par Via Bacco ou Via Barion : de là-haut, tu le verras dominer la côte.

Pizzomunno

Château normand-souabe-angevin-aragonais

Château normand-souabe-angevin-aragonaisPerché sur le point culminant de Monte Sant'Angelo, le château normand-souabe-angevin-aragonais domine le Gargano, le golfe de Manfredonia et le Tavoliere. Ses origines remontent au IXe siècle, lorsque l'évêque lombard Orso Ier édifia un castrum byzantin entre 837 et 838. Depuis, chaque domination a laissé son empreinte : les Normands avec l'imposante Tour des Géants (haute de 18 mètres, murs épais de 3,70 mètres), les Souabes avec la Salle du Trésor de Frédéric II, dédiée à sa favorite Bianca Lancia ; les Angevins, qui la transformèrent en prison d'État (où fut enfermée Philippa d'Antioche et peut-être assassinée la reine Jeanne Ière) ; et enfin les Aragonais, qui au XVe siècle ajoutèrent le bastion en amande et les fossés. En se promenant entre les murs, on respire une atmosphère médiévale authentique. La cour intérieure, avec ses murs et ses tours cylindriques, et l'escalier qui monte aux appartements du châtelain racontent des histoires de princes et de courtisans. Ne manquez pas le chemin de ronde près du rempart : la vue s'étend de la mer au village, offrant un coup d'œil unique. Après des siècles d'abandon et de restaurations, le château est aujourd'hui propriété communale (depuis 1907) et accueille des événements et des visites. Un joyau à découvrir, entre légendes de fantômes et vestiges de l'âge du fer mis au jour par les récentes fouilles.

Château normand-souabe-angevin-aragonais

Forteresse souabe-angevine de Lucera : l'une des plus imposantes fortifications médiévales d'Europe

Forteresse souabe-angevine de LuceraPerchée au sommet du mont Albano, la forteresse souabe-angevine de Lucera est un géant de briques et d'histoire. Avec son enceinte longue de 900 mètres et haute de 13 mètres, c'est l'une des plus vastes fortifications médiévales d'Europe, et je vous assure que la vue depuis le chemin de ronde vous coupera le souffle : d'ici, on embrasse tout le Tavoliere delle Puglie, jusqu'au Gargano et au Subapennin Dauno quand le ciel est dégagé.

L'histoire se lit ici en deux couches bien distinctes. En 1233, Frédéric II y fit construire son palatium impérial, dont il ne reste aujourd'hui que le soubassement troncopyramidal avec une cour qui, au troisième étage, se transformait en octogone – une anticipation de Castel del Monte. Après la mort de l'empereur, Charles Ier d'Anjou transforma la résidence en une véritable forteresse : entre 1269 et 1283, il fit ériger l'imposante enceinte, ponctuée de 13 tours carrées, 2 bastions pentagonaux et 2 tours cylindriques – la Tour du Lion (15 m) et la Tour de la Lionne (25 m), qui dominent l'entrée.

Aujourd'hui, on peut marcher le long des remparts, visiter les tours et observer les vestiges du palais de Frédéric et de l'église angevine Saint-François. À l'intérieur du fort, le Service d'Accueil Touristique propose des visites guidées gratuites (appelez le 0881-541662). En été, ne manquez pas la reconstitution historique « Luceria 1240 », qui recrée le camp médiéval de Frédéric II. Ouvert du mardi au dimanche (10h-13h et 15h-19h), la forteresse est un plongeon dans le Moyen Âge qui mérite absolument un arrêt lors de votre voyage en Capitanate.

Forteresse souabe-angevine de Lucera

Phare de l'Île Sant'Eufemia : le gardien du Gargano

Phare de l'Île Sant'EufemiaSi c'est un lieu qui incarne tout le charme du Gargano, c'est bien le phare de l'Île Sant'Eufemia. Situé sur un rocher à environ 800 mètres de Vieste, ce phare est en activité depuis 1868 et éclaire la mer Adriatique avec ses trois éclats blancs toutes les 15 secondes, visibles jusqu'à 25 milles nautiques. La tour octogonale, haute de 27 mètres, repose sur l'ancienne maison du gardien, aujourd'hui inhabitée depuis l'automatisation en 1997. L'atteindre par la mer est une aventure : on part du port de Vieste, on accoste à une jetée et on emprunte une passerelle panoramique offrant une vue à couper le souffle sur le centre historique et la mer. Dommage de ne pas pouvoir entrer, mais même le voir de près procure une émotion unique.

Mais la véritable surprise est ce qu'il cache : une grotte avec plus de 200 inscriptions votives en grec et en latin, laissées par des marins invoquant Vénus Sosandra, la déesse salvatrice. Le culte remonte au IIIe siècle av. J.-C., et les gravures couvrent les murs comme un journal de voyage millénaire. Parmi elles, se distingue l'inscription du doge vénitien Pietro Orseolo II, qui fit escale ici en 1002 avec sa flotte en route pour libérer Bari des Sarrasins. Un véritable écrin d'histoire, encore aujourd'hui fouillé par les universités de Bari et de Foggia.

Si vous passez par Vieste, ne manquez pas une excursion en bateau jusqu'à l'îlot. Le phare n'est pas accessible, mais le panorama et l'histoire qui s'en dégagent valent la traversée. Emportez votre appareil photo : le rocher avec la tour se découpant sur le ciel est une image qui reste gravée.

Phare de l'Île Sant'Eufemia

Herdonia : l'antique cité daunienne qui dévoile ses secrets

HerdoniaAu cœur de la province de Foggia, à quelques kilomètres d'Ordona, se dresse le site archéologique de Herdonia, un lieu qui a traversé des millénaires d'histoire. Habitée dès l'époque daunienne, elle devint une importante municipe romain grâce à la voie Trajane. Aujourd'hui, ce qu'il en reste est un fascinant puzzle de ruines qui raconte la vie d'une cité antique. En flânant parmi les vestiges, on découvre le forum entouré de boutiques, la basilique avec ses imposantes colonnes (42x26 mètres), le macellum (le marché couvert) et les thermes aux salles chaudes et froides richement décorées. L'amphithéâtre elliptique (74x59 mètres) utilise un fossé défensif, un détail surprenant. Mais Herdonia n'est pas seulement romaine : les pièces les plus précieuses, comme la Stèle Daunienne du VIIe-VIe siècle av. J.-C. et la broderie du guerrier du IVe siècle av. J.-C. (la plus ancienne d'Italie), sont conservées au Musée Archéologique HERMA, inauguré en 2017. Malheureusement, le site est à l'abandon : les fouilles ont cessé en 2000 et de nombreux monuments ont été recouverts. La garde est assurée par des bénévoles. Malgré tout, le visiter procure des émotions authentiques : on entre gratuitement, on marche parmi l'herbe et les pierres, et on imagine la vie d'il y a deux mille ans. Une expérience que je recommande à ceux qui aiment l'archéologie sans filtre, mais avec une pointe de mélancolie.

Herdonia

Herdonia : l'antique cité daunienne qui dévoile ses secrets

HerdoniaAu cœur de la province de Foggia, à quelques kilomètres d'Ordona, se dresse le site archéologique de Herdonia, un lieu qui a traversé des millénaires d'histoire. Habitée dès l'époque daunienne, elle devint une importante municipe romain grâce à la voie Trajane. Aujourd'hui, ce qu'il en reste est un fascinant puzzle de ruines qui raconte la vie d'une cité antique. En flânant parmi les vestiges, on découvre le forum entouré de boutiques, la basilique avec ses imposantes colonnes (42x26 mètres), le macellum (le marché couvert) et les thermes aux salles chaudes et froides richement décorées. L'amphithéâtre elliptique (74x59 mètres) utilise un fossé défensif, un détail surprenant. Mais Herdonia n'est pas seulement romaine : les pièces les plus précieuses, comme la Stèle Daunienne du VIIe-VIe siècle av. J.-C. et la broderie du guerrier du IVe siècle av. J.-C. (la plus ancienne d'Italie), sont conservées au Musée Archéologique HERMA, inauguré en 2017. Malheureusement, le site est à l'abandon : les fouilles ont cessé en 2000 et de nombreux monuments ont été recouverts. La garde est assurée par des bénévoles. Malgré tout, le visiter procure des émotions authentiques : on entre gratuitement, on marche parmi l'herbe et les pierres, et on imagine la vie d'il y a deux mille ans. Une expérience que je recommande à ceux qui aiment l'archéologie sans filtre, mais avec une pointe de mélancolie.

Herdonia

Grotte Paglicci

Grotte PaglicciLa Grotte Paglicci est l’un des sites paléolithiques les plus extraordinaires d’Italie, pourtant peu de gens le connaissent. Située à Rignano Garganico, dans le Gargano, cette cavité karstique a livré plus de 45 000 objets, dont des peintures pariétales de chevaux et des mains en ocre rouge, uniques en Italie. À l’intérieur, on a découvert deux sépultures gravettiennes vieilles d’environ 30 000 ans : une jeune fille de 12-13 ans et une jeune femme, toutes deux avec un riche mobilier funéraire. Mais ce n’est pas tout : parmi les objets, on trouve le plus ancien chien domestique italien, ayant vécu entre 14 000 et 20 000 ans, et un pilon de 32 000 ans avec des traces d’avoine, qui révèle l’alimentation de nos ancêtres. L’art mobilier est exceptionnel : un fragment de tibia gravé d’un bouquetin, daté de 22 000 ans, est considéré comme la plus ancienne œuvre d’art paléolithique datée au carbone 14 en Italie. Malheureusement, la grotte n’est pas visitable pour des raisons de sécurité – elle est propriété privée et sujette à des effondrements. Mais à Rignano Garganico, le Musée du Paléolithique de la Grotte Paglicci a été aménagé, rouvert en 2021 avec une scénographie multimédia qui vous plongera dans l’époque préhistorique. Vous pourrez y voir des objets originaux, des reconstitutions 3D et des projections. Si vous aimez la préhistoire, c’est une étape incontournable. Je ne m’y attendais pas, mais le Gargano n’est pas que mer et forêts : ici, l’histoire humaine est écrite dans la roche. Cela vaut le détour pour visiter le musée : il vous surprendra.

Grotte Paglicci

Amphithéâtre Romain Augustéen de Lucera

Amphithéâtre Romain AugustéenSi vous passez par Lucera, ne manquez pas l’Amphithéâtre Romain Augustéen, l’un des plus anciens du Sud de l’Italie et antérieur au Colisée. Construit entre 27 av. J.-C. et 14 ap. J.-C. à la volonté du magistrat Marcus Vecilius Campanus, qui le finança de sa poche sur un terrain lui appartenant, il était dédié à l’empereur Auguste. Il pouvait accueillir jusqu’à 18 000 spectateurs, un nombre impressionnant pour l’époque : l’arène mesure 75,20 x 43,20 mètres, et la structure extérieure atteint 131 x 99 mètres. Le plan elliptique exploite une dépression naturelle ; aujourd’hui on y accède par deux portails reconstruits avec des colonnes ioniques et une inscription dédicatoire. Sous l’arène court une galerie de service avec trois fosses, utilisée pour les machineries et les animaux. Pendant des siècles abandonné et utilisé comme carrière après le sac de Constant II en 663, il fut mis au jour par les fouilles de 1932 et restauré entre 2006 et 2009. Aujourd’hui il est visitable et accueille souvent des événements culturels, avec une gradation d’environ mille places assises. En se promenant dans les couloirs et les gradins, on respire l’atmosphère des jeux de gladiateurs et des venationes. Le panorama depuis la partie haute inclut les murs fédériens et la cathédrale. Je recommande une visite tôt le matin ou au coucher du soleil, quand la lumière exalte les détails de l’opus reticulatum. L’entrée se trouve Viale Augusto ; pour les horaires et les billets (le coût est économique et inclut souvent le Museo Civico), il vaut mieux contacter la municipalité, car les informations varient selon la saison. Chaussures confortables et eau obligatoires en été.

Amphithéâtre Romain Augustéen

Le Château Souabe-Angevin de Manfredonia

Château Souabe-Angevin de ManfredoniaLe Château Souabe-Angevin de Manfredonia est un de ces lieux qui vous fait faire un bond dans le temps. Donnant sur la mer, avec ses murs massifs et ses tours qui semblent raconter des histoires de batailles et de dominations. Il n'est pas le fruit d'un projet unique, mais le résultat de stratifications : commencé par Manfred de Souabe, achevé par Charles Ier d'Anjou en 1279 puis transformé par les Aragonais au XVe siècle. Le plan quadrangulaire avec les tours d'angle – trois cylindriques et un bastion pentagonal – est sa carte de visite. En flânant dans la cour d'armes, on entend presque les échos des soldats souabes et des prisonniers bourboniens. Depuis 1620, il a perdu sa fonction défensive, devenant caserne et prison. Aujourd'hui, après une restauration, il abrite le Musée National Archéologique, avec les pièces les plus importantes de la Capitanate, dont les célèbres Stèles Dauniennes, bas-reliefs du VIIe-VIe siècle av. J.-C. qui racontent la vie des anciens Dauniens. La visite est bien organisée : on accède par créneaux horaires, billet plein tarif 5 euros (cumulatif avec Siponto à 7). En montant sur les terrasses, la vue sur le port et le Gargano est spectaculaire. Un conseil sincère : ne vous limitez pas à l'extérieur, le musée vaut vraiment le détour, surtout si vous aimez l'archéologie. Et si vous passez à Noël, dans les douves se tient une crèche vivante – une touche magique.

Château Souabe-Angevin de Manfredonia

Torre Mileto : plage et tour historique

Torre MiletoSi vous cherchez un endroit hors des sentiers battus, Torre Mileto est une de ces découvertes qui valent le détour. Nous sommes entre San Nicandro Garganico et Lesina, dans cette bande côtière qui sépare le lac de Lesina de la mer Adriatique. Le panorama est à couper le souffle : d'un côté la lagune, de l'autre le bleu de la mer, et au milieu une plage de sable fin entourée d'oliviers centenaires.

Le nom vient de la tour construite en 1568, durant la domination espagnole. Haute de 18 mètres et de forme pyramidale tronquée, elle se dresse sur une petite péninsule. Elle servait à repérer les pirates ottomans : des trous des arches, on lançait des pierres. Plus tard, au XIXe siècle, elle a été utilisée comme station météorologique et phare. Aujourd'hui, on ne peut la visiter que de l'extérieur, mais de temps en temps – comme pour la Journée du littoral – des ouvertures extraordinaires sont organisées avec des visites guidées. De la tour, la vue est époustouflante, cela vaut la peine de faire deux pas jusque-là.

La plage est sauvage, avec deux parties distinctes : au sud, elle est plus large et sablonneuse, parfaite pour nager ; au nord, elle est plus abritée et tranquille. La mer est limpide et la pente est douce. Si vous aimez l'observation des oiseaux, apportez des jumelles : les dunes et la végétation méditerranéenne attirent de nombreux oiseaux.

Dans les environs, ne manquez pas le lac de Lesina : les traditionnelles « paranze » pour la pêche aux anguilles sont un spectacle, et si vous passez dîner, goûtez à l'anguille grillée ou à la soupe de poisson de la lagune. Pour y arriver, mieux vaut prendre la voiture : de San Nicandro, il faut dix minutes. Sinon, il y a un bus de la Sita Sud (ligne 729) qui relie San Marco in Lamis et San Nicandro.

Torre Mileto

Torre Mileto : plage et tour historique

Torre MiletoSi vous cherchez un endroit hors des sentiers battus, Torre Mileto est une de ces découvertes qui valent le détour. Nous sommes entre San Nicandro Garganico et Lesina, dans cette bande côtière qui sépare le lac de Lesina de la mer Adriatique. Le panorama est à couper le souffle : d'un côté la lagune, de l'autre le bleu de la mer, et au milieu une plage de sable fin entourée d'oliviers centenaires.

Le nom vient de la tour construite en 1568, durant la domination espagnole. Haute de 18 mètres et de forme pyramidale tronquée, elle se dresse sur une petite péninsule. Elle servait à repérer les pirates ottomans : des trous des arches, on lançait des pierres. Plus tard, au XIXe siècle, elle a été utilisée comme station météorologique et phare. Aujourd'hui, on ne peut la visiter que de l'extérieur, mais de temps en temps – comme pour la Journée du littoral – des ouvertures extraordinaires sont organisées avec des visites guidées. De la tour, la vue est époustouflante, cela vaut la peine de faire deux pas jusque-là.

La plage est sauvage, avec deux parties distinctes : au sud, elle est plus large et sablonneuse, parfaite pour nager ; au nord, elle est plus abritée et tranquille. La mer est limpide et la pente est douce. Si vous aimez l'observation des oiseaux, apportez des jumelles : les dunes et la végétation méditerranéenne attirent de nombreux oiseaux.

Dans les environs, ne manquez pas le lac de Lesina : les traditionnelles « paranze » pour la pêche aux anguilles sont un spectacle, et si vous passez dîner, goûtez à l'anguille grillée ou à la soupe de poisson de la lagune. Pour y arriver, mieux vaut prendre la voiture : de San Nicandro, il faut dix minutes. Sinon, il y a un bus de la Sita Sud (ligne 729) qui relie San Marco in Lamis et San Nicandro.

Torre Mileto

Castel Pagano : histoire, légendes et vue à couper le souffle

Castel PaganoPerché sur un éperon du Gargano à 545 mètres d'altitude, Castel Pagano est un de ces lieux qui vous coupent le souffle. D'ici, le regard porte librement sur le Tavoliere, jusqu'aux montagnes du Molise et au lac de Lesina. Un panorama qui à lui seul vaut le voyage. Mais le plus beau, c'est que ce site est aussi un plongeon dans l'histoire.

Les origines du château sont entourées de mystère : il remonte peut-être au IXe siècle, mais c'est sous Frédéric II qu'il connaît son âge d'or. L'empereur y installa une garnison de soldats sarrasins venus de Sicile, et c'est à eux que l'on doit le nom 'Pagano'. Aujourd'hui, il reste d'imposantes ruines : un long mur avec deux portes, une tour circulaire et le donjon pentagonal haut de 7 mètres, qui domine encore la vallée.

Curiosité : plus de 200 citernes de collecte des eaux de pluie ont été découvertes sur le site, signe d'un peuplement bien organisé. Et puis il y a les légendes : l'apparition de la Vierge à un aveugle, la bataille entre saint Michel et un serpent géant, et l'histoire du prince sarrasin qui devint fou d'amour.

Castel Pagano est accessible gratuitement. Il suffit de suivre les indications pour Stignano depuis Apricena. Prévoyez de l'eau et des chaussures confortables : on marche parmi les vestiges et la nature du Parc du Gargano. Un endroit que je recommande à ceux qui aiment l'histoire, les panoramas et une touche de mystère.

Castel Pagano

Torre Alemanna, le joyau teutonique de Cerignola

Torre AlemannaSi vous passez par la province de Foggia, ne manquez pas Torre Alemanna, un joyau médiéval caché à Borgo Libertà, à 18 km de Cerignola. C'est la seule forteresse des Chevaliers Teutoniques encore debout en Méditerranée, de quoi donner des frissons. La tour carrée, haute de 24 mètres, domine la campagne et renferme un trésor : au rez-de-chaussée, des fresques du XIIIe siècle représentant des saints et des scènes de la Passion, découvertes lors des restaurations. L'histoire commence en 1231, lorsque Frédéric II donna ces terres aux Teutoniques. Puis elle passa à des cardinaux, qui ajoutèrent le Palais de l'Abbé et une loggia du XVIIIe siècle. Aujourd'hui, le complexe abrite le Musée de la Céramique, avec des pièces de la Renaissance mises au jour lors des fouilles. L'entrée est souvent gratuite, mais il vaut mieux réserver (tél. 3929927977). Ouvert lun-ven 9h-13h, samedi sur réservation. J'y suis allé un après-midi tranquille, et l'atmosphère était magique. Je recommande de combiner la visite avec le Piano delle Fosse Granarie de Cerignola, un système de plus de 600 fosses à blé, unique en son genre. Bref, une plongée dans le Moyen Âge à laquelle on ne s'attend pas.

Torre Alemanna

Château de Crepacuore : l'écho d'une forteresse disparue

Château de CrepacuorePerché sur le sommet du Monte Castiglione, à 959 mètres d'altitude, le Château de Crepacuore était un imposant bastion normand qui dominait le col apennin de San Vito, le long de la Via Francigena. Aujourd'hui, il n'en reste aucune trace visible : la colline est couverte de forêts et le silence a remplacé le cliquetis des armes. Pourtant, il suffit de s'arrêter un instant et de laisser vaguer le regard pour imaginer l'importance stratégique de ce lieu. Ici, en 1024, les empereurs byzantins Basile et Constantin attribuèrent la forteresse à l'évêque de Troia. Puis vinrent les Normands, puis les Souabes, et enfin les Angevins. Charles Ier d'Anjou, en 1269, la restaura avec 200 soldats et 700 hommes pour assiéger la colonie sarrasine de Lucera. Après la victoire, la garnison provençale s'y installa, mais elle abandonna bientôt le château pour fonder les villages de Celle San Vito et Faeto, donnant naissance à la minorité francoprovençale encore présente aujourd'hui. Le tremblement de terre de 1456 et les guerres angevino-aragonaise marquèrent sa fin : les pierres du château furent dépouillées et réutilisées pour construire maisons, étables et églises dans les environs. Visiter le site aujourd'hui est une expérience presque mystique : on monte parmi les sentiers du Monte Castiglione, on respire l'air pur et on cherche en vain une ruine. Mais l'histoire est là, dans l'air, dans les toponymes et dans les cris des faucons qui sillonnent le ciel. Pour ceux qui aiment les lieux chargés de mémoire, Crepacuore est une étape incontournable au cœur de la Daunie.

Château de Crepacuore

Villa di Faragola : un joyau de l'Antiquité tardive rené de ses cendres

Villa di FaragolaAu cœur de la Daunie, à Ascoli Satriano, se dresse l'un des sites archéologiques les plus fascinants des Pouilles : la Villa di Faragola. Cette résidence aristocratique de l'Antiquité tardive a connu son apogée entre le IVe et le VIe siècle après J.-C., lorsqu'elle appartenait probablement à la puissante famille sénatoriale des Scipions Orfiti. En flânant parmi les ruines, vous découvrez une cenatio estivale de rêve : une salle à manger de 128,5 m² au sol de marbres polychromes, avec au centre un stibadium semi-circulaire en maçonnerie, où les maîtres des lieux banquetaient allongés sur des divans, tandis que l'eau cascadait dans un bassin créant des jeux de lumière. L'ensemble était conçu pour émerveiller les convives, avec une vue directe sur la campagne environnante. Non loin, les thermes privés s'étendaient sur plus de 1000 m², parmi les plus grands d'Italie, avec des mosaïques en pâte de verre, des marbres provenant de Tunisie et de Grèce, et même une statue en marbre d'un enfant chasseur. Malheureusement, en 2017, un incendie criminel a ravagé le site, endommageant gravement les toitures et les décors. Mais après une restauration de 3 millions d'euros, achevée en novembre 2024, la Villa di Faragola rouvre au public dès avril 2025. Les restaurateurs ont choisi de laisser visibles certaines marques du feu, comme mémoire historique. Aujourd'hui, vous pouvez visiter le parc archéologique et admirer le stibadium, les mosaïques restaurées et les thermes. Une initiative spéciale : le domaine viticole Tenute Sannella a dédié deux vins au site, le Stibadium et le Villa di Faragola, symboles de renaissance. Si vous passez par là, ne manquez pas ce voyage dans le temps.

Villa di Faragola

Santa Maria di Devia : un chef-d'œuvre roman caché dans le Gargano

Santa Maria di DeviaAu cœur du Parc national du Gargano, sur une colline du Monte d'Elio à quelques pas de San Nicandro Garganico, se dresse l'église Santa Maria di Devia. Un joyau du roman des Pouilles qui passe souvent inaperçu, mais qui mérite absolument une visite. Érigée au XIe siècle sur les ruines d'un ancien hameau slave, cette église à trois nefs et trois absides abrite un cycle de fresques byzantines datant du XIIe au XIVe siècle. Parmi les scènes les plus suggestives, on remarque la Deesis dans l'abside centrale : le Christ Pantocrator entouré de la Vierge et de saint Jean-Baptiste, avec une inscription disant Ego sum lux mundi. Dans la nef droite, on trouve des représentations de saints, une Théotokos Hodigitria et même saint Hippolyte à cheval.

L'église a une histoire mouvementée : après l'abandon du village de Devia au XIVe siècle, elle fut utilisée comme étable et le toit s'effondra, jusqu'à sa restauration en 1969. Aujourd'hui, c'est un lieu de paix, avec un panorama qui s'étend des lacs de Lesina et Varano jusqu'aux îles Tremiti et, par temps clair, au Gran Sasso.

La visite est facile : on y arrive en voiture en suivant les indications pour Torre Mileto, et l'entrée est gratuite. Attention toutefois aux horaires : elle est ouverte au public seulement en été (après la fête de la Madonna del Carmine jusqu'à fin août) et sur rendez-vous. Pour le reste de l'année, il est conseillé d'appeler la paroisse du Carmine au 0882471889. Le site est accessible aux personnes à mobilité réduite et se trouve dans un parc archéologique avec des sentiers qui suivent d'anciens chemins muletiers. Un conseil : si vous êtes dans la région le 15 août, ne manquez pas la messe de minuit du 14 août et la suggestive procession en mer du lendemain.

Santa Maria di Devia

Château Ducal de Torremaggiore : un plongeon dans le Moyen Âge

Château DucalSi vous passez par Torremaggiore, ne manquez pas le Château Ducal, un joyau qui plonge ses racines au XIIe siècle. Né comme tour normande, il a été agrandi au fil des siècles pour devenir la résidence des Ducs De Sangro (ceux de la Chapelle Sansevero à Naples, oui). Le plan est un quadrilatère irrégulier avec six tours : quatre cylindriques aux angles et deux carrées, dont une dans la cour centrale qui est la partie la plus ancienne. Les douves, autrefois profondes de six mètres et remplies d'eau, sont aujourd'hui presque entièrement comblées : on n'en voit qu'une partie. En entrant, la cour pavée de pierre de lave vous accueille avec un portique et un puits. Montez les escaliers – un double escalier – et vous arrivez à l'étage noble : vous y trouverez la Salle du Trône avec des fresques du XVIIe siècle de l'école napolitaine, et la Chapelle Palatine décorée de la même manière. À ne pas manquer le cadran solaire sur la tour centrale et, pour les plus courageux, la cellule de prison dans la tour nord-ouest. À l'intérieur se trouve également le Musée Civique Giacomo Negri, avec des œuvres du sculpteur local, et une exposition de vestiges archéologiques de Fiorentino, le lieu où mourut Frédéric II de Souabe. Petite anecdote : c'est ici qu'est né en 1710 Raimondo de Sangro, scientifique et alchimiste. Pour le visiter, vous devez réserver en contactant le Bureau Culture de la commune (0882 383468). Monument national depuis 1902, c'est un endroit qui sent l'histoire.

Château Ducal